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On mésestime la nuisance des effets de dominance

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À l’abattoir, on retrouve sur des carcasses des cals osseux, signes de fractures consolidées… © E. C.

Constat. La dominance en élevage, ce sont aussi des bagarres allant jusqu’à des fractures de côtes.

L’augmentation de la taille des troupeaux ainsi que le manque de places à l’auge sont souvent mis en avant en visite d’élevage pour expliquer des différences de niveaux de production, de comportements alimentaires, et un manque d’homogénéité dans le troupeau. Cependant, j’étais loin d’imaginer que la dominance pouvait aboutir à des fractures de côtes sur autant de vaches dominées. C’est...
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L’augmentation de la taille des troupeaux ainsi que le manque de places à l’auge sont souvent mis en avant en visite d’élevage pour expliquer des différences de niveaux de production, de comportements alimentaires, et un manque d’homogénéité dans le troupeau. Cependant, j’étais loin d’imaginer que la dominance pouvait aboutir à des fractures de côtes sur autant de vaches dominées. C’est en prenant un poste à l’abattoir que je me suis rendu compte qu’un nombre non négligeable de vaches laitières qui passaient par le frigo de consigne présentaient d’anciennes fractures de côtes consolidées.

Le plus souvent sur de jeunes vaches adultes

Bien sûr, ces fractures ne sont pas la cause de mise en consigne, mais une découverte d’abattoir sans conséquence en hygiène alimentaire et jamais signalée. Un même constat cependant à chaque fois : les carcasses ne sont ni lourdes ni grasses. La plupart du temps, il s’agit de vaches laitières jeunes adultes. Mais de temps en temps arrive une allaitante, avec le même constat sur le poids et l’état d’engraissement de la carcasse.

Nous sommes tous conscients des problèmes de dominance dans les troupeaux.

Une vache dominée, c’est son immunité diminuée

Chaque éleveur sait que l’arrivée d’une nouvelle vache fraîche vêlée aboutit à des bagarres pendant quelques heures.

Le problème est la place de celle qui sera dominée. En effet, si elle peut boire et manger en même temps que les dominantes, il n’y aura pas de problème, elle aura le temps de boire et d’ingérer ce qui lui faut pour assurer ses besoins de production, aura une bonne lactation et reprendra de l’état. En revanche, s’il existe une compétition à l’auge, elle ira boire et manger seulement quand la place sera libre et souvent en quantité plus limitée, ne couvrant pas ses besoins alimentaires… Mais qui pour imaginer qu’elle pourra se faire battre jusqu’à la fracture de côtes ?

Ce constat éclaircit la solution sur bien des vaches ou primipares soignées en début de lactation. En effet, l’immunité de ses animaux se trouve diminuée à cause du stress qu’elles subissent et du déficit alimentaire. Très souvent ces animaux ont une montée de corps cétoniques dans le sang, elles mobilisent largement leurs graisses (leur TB flambe et leur TP diminue fortement).

Elles sont alors plus sujettes à l’apparition de maladies telles que les mammites, les métrites, les crises d’acétonémie et elles prennent souvent un retard à la reproduction. Le taux de réforme précoce de ces animaux est relativement élevé.

Avec un grand troupeau, l’idéal est de faire un lot spécifique de primipares

Il est également plus compliqué de les soigner car la cause primaire (pas de place à l’auge, dominance, stress) n’est pas réglée malgré les soins. Et pourtant, lors de l’examen clinique, on ne diagnostique que très rarement les fractures de côtes. En effet, sur les carcasses, ses fractures ne sont pas palpables à l’extérieur de la cage thoracique. Il arrive de temps en temps de voir une vache avec un emphysème sous cutané (air sous la peau), mais c’est très loin d’être la majorité des cas.

C’est également certainement pour cela que le meilleur tri lorsque l’on fait des lots dans les grands troupeaux, est de faire un lot de primipares et un lot du reste du troupeau, quel que soit le stade de lactation de chacun. Ainsi, les primipares qui sont souvent les plus dominées s’adaptent mieux à l’entrée en lactation.

Ces constats posent des questions par rapport à la demande sociétale et au bien-être animal, mais également à la rentabilité économique de ces animaux. Aussi, il vaut souvent mieux avoir moins de vaches avec un niveau un peu plus haut, que plus de vaches avec moins de places pour manger. Même si la ration est repoussée plusieurs fois par jour, les animaux sont programmés pour manger et boire tous ensemble.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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