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Une seule ration pour les vaches taries

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Préparation au vêlage. Distribuer du chlorure de magnésium durant toute la phase de tarissement perturbe les mécanismes de régulation du calcium et du phosphore. © Gutner

Torsions utérines. Des fièvres de lait subcliniques à l’approche des vêlages ont compliqué une dizaine de naissances jusqu’à devoir pratiquer quatre césariennes.

Depuis un peu plus d’un an, nous sommes régulièrement appelés dans un élevage de 130 vaches laitières pour des vêlages compliqués du fait de torsions utérines. Quatre ont été réduites manuellement et quatre césariennes ont été réalisées car la torsion était irréductible. Au fil du temps, cette fréquence nous a paru anormale, ce qui nous a poussés à...
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Depuis un peu plus d’un an, nous sommes régulièrement appelés dans un élevage de 130 vaches laitières pour des vêlages compliqués du fait de torsions utérines. Quatre ont été réduites manuellement et quatre césariennes ont été réalisées car la torsion était irréductible. Au fil du temps, cette fréquence nous a paru anormale, ce qui nous a poussés à chercher les facteurs de risque des torsions utérines.

La piste suivie : la torsion utérine post-cervicale

Les torsions peuvent avoir lieu entre l’avant de l’animal et le col. Elles sont alors dites « anté-cervicales » et apparaissent en général vers six mois de gestation. On ne sent alors rien à la fouille vaginale, le col étant complètement fermé. Elles sont rares. Les torsions utérines dites « post-cervicales », elles, ont lieu entre le col et le vagin. Elles se mettent en place à l’approche de la mise-bas. L’éleveur, à la fouille, sent le veau mais ne peut pas le sortir car il perçoit une bande traversant le vagin. C’est ce que nous avons diagnostiqué à la fouille. Ces torsions utérines post-cervicales sont favorisées soit par une gestation dans la corne utérine droite (du fait d’une plus grande laxité ligamentaire), soit par des fièvres de lait subcliniques (la vache reste debout mais est quand même en manque de calcium et/ou de phosphore). Les premières ne pouvant pas expliquer à elles seules cette fréquence anormale, nous nous sommes penchés sur la préparation des vaches taries.

L’erreur : du chlorure de magnésium en trop grande quantité

Les vaches taries, pour des raisons de place, sont conduites en un seul lot avec une ration identique pendant les deux mois de tarissement. La ration comprend de l’ensilage de maïs, du foin, un correcteur azoté, un minéral vache tarie, ainsi que du chlorure de magnésium. Ce dernier, par l’apport d’ions chlorures, permet de diminuer la Baca (balance anions cations de la ration) et donc de limiter les fièvres de lait. Cet apport doit donc être restreint en quantité (80 à 100 g/vache/jour) et surtout dans le temps, c’est-à-dire pas plus de trois semaines, et pour corriger des facteurs de risque. Un apport inadéquat favorisera les fièvres de lait. C’est le cas dans notre élevage. Le chlorure de magnésium est apporté toute la durée du tarissement et en quantité légèrement supérieure aux recommandations. Cette distribution prolongée perturbe les mécanismes de régulation du calcium et du phosphore.

Nous le vérifions en répertoriant les différentes affections présentes dans l’élevage. Nous avons pu évaluer à dix le nombre de fièvres de lait sur un peu plus d’un an. Cette fréquence n’est pas vraiment excessive mais elle n’est que la face immergée de l’iceberg. Bien d’autres vaches doivent être en fièvre de lait subclinique !

Comment faire avec une conduite en un seul lot ?

Chlorure de magnésium. Si la conduite en un lot est la seule option possible, il est préférable d’éviter sa distribution et de se contenter d’un minéral pour vaches taries. L’apport de chlorure de magnésium peut éventuellement être envisagé pour des durées de tarissement réduites à quarante-cinq jours, mais à raison de 50 g/vache/jour.

L’idéal : une préparation au vêlage. La conduite en deux lots est tout de même ce qu’il y a de mieux avec une préparation les trois dernières semaines avant le vêlage. La Baca joue un rôle capital dans la prévention des fièvres de lait et torsions utérines. Un minéral, spécial vaches taries, à Baca négative, devra être utilisé. S’il ne suffit pas et que la Baca reste trop positive (par exemple, quand les taries sont dehors et que l’herbe repousse un peu), du chlorure de magnésium pourra être ajouté quotidiennement les trois dernières semaines. D’autres aliments jouent aussi sur la Baca. Le tourteau de colza est à préférer au tourteau de soja pendant le tarissement car il a une Baca plus négative. En revanche, l’oxyde de magnésium n’a aucun effet sur la prévention des fièvres de lait, et serait même délétère car il n’apporte pas d’ions abaissant la Baca.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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