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Semer des couverts d’interculture par drone avant la récolte

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Le résultat. En septembre, le couvert multi-espèce, semé au drone trois mois plus tôt, représentait une biomasse d’au moins 2 t de MS/ha, malgré un été chaud et sec. © Denis Lehé

Essai. Adepte de l’agriculture de conservation, le Gaec Monchemin a, mi-juin, participé à un test de semis de couverts par drone dans des parcelles de blé et de maïs. Même si les conditions sèches de l’été ont pénalisé la croissance des plantes, ce principe de semis par les airs reste séduisant.

Semer un couvert directement à la volée dans un champ de blé quelques semaines avant la moisson présente plusieurs intérêts, à commencer par la simplicité et la performance de la technique. Les graines tombées au sol germent généralement assez bien car la culture en place les protège du soleil tout en maintenant suffisamment d’humidité au sol pour accompagner la levée. Les espèces du couvert...
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Semer un couvert directement à la volée dans un champ de blé quelques semaines avant la moisson présente plusieurs intérêts, à commencer par la simplicité et la performance de la technique. Les graines tombées au sol germent généralement assez bien car la culture en place les protège du soleil tout en maintenant suffisamment d’humidité au sol pour accompagner la levée. Les espèces du couvert sont déjà développées au moment du passage de la moissonneuse pour récolter le blé. Le couvert poursuit ensuite sa croissance durant tout l’été produisant une quantité importante de biomasse. Depuis quelques années, plusieurs techniques de semis ont vu le jour : utilisation de petits épandeurs centrifuges sur une rampe passant au-dessus de la céréale, semis à la volée avec un distributeur d’engrais, installation d’éléments de semis sous la barre de coupe de la moissonneuse-batteuse… En 2020, Fabrice Guillet du Gaec Monchemin au Poiré-sur-Vie (Vendée) en a testé une nouvelle : le semis par drone.

Plusieurs mélanges ont été testés

« Notre exploitation pratique l’agriculture de conservation depuis plusieurs années, c’est pourquoi nous implantons régulièrement des couverts après les céréales, explique-t-il. L’objectif est de produire de la matière organique et de conserver de la végétation en permanence sur la parcelle. Habituellement, nous semons en direct après avoir rentré les bottes de paille. Mais à cette période, les levées sont très dépendantes des conditions climatiques, et il faut semer le plus vite possible pour profiter de l’humidité résiduelle du sol. Avec la moisson et le pressage de la paille, nous sommes déjà très occupés et nous ne pouvons pas toujours intervenir dans les meilleures conditions. C’est pourquoi nous avons voulu essayer cette technique, car anticiper le semis semble être une alternative intéressante. » Les essais ont été réalisés sur plusieurs bandes situées dans les parcelles de l’exploitation selon un protocole suivi par la chambre d’agriculture des Pays de la Loire. La prestation a été assurée le 18 juin par l’entreprise bordelaise Reflet du Monde, spécialisée dans les interventions par drone (lire encadré). Plusieurs mélanges ont été testés, mais la capacité limitée du drone imposait d’employer des graines de petite taille.

Des levées de l’ordre de 20 % après la moisson

Les parcelles de blé ont été moissonnées le 14 juillet. L’agriculteur a alors constaté que les levées du couvert étaient de l’ordre de 20 % seulement. En cause : les fortes températures et les conditions très sèches de l’été, sans pluie jusqu’à la mi-août. Après le retour de l’humidité, la végétation est repartie et de nouvelles levées ont été observées sur la parcelle. « J’ai prélevé et pesé des plantes le 15 septembre et la quantité de biomasse était alors de 2 t MS/ha, commente Mathieu Arnaudeau de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire. Ce couvert a continué sa croissance pendant quatre à cinq semaines jusqu’au moment des semis de blé Le résultat était comparable à celui obtenu avec des couverts semés classiquement après la moisson. Compte tenu des conditions très difficiles de l’été, c’est encourageant, même si les espèces présentes au départ dans le mélange n’ont pas toutes eu le même comportement. » En effet, le sorgho et le moha, deux plantes estivales, étaient les plus représentés sur la parcelle à l’automne. La moutarde d’Abyssinie et le radis fourrager ont également bien levé, mais avec les fortes températures, ces deux crucifères sont rapidement montées à graines, stoppant leur production de biomasse. La densité de lin était également correcte. Si cette plante apporte de la diversité dans le couvert, les volumes qu’elle représente sont relativement faibles. Le mélange contenait aussi de la phacélie, mais pour cette espèce, les levées furent très hétérogènes selon les secteurs. Quant au trèfle d’Alexandrie, très peu de graines avaient germé. « La technique mérite d’être approfondie en réfléchissant notamment aux espèces et aux variétés choisies, souligne Fabrice Guillet. Si nous recommençons la saison prochaine, le semis sera sans doute avancé de quelques semaines, idéalement vers la mi-mai pour que les plantes aient plus d’humidité et s’enracinent davantage. Les levées ne risquent pas de faire de concurrence au blé car la céréale est déjà bien développée à cette époque. En revanche, il faut faire attention au risque de rémanence des désherbants utilisés au préalable. Les produits de contact ne présentent pas cet inconvénient, alors que les produits racinaires peuvent impacter le trèfle, par exemple. »

Du trèfle et de la vesce semés dans le maïs

Ce premier essai a été riche d’enseignements. Ainsi, l’observation des couverts n’a pas montré d’effet négatif du passage de la moissonneuse ou des bennes sur la parcelle. Dans un champ où la paille est restée près d’une semaine avant d’être pressée, les emplacements des andains étaient en revanche bien visibles en septembre : le sorgho s’est davantage développé à ces endroits car il semble que la couche de paille ait favorisé sa levée en conservant l’humidité. L’essai a également servi à comparer l’utilisation de semences nues et de graines enrobées, censées apporter des éléments minéraux à la plante pour assurer la germination et son développement. Mais aucune différence n’a été décelée sur les parcelles. En plus de l’expérimentation sur céréales, le Gaec a testé le même jour un semis au drone de trèfles et de vesce, en mélange sur une parcelle de maïs. L’idée étant également d’obtenir un tapis dense au moment de l’ensilage et de le laisser croître pendant deux mois jusqu’au semis de blé. « Cet essai sur maïs fut également assez concluant, estime Fabrice Guillet. Au départ, le trèfle a un peu blanchi, sans doute à cause de la rémanence de l’herbicide, puis il est reparti. La graine de vesce a l’inconvénient d’être assez volumineuse, ce qui obligeait le pilote du drone à recharger plus souvent sa cuve. À terme, nous pourrions développer ces pratiques si les résultats sont au rendez-vous. Je pense qu’en adaptant les dates de semis et en choisissant bien la composition des mélanges, il y a sans doute de bonnes pistes à creuser. »

denis lehé
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