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Des vaches qui ne résistent pas à la mannheimiose

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Bronchopneumonie. Depuis cinq ans, des morts soudaines dues à la bactérie Mannheimia haemolytica sont de plus en plus fréquentes.

Appel d’un éleveur en soirée car il a « une vache qui saigne des deux narines » et il en a « déjà perdu une hier soir, morte d’un coup, sans que je l’aie vue malade ». Je me rends dans cet élevage laitier où les vaches sont traitées comme des reines et où les éleveurs sont de grands observateurs de leurs animaux. La vache présente une hyperthermie (40 °...
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Appel d’un éleveur en soirée car il a « une vache qui saigne des deux narines » et il en a « déjà perdu une hier soir, morte d’un coup, sans que je l’aie vue malade ». Je me rends dans cet élevage laitier où les vaches sont traitées comme des reines et où les éleveurs sont de grands observateurs de leurs animaux. La vache présente une hyperthermie (40 °C), saigne des deux narines, est très essoufflée et a des bruits pulmonaires catastrophiques à l’auscultation.

Deux diagnostics erronés

Le diagnostic de thrombo-embolie pulmonaire est posé et le traitement est mis en place. Le lendemain, mon collègue revoit cette vache et une nouvelle malade. La nouvelle présente de la fièvre, a l’encolure tendue et les veines jugulaires saillantes. Mon collègue diagnostique une réticulopéritonite par corps étranger avec probablement une péricardite. Étant donné que c’est la troisième vache malade, la décision est prise d’autopsier la première qui est morte sans crier gare. L’éleveur a eu du mal à la ramener du champ car elle était très essoufflée et bavait. Elle est morte dans le parc d’attente de la salle de traite alors qu’elle allait très bien le matin. L’autopsie montre une atteinte sévère des poumons et une mort probable par asphyxie.

Dans les quinze jours qui suivent, une quinzaine de vaches seront malades. Les signes cliniques sont peu évocateurs : hyperthermie (de 39,5 ° à 41 °), position antalgique, bave et essoufflement.

Une autopsie indispensable

Deux nouvelles vaches meurent, et face à l’ampleur de la maladie, elles seront autopsiées à l’école vétérinaire de Nantes : broncho-pneumonie à Mannheimia haemolytica.

Mannheimia haemolytica

est une bactérie qui est présente normalement dans les voies respiratoires hautes et qui peut migrer au niveau des poumons et provoquer une broncho-pneumonie. L’évolution est très rapide (moins d’une journée) car la bactérie sécrète des toxines très puissantes qui nécrosent une majeure partie du poumon. Ces épidémies sont en général observées sur des bandes de taurillons. Dans cet élevage, elle a uniquement touché des vaches fortes productrices de lait et en pleine santé.

On ne connaît pas les causes de migration de la bactérie de la trachée vers les poumons. Certaines maladies peuvent la favoriser (BVD, IBR, herpès virus bovin 4, bronchite vermineuse). Des carences alimentaires, notamment en vitamines et oligoéléments, peuvent aussi l’engendrer. Les chercheurs ont remarqué que ces épidémies étaient de plus en plus fréquentes depuis cinq ans et surtout lorsque les variations journalières de température sont importantes.

Les traitements

La bactérie est sensible à de nombreux antibiotiques, mais elle produit des toxines très toxiques qui sont responsables des lésions, rendant la maladie difficile à guérir. Il est donc important de soulager la vache dès le départ avec des anti-inflammatoires (flunixine, acide tolfénamique, méloxicam) mais aussi des corticoïdes si la vache n’est pas gestante depuis plus de cinq mois. L’important est de casser le cercle vicieux de l’inflammation, lié à la toxine.

La prévention en limitant les facteurs de risque. Cela consiste à vacciner contre les BVD et IBR, vermifuger dès le début d’un épisode de bronchite vermineuse, limiter les stress alimentaires et complémenter les bovins si nécessaire.

La prévention par la vaccination. Plusieurs vaccins existent. Ils sont en général combinés à d’autres valences. Il suffit de vérifier qu’il protège bien contre Mannheimia haemolytica et d’appliquer le protocole. Au bilan, il y aura eu cinq vaches mortes et une douzaine de malades qui sont devenues des non-valeurs économiques. Une vaccination sera mise en place.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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