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Le transfert d’immunité était insuffisant

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Des résultats spectaculaires. Depuis six mois, l’éleveur n‘a plus perdu ni même soigné un seul veau pour les pathologies visées. © P. Kirsch

Colostrum. Diarrhées et maladies respiratoires des jeunes veaux ont disparu en travaillant sur la qualité du colostrum distribué.

Un élevage laitier de 100 prim’holsteins était confronté depuis de nombreuses années à une morbidité et une mortalité importantes des veaux. Plus d’un tiers d’entre eux souffraient de diarrhées néonatales, et 100 % des veaux de moins de 6 mois devaient faire face à trois ou quatre passages par an de pneumonie, été comme hiver.
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Un élevage laitier de 100 prim’holsteins était confronté depuis de nombreuses années à une morbidité et une mortalité importantes des veaux. Plus d’un tiers d’entre eux souffraient de diarrhées néonatales, et 100 % des veaux de moins de 6 mois devaient faire face à trois ou quatre passages par an de pneumonie, été comme hiver.

Le résultat était sans appel : 25 % des veaux en moyenne mourraient avant 6 mois, sans compter les rescapés devenus des non-valeurs économiques.

Un premier travail de fond, réalisé en 2010 à la suite des bilans sanitaires initiaux, avait permis la quasi-disparition des diarrhées, une réduction des pathologies respiratoires et de la mortalité d’environ 50 %. Cinq à six ans plus tard, l’éleveur fut à nouveau confronté à des épidémies de diarrhées et de septicémie foudroyante sur deux ou trois veaux, deux fois par an. Un facteur de risque demeurait non contrôlé : l’efficacité du transfert d’immunité par le colostrum. Pour des raisons pratiques, l’éleveur administre, depuis toujours et systématiquement, 2 litres de colostrum issus de sa banque, confectionnée à partir de colostrum mesuré, au début avec un pèse-colostrum, ensuite avec les Colostro-Balls. Évalué à l’époque par le dosage des IgG sanguines sur trois veaux, le transfert n’était très bon que pour un seul des animaux et, de manière générale, les colostrums étaient de mauvaise qualité. C’est pourquoi nous avions orienté nos efforts pour en améliorer la qualité, sachant que l’éleveur distribuait précocement 2 litres de colostrum dans les deux heures suivant la mise-bas, à la sonde, avec une procédure de décongélation maîtrisée.

Réévaluer les pratiques

Convaincus de l’importance capitale de la réussite du transfert d’immunité pour la santé des veaux, nous avons convenu de réévaluer les pratiques de l’éleveur et d’en mesurer l’efficacité. Nous avons apprécié et amélioré l’hygiène pour la récolte et l’administration du colostrum, ainsi que la mesure de la qualité, en préconisant l’emploi d’un réfractomètre optique et en ne congelant que le colostrum affichant un Brix supérieur à 22 %. Comme auparavant, l’apport de colostrum est systématiquement réalisé dans les deux à trois heures suivant la naissance, à la sonde, de nuit comme de jour, le veau restant ensuite avec sa mère pendant une demi-journée en moyenne.

La réalisation d’un relevé précis de la qualité et de la quantité du colostrum administré, associé à une mesure des anticorps dans le sang du veau deux à cinq jours après la naissance et à la présence ou non d’une diarrhée sur une quinzaine de veaux, nous a permis de définir des paramètres spécifiques de l’élevage. La qualité moyenne des colostrums mesurés au réfractomètre optique est de 23 % Brix. Pour éviter une diarrhée, le pourcentage Brix du sérum des veaux doit être supérieur ou égal à 9,1, ce qui correspond à un bon transfert d’immunité (voir tableau). Pour atteindre cet objectif, le protocole suivant a été mis en place : l’éleveur augmente la quantité de colostrum distribué (deux bouteilles de 1,5 litre issues de la banque) et l’enrichit de 150 g de Colostrum J1, un colostro-complément (d’Obione) qui, entre autres, améliore l’absorption des anticorps du colostrum maternel. Le repas suivant sera le lait de la mère complété par 100 g de Colostrum J2. Les résultats, avec la mise en place de ce nouveau protocole, sont spectaculaires. Après une période de flottement de deux mois, l’éleveur m’a indiqué, fin décembre, qu’il n’a plus soigné ni perdu un seul veau du fait de diarrhées ou pathologies respiratoires depuis la mi-juillet – soit 32 naissances consécutives –, passant de 20 veaux morts, en 2018 et 2019, à six seulement en 2020. Ce qui m’a valu, fin décembre, un e-mail de remerciement de la part de l’épouse de l’éleveur !

Et ce dernier d’ajouter : « Mes veaux sont magnifiques, en pleine forme, dès 3-4 jours de vie, ils sautent, jouent dans les cases. Cela constitue un investissement, mais au regard des résultats, des produits de traitement que je n’achète plus et du temps gagné, je suis largement gagnant. Mon épouse et un collègue m’ont même dit : “Tu n’as jamais eu des veaux aussi beaux !” »

Les repères de la qualité du colostrum et de l’immunité transmise

Qualité du colostrumTransfert immunité anticorps sanguinsProportion des veaux
g/l% Brixg/l% Brix%

Excellent

> 100

> 28

> 25

> 9,4

> 40

Bon

50-100

> 22

18-24,9

8,9-9,4

30

Moyen

< 50

18-22

10-17,9

8,1-8,3

20

Mauvais

< 30

< 18

< 10

< 8,1

< 10

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