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Une overdose de propylène glycol

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tindique en dix secondes si la vache est en acétonémie et a besoin ou non de propylène glycol. © C.P.

Ivresse. Un accident de Dac a entraîné une surconsommation du produit. Des vaches titubaient.

Nous sommes jeudi, il est 20 heures et un éleveur m’appelle, un peu paniqué, car il a un accident avec son Dac. Du propylène glycol coule partout et il a perdu environ un tiers de son fût de 200 litres. Évidemment, certaines vaches sont en train de le boire ! Il me dit qu’il a identifié deux vaches titubantes et il me demande s’il peut y avoir des séquelles. Étant à proximité de l’é...
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Nous sommes jeudi, il est 20 heures et un éleveur m’appelle, un peu paniqué, car il a un accident avec son Dac. Du propylène glycol coule partout et il a perdu environ un tiers de son fût de 200 litres. Évidemment, certaines vaches sont en train de le boire ! Il me dit qu’il a identifié deux vaches titubantes et il me demande s’il peut y avoir des séquelles. Étant à proximité de l’élevage, je m’arrête pour y jeter un coup d’œil. Effectivement, une vache augmente son polygone de sustentation (c’est-à-dire qu’elle tient les quatre membres écartés afin de maintenir son équilibre), une autre titube dangereusement. N’ayant jamais été confrontée à ce genre d’accident, je me dis qu’elles doivent être ivres à cause du propylène glycol. Je conseille donc à l’éleveur de les séparer dans un box afin qu’elles puissent « cuver » toute la nuit. Je profite de ma soirée pour faire quelques recherches et je découvre qu’une overdose de propylène glycol provoque une acidose métabolique. En d’autres termes, il s’agit du même phénomène que lorsque les vaches avalent des céréales accidentellement. Le lendemain matin, j’appelle l’éleveur pour prendre des nouvelles des vaches. Celle qui titubait fortement est étalée et geint. L’autre ne mange pas. Après examen clinique, je décide de drencher la vache encore debout et de lui administrer des bolus contre l’acidose. Celle étalée est mise sous perfusion lente (60 litres sur la journée de sel, de calcium et d’eau du robinet). Je lui administre aussi des bolus contre l’acidose. Je préviens l’éleveur que son pronostic vital est engagé.

Trois vaches aveugles temporairement­

Heureusement, je me trompe parfois ! Le lendemain, la vache qui était debout va très bien, et celle sous perfusion s’est relevée et se remet gentiment à manger. Plus de peur que de mal, finalement ! Deux jours plus tard, l’éleveur rappelle car il a trois vaches devenues aveugles. Elles le sont effectivement des deux yeux, sans pour autant avoir de lésions oculaires visibles. Au premier abord, j’ai du mal à comprendre le lien entre l’ingestion massive de propylène glycol et l’amaurose (perte de la vue sans lésion au niveau des yeux). Finalement, je fais l’hypothèse qu’après être passées­ dans la panse, les molécules­ sont allées dans le sang, ce qui a augmenté sa concentration, provoqué un appel d’eau et enfin créé un œdème qui a dû comprimer les nerfs optiques. Un anti-œdémateux leur est donc administré. Trois semaines après, tout est rentré dans l’ordre.

S’interroger sur l’intérêt du propylène glycol

Cet accident, rare d’après mon expérience, a le mérite de faire réfléchir. Est-il vraiment nécessaire d’administrer systématiquement du propylène glycol ? Il n’a clairement pas d’intérêt dans un élevage où la préparation des vaches taries et la ration en début de lactation sont maîtrisées. Une cure de trois semaines de propylène glycol, à 510 € HT les 220 litres, coûte environ 15 € par vache, ce qui n’est pas négligeable. Plutôt que de le distribuer systématiquement, ne serait-il pas plus judicieux de le réserver aux fortes laitières, aux vieilles vaches (qui ont le foie un peu fragile) ou à celles qui ont été taries longtemps (plus le tarissement est long, plus le risque d’acétonémie augmente) ?

Identifier les vaches à acétonémie

Pour les éleveurs souhaitant limiter l’acétonémie dans leur élevage, ils peuvent doser le bêta-hydroxybutyrate (indicateur de la cétose) dans le sang grâce au lecteur Optium Xceed. L’éleveur en prélève un peu à l’oreille ou à la queue et l’applique sur une bandelette. Une goutte suffit. La lecture prend dix secondes. Selon la valeur affichée, il administrera ou non du propylène glycol. L’appareil coûte environ 50 € HT et la bandelette moins de 1 €. Sur les vaches à acétonémie, on peut même doser le sucre pour repérer les vaches en hypoglycémie (qui auront besoin d’une perfusion de glucose). Ce lecteur est un outil très intéressant pour limiter la consommation de propylène glycol, pour identifier les potentielles vaches à problème et les dérives de ration.

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