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Un déplacement de caillette bien tardif

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Sauvée. Une semaine après l’opération, la vache a retrouvé sa production. Le risque d’avortement était réel mais il ne s’est pas produit. © F.S.

Énigme. Cette pathologie survenue à plus de cinq mois de gestation est assez rare et la cause reste inexpliquée.

L’éleveur d’une exploitation laitière à haut niveau de production (une centaine de vaches laitières produisant environ 12 000 litres/vache/an) appelle la clinique pour une suspicion de déplacement à gauche de la caillette, sur une vache gestante de 160 jours, qui est élevée en « zéro pâturage ». À mon arrivée, il confirme la date d’insémination. La vache...
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L’éleveur d’une exploitation laitière à haut niveau de production (une centaine de vaches laitières produisant environ 12 000 litres/vache/an) appelle la clinique pour une suspicion de déplacement à gauche de la caillette, sur une vache gestante de 160 jours, qui est élevée en « zéro pâturage ». À mon arrivée, il confirme la date d’insémination. La vache a énormément baissé en production. Le matin, elle n’a donné que 4 litres de lait alors qu’elle était à 26 litres par jour. Elle avait déjà eu une baisse de production laitière il y a une semaine, qui avait été traitée avec un antispasmodique injectable et des sachets stimulant la rumination par voie orale.

L’examen clinique est normal, sauf la présence d’un « ping » à la percussion du flanc gauche (résonance « métallique » au stéthoscope). Une suspicion de déplacement à gauche de la caillette est donc émise. C’est un cas peu fréquent car la période d’apparition de cette affection est le post-partum, en général dans les deux mois suivant le vêlage ; nous en sommes très éloignés.

Je présente à l’éleveur les risque­s pour la gestation en cours sur ce cas que je rencontre pour la première fois dans cette configuration. Il accepte l’intervention chirurgicale.

Une ouverture de l’abdomen est réalisée par le flanc droit comme à mon habitude mais après plusieurs minutes infructueuses pour remettre la caillette en position anatomique, je dois me résoudre à ouvrir aussi le flanc gauche pour pouvoir repousser la caillette « coincée » et particulièrement dilatée.

Tout au long de l’intervention, l’utérus et le fœtus sont palpables dans l’abdomen.

Une fois la caillette en position anatomique, elle est fixée à la paroi musculaire, et les plaies chirurgicales sont suturées.

Un traitement antibiotique de trois jours, un anti-inflammatoire longue action et du propylène glycol pendant quatre jours sont prescrits à la vache.

Le pronostic vital est bon, le pronostic « laitier » aussi, mais concernant la gestation, je ne peux pas estimer le risque d’avortement.

Trois jours après l’opération, la vache produisait à nouveau 26 litres de lait par jour. Plus tard, l’éleveur nous annonce que la vache est en pleine forme et n’a pas avorté. Les causes habituellement évoquées pour expliquer le déplacement à gauche de la caillette (hypocalcémie, place libérée par le veau après vêlage, diminution de l’ingestion, cétose…) ne peuvent pas l’être ici et le mécanisme pathologique ayant entraîné cet état reste inexpliqué.

Ce cas illustre l’intérêt d’un diagnostic, en particulier d’un examen clinique vétérinaire car la rareté de ce cas (déplacement à gauche de la caillette « tardif ») pourrait leurrer un éleveur infirmier et retarder la prise en charge chirurgicale, entraîner l’utilisation de médicaments inappropriés et faire perdre beaucoup d’argent à l’éleveur.

Examen clinique. Le vétérinaire entend au stéthoscope un « ping », résonance métallique très caractéristique en cas de déplacement de la caillette. © THIERRY PASQUET
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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