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Les carences en vitamines peuvent se payer cher

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Acidose. En situation d’acidose, risque classique avec des taurillons en fin d’engraissement, il peut y avoir une baisse de la synthèse et de l’absorption des vitamines B, essentielles pour le cerveau. © Jean-François Marin

Ration. Une carence vitaminique peut être fatale. Témoin, cet élevage de taurillons.

Les déboires de cet engraisseur de taurillons nous rappellent que toute carence en vitamines peut entraîner de lourdes pertes. Ici, au fil des années, les problèmes rencontrés sur les animaux arrivant en phase de finition n’ont fait qu’augmenter, s’aggravant nettement ces derniers mois.
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Les déboires de cet engraisseur de taurillons nous rappellent que toute carence en vitamines peut entraîner de lourdes pertes. Ici, au fil des années, les problèmes rencontrés sur les animaux arrivant en phase de finition n’ont fait qu’augmenter, s’aggravant nettement ces derniers mois.

Une fois passés à la ration de finition boostée en énergie par rapport aux apports protéiques, les taurillons se mettent à présenter comme des convulsions. L’éleveur décrit des crises d’épilepsie. La crise calmée, la plupart des animaux atteints se remettent debout et ont de nouveau une attitude normale jusqu’à la prochaine crise. Un seul d’entre eux ne voit plus clair et deux ou trois présentent une légère baisse de l’acuité visuelle.

Nécrose du cortex cérébral suspectée à tort

L’apparition de ces symptômes sur le lot de finition fait penser à une nécrose du cortex cérébral à la suite d’une acidose ruminale. En effet, il s’agit d’un classique. Les rations de fin d’engraissement sont souvent riches en amidon et sucres, et si les animaux consomment moins de fibres (paille et foin) ou moins d’eau, ils développent de l’acidose ruminale. Il y a alors une baisse de synthèse puis d’absorption des vitamines B, essentielles pour le cerveau. En cas de carence sévère, le cortex cérébral se nécrose et l’animal finit par tomber, présente des signes nerveux et meurt, en l’absence de soins. L’injection de vitamines B (B1 et B6) et d’anti-inflammatoires permet en général le rétablissement de l’animal, sauf si les symptômes sont trop avancés.

Une carence prononcée en vitamine A

Dans le cas de notre élevage, l’évolution est rarement fatale au début des symptômes. Malheureusement, la décision d’ajouter du bicarbonate de sodium et des vitamines B dans la ration ne conduit pas à une nette amélioration. Le nombre d’animaux touchés augmente et les symptômes s’aggravent, jusqu’à la mort d’un taurillon. Il est alors décidé de faire des prises de sang et de rechercher les carences en vitamines B, mais aussi A : surprise, les vitamines B sont légèrement basses, mais la A l’est tellement qu’elle est indosable.

Effet immédiat des bolus, mais limité dans le temps

Il est donc décidé de faire avaler des bolus de vitamine A aux taurillons. Les symptômes s’estompent en deux ou trois jours sauf sur les animaux présentant des troubles de la vision, qui partent à l’abattoir. L’état clinique des autres s’améliore et les croissances reprennent pendant environ deux mois et demi. Jusqu’à de nouvelles crises d’épilepsie chez certains animaux.

En effet, les bolus de vitamine A permettent son stockage dans le foie pendant environ deux à trois mois, mais pas plus. De nouveaux bolus sont administrés et tous les taurillons finis sont vendus. Dans la foulée, la décision est prise de compléter les animaux beaucoup plus tôt dans leur croissance pour l’optimiser et éviter l’apparition de symptômes. Un dosage est réalisé sur les broutards au moment du sevrage en septembre. La vitamine A sur ces animaux qui viennent de rentrer est en limite basse des normes alors que, vu leur âge et la période (fin de pâturage), elle devrait être au maximum. Sachant que la vitamine A est rapidement détruite par la lumière et l’oxygène une fois l’herbe fauchée, les apports par la ration sur les animaux rentrés sont quasi nuls car il n’y a pas d’ensilages distribués.

Seule une complémentation quotidienne par le biais du minéral peut permettre aux bêtes de ne pas consommer tout leur stock et éviter d’atteindre des problèmes cliniques consécutifs aux carences. L’éleveur nous indique que les lots présentant des crises d’épilepsie ou des troubles de la vision ont également eu une croissance plus lente… Un facteur aggravant. Plus la croissance est lente, plus la carence s’aggrave car les animaux à l’engrais ne consomment plus du tout de fourrages frais. La vitamine A intervient dans la différenciation cellulaire, la fabrication des épithéliums, l’immunité, la vision. C’est une vitamine essentielle, et même si sa carence n’entraîne que rarement des problèmes cliniques, elle ralentit la croissance et la résistance des animaux.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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