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De plus en plus confiné !

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Marandin

Un virus de quelques nanomètres nous impose une distanciation sociale d’1,5 mètre, un confinement d’un kilomètre, un déconfinement de 100 km, un confinement à l’échelle de la planète.

Cette expérience inédite nous prouve que nous sommes de plus en plus confinés sans nous en apercevoir. Alors que la facilité de voyager en avion, par internet, nous ouvre des horizons insoupçonnés, notre espace vital diminue sous la pression de la démographie, de la montée des eaux, des bouleversements climatiques, de la pollution. Ce confinement est le résultat d’une longue évolution depuis plus de dix mille ans.
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Cette expérience inédite nous prouve que nous sommes de plus en plus confinés sans nous en apercevoir. Alors que la facilité de voyager en avion, par internet, nous ouvre des horizons insoupçonnés, notre espace vital diminue sous la pression de la démographie, de la montée des eaux, des bouleversements climatiques, de la pollution. Ce confinement est le résultat d’une longue évolution depuis plus de dix mille ans.

Au début, les chasseurs-cueilleurs, qui se déplacent au gré des saisons, suivant le gibier et récoltant les fruits de la nature. Ils sont libres et le risque de rencontrer des congénères est très limité puisque les anthropologues estiment la population mondiale à quelques millions d’humains. Arrivent l’agriculture et la sédentarisation, la construction de villages, puis de villes. Les historiens présentèrent pendant longtemps cette étape comme un élément majeur de l’évolution de notre civilisation. Aujourd’hui, une nouvelle théorie émerge, battant en brèche la belle histoire. Le regroupement de population dans un village ou une ville et la promiscuité avec les animaux d’élevage posent déjà le problème de la santé publique. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la sédentarité des agriculteurs conduit à une nourriture axée autour des céréales et de la viande mais beaucoup moins diversifiée que celle des nomades. De plus, alors qu’un chasseur-cueilleur consacre trois ou quatre heures par jour à se nourrir, l’agriculteur sue sang et eau pour obtenir une récolte soumise aux aléas météorologiques, aux pillards et aux dégâts des animaux. Une belle histoire en a été tirée, celle du jardin d’Éden (où il suffisait de cueillir la pomme), le péché originel : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. »

La sédentarisation, la culture des céréales et l’élevage permirent le prélèvement de l’impôt. En effet, comment taxer des nomades ne possédant que le minimum ? Cette civilisation a donc vu l’avènement d’une caste de dominants et l’accroissement des inégalités sociales entre les paysans de base et les nantis. Pour conserver cette population servile et taxable, les seigneurs établirent des forteresses et des frontières censées protéger le petit peuple des hordes de barbares. Mais une frontière qui nous protège est souvent une limite nous empêchant de fuir (le mur de Berlin, la frontière entre les deux Corées…)

Aujourd’hui, nous avons l’impression d’une grande liberté mais quand on y pense, les habitants des villes sortent d’un 40 m2 pour monter dans des transports en commun bondés et travailler dans un open space surchargé. On voit que la perspective d’un mois de congé à la plage devient un élément vital pour supporter onze mois d’enfermement. Avec le Covid-19, le rétablissement des frontières revient soit pour empêcher de potentiels infectés de rentrer sur le territoire national, soit pour limiter le brassage de population à l’intérieur même du pays (zones vertes et rouges, départements, régions).

Alors, de plus en plus confinés (avec ou sans Covid) ? Avec bientôt 10 milliards d’habitants sur la planète, il va falloir apprendre à se serrer les coudes dans tous les sens du terme.

Un extraterrestre arrivant sur Terre après un voyage intergalactique trouverait sûrement que nous sommes super confinés sur notre petite boule bleue.

Pascal Pommereul
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