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« Il n’y a aucun trésor caché dans notre coopérative »

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Montage. « © Cédric Faimali

Polémique. L’émission Cash Investigation a mis en cause la coopérative Sodiaal, insinuant qu’elle ne redistribue aux éleveurs qu’une infime partie de ses bénéfices. Le président Damien Lacombe dément.

Beaucoup d’éleveurs ont été déçus de vos réponses à Élise Lucet pendant l’émission. Que s’est-il passé ?
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Beaucoup d’éleveurs ont été déçus de vos réponses à Élise Lucet pendant l’émission. Que s’est-il passé ?

D. L.  : Ce que vous avez vu est le montage d’une interview d’une heure quarante-cinq durant laquelle j’ai expliqué, point par point, le fonctionnement de Sodiaal, de ses différentes filiales, notre rentabilité, la répartition des résultats, la mécanique des prix A et B, etc. J’ai expliqué chaque chiffre, pointé les confusions dans l’analyse totalement erronée faite par les journalistes. Au final, n’ont été retenues que les images qui correspondaient à un scénario préécrit et volontairement à charge. Je connaissais les méthodes de Cash Investigation mais j’ai accepté cette interview car Sodiaal n’a rien à cacher. La transparence est dans notre ADN et je voulais défendre l’organisation démocratique de notre coopérative..

Cash Investigation évoque un trésor de guerre de 526 M€ et seulement 3,5 M€ redistribués aux adhérents.

D. L.  : Les 526 millions d’euros correspondent à un actif, et non à de la trésorerie. En 2011, PAI Partners, qui possédait 50 % de Yoplait, a vendu ses parts à General Mills. Le montant de cette cession a donné une nouvelle valeur à la marque Yoplait, donc à la quote-part détenue par Sodiaal. Ce n’est en aucune façon du cash. De la même manière que lorsqu’un bien immobilier prend de la valeur, rien ne rentre dans les poches du propriétaire tant qu’il n’a pas vendu. C’est seulement le patrimoine de la coopérative qui s’est apprécié. Les 3,5 M€ cités par l’émission correspondent à la rémunération des intérêts des parts des adhérents et non aux ristournes. La réalité est qu’en 2016, la coopérative a versé 25 millions d’euros à ses adhérents (22 M€ en ristournes + 3 M€ en intérêts), plus que le résultat consolidé qui était de 24 M€, au regard du niveau exceptionnel de la crise laitière.

L’émission cite aussi l’entité Sodiaal International qui aurait fait 51 millions de résultat, tout cela apparaît confus ?

D. L.    : Sodiaal International est un outil de gestion au service de la coopérative (400 salariés, services mutualisés pour toutes les activités : paie, informatique, comptabilité…). Cette structure détenue à 100  % par la coopérative récupère des dividendes de certaines sociétés bénéficiaires, mais ne comptabilise pas les pertes des autres ! Car toutes n’ont pas la même rentabilité : nous transformons 5 milliards de litres de lait et toutes nos activités ne sont pas aussi florissantes que le laisse entendre Cash Investigation. Je prends l’exemple de Candia qui a perdu 23 M€ en 2016 dans un marché difficile. C’est pourquoi le résultat social de Sodiaal International ne reflète pas la performance économique du groupe. Seuls les comptes consolidés qui additionnent les résultats (bénéfices ou pertes) et neutralisent tous les flux entre les sociétés montrent l’état financier du groupe. Le rapport de ces comptes consolidés est présenté en détail lors de l’assemblée générale et il est validé par deux commissaires aux comptes indépendants.

L’émission a semé le doute chez les éleveurs qui se posent cette question : pourquoi un fonctionnement en holding pour une coop ?

D. L.    : Sodiaal n’est pas une petite PME avec un ou deux produits et une poignée de ­clients. La complexité apparente du groupe tient d’abord à son histoire. La coopérative s’est construite progressivement par des associations de coopératives (3A, Blâmont) ou la reprise de sociétés privées (Entremont). On ne pouvait pas tout dissoudre dans une seule unité, qui serait impossible à gérer. De la même manière qu’une ferme laitière qui fait de la vente directe crée souvent une société à part pour gérer cette activité. Ensuite, Sodiaal a créé des partenariats avec d’autres entreprises (Savencia, Laïta, General Mills). Ces activités ne peuvent pas entrer dans la coopérative. J’ajoute que nous sommes présents sur plusieurs métiers qui ne s’amalgament pas. On ne gère pas une production de lait infantile de la même manière que des fromages AOP. Chaque société est une unité de gestion qui rend des comptes à la direction de Sodiaal. Elles sont contrôlées par un manager et un producteur, membre du bureau. Mais toutes les grandes décisions sont prises par le bureau et le conseil de la coopérative. D’ailleurs, nous avons fixé les règles de répartition du résultat : un tiers en cash pour les adhérents, un tiers en capital social et un tiers en réserve pour pouvoir investir.

N’y aurait-il pas un déficit de communication chez Sodiaal ?

D. L.  : Je retiendrai une chose de cette expérience qui a été douloureuse pour tous les élus de la coopérative, de nombreux adhérents et les équipes dirigeantes : nous devons faire preuve de plus de pédagogie et renforcer le lien avec les producteurs. Il est légitime que nos adhérents nous challengent sur la stratégie du groupe, mais j’insiste sur la transparence de notre fonctionnement. Il faut venir à nos AG. Sodiaal est toujours en construction et nous avançons pour aller chercher cette valeur qui nous fait encore défaut pour pouvoir redistribuer davantage aux éleveurs.

Propos recueillis par Dominique Grémy
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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