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Une forme nerveuse d’acétonémie

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© Sébastien Champion.

La ration à revoir. Les symptômes pouvaient indiquer une fièvre de lait, mais c’était bien le déficit énergétique trop important en début de lactation qui était en cause.

Le comportement d’une vache laitière inquiète son propriétaire depuis deux jours et encore plus depuis ce matin. En effet, cette belle montbéliarde de presque neuf ans présente une démarche particulière en sortie de salle de traite, similaire au harper chez le cheval et qui consiste en une hyperflexion involontaire des membres postérieurs, la vache les levant exagérément haut après la phase d’appui. Dans le cas...
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Le comportement d’une vache laitière inquiète son propriétaire depuis deux jours et encore plus depuis ce matin. En effet, cette belle montbéliarde de presque neuf ans présente une démarche particulière en sortie de salle de traite, similaire au harper chez le cheval et qui consiste en une hyperflexion involontaire des membres postérieurs, la vache les levant exagérément haut après la phase d’appui. Dans le cas présent, cette démarche s’accompagne d’une certaine perte d’équilibre. Le soir, ces symptômes exacerbés font craindre à l’éleveur une fièvre de lait et motivent l’appel à la clinique.

L’analyse sanguine confirme­ l’acétonémie

À mon arrivée, la vache est debout et isolée sur une aire paillée. Sa note d’état corporel est de 3 et son score de remplissage du rumen est de 2. Elle présente également une certaine agitation et un équilibre précaire. L’éleveur me précise­ qu’elle a vêlé sans difficulté il y a moins de trois semaines et qu’elle a correctement délivré. Sa température centrale est de 38,4 °C et ses matières fécales sont plutôt sèches, surtout pour une vache à l’herbe. Je confirme la délivrance complète et une involution utérine satisfaisante. Les fréquences cardiaques et respiratoires sont normales et les contractions du rumen sont ralenties. La mamelle ne présente pas non plus de signes d’infection. À ce stade, cette vache présente tous les symptômes d’une fièvre de lait de stade 1 avec les pertes d’équilibre, le ralentissement du transit et la nervosité par perte de l’effet stabilisant du calcium sur la membrane des neurones. Cas de figure tout à fait plausible, même dix-huit jours après vêlage mais ce n’est pas l’hypothèse diagnostique privilégiée. La suspicion d’une autre maladie métabolique fréquente en début de lactation est retenue et confirmée par analyse sanguine. En effet, les corps cétoniques, dosés par l’intermédiaire des bêta-hydroxybutyrates (ß-OH) sont à 3,9 mmol/L et le glucose est à un niveau inférieur au seuil de détection de l’appareil. C’est cette hypoglycémie majeure qui est responsable des signes nerveux, le glucose étant la seule molécule utilisable par les neurones comme source d’énergie. L’hypothèse d’une forme nerveuse d’acétonémie est validée. Un amaigrissement important en début de lactation associé à une réduction de l’appétit et à une baisse de la production laitière sont les premiers symptômes de l’acétonémie clinique qui auraient dû alerter l’éleveur avant l’apparition des troubles nerveux.

De la choline rumino-protégée est indispensable

Le traitement mis en place consiste à restaurer rapidement la glycémie par perfusion d’une solution glucosée, complétée par des apports par voie orale de précurseurs de glucose comme le propylène glycol et le sorbitol. Il est fondamental d’accompagner cette thérapeutique par de la choline rumino-protégée par voie orale, nécessaire à l’exportation des acides gras accumulés dans le foie à la suite de la mobilisation excessive des réserves corporelles. Ce cas d’acétonémie est primaire c’est-à-dire que son origine est une balance énergétique négative trop importante entre les besoins de lactation, sa capacité d’ingestion et la densité énergétique de la ration de lactation, contrairement à l’acétonémie secondaire, conséquence d’une baisse d’ingestion en lien avec un autre problème (infection, boiterie, déplacement de caillette…). Il est important pour l’éleveur de revoir rapidement sa ration de début de lactation et d’investiguer le rationnement au tarissement sous peine de multiplier les cas d’acétonémie clinique et subclinique dont les conséquences zootechniques et sanitaires sont multiples.

Pour ces raisons, un suivi régulier du statut du troupeau en regard de l’acétonémie par dosage sanguin des ß-OH est fortement recommandé pour piloter le rationnement et assurer santé et productivité des vaches laitières.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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