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Lettre ouverte des producteurs Guilloteau à la coopérative Agrial

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A huit jours de l’ultimatum d’Agrial qui pourrait les priver de collecte après le 31 janvier, les 105 producteurs de l’OP Guilloteau publient une lettre ouverte reproduite ci-après. Au-delà de leurs revendications, elle pose la problématique de la prise en compte très concrète des coûts de production dans le prix du lait pour un groupe, de surcroît coopératif, travaillant du lait collecté en zone de plaine et de montagne.

« Lors de l’émission de France 2, Cash Investigation, il a été question de la situation des 110 producteurs de lait livrant à l’entreprise Guilloteau. 105 sont adhérents de l’OP Guilloteau et de la Coopérative laitière de la vallée de l’Ange pour un litrage collecté en 2017 de 37,8 millions de litres. 90 % de ces exploitations sont situées en zone de montagne dans l’Ain (le Haut-Bugey et...
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« Lors de l’émission de France 2, Cash Investigation, il a été question de la situation des 110 producteurs de lait livrant à l’entreprise Guilloteau. 105 sont adhérents de l’OP Guilloteau et de la Coopérative laitière de la vallée de l’Ange pour un litrage collecté en 2017 de 37,8 millions de litres. 90 % de ces exploitations sont situées en zone de montagne dans l’Ain (le Haut-Bugey et le Valromey), dans le Rhône et la Loire (les monts du Pilat). Ces quinze dernières années, la Fromagerie Guilloteau SA a réussi son développement en pénalisant sa rentabilité, et donc avec le soutien des producteurs dont le lait n’a pas toujours été valorisé au maximum lors de cette période de croissance. Seulement, ces dernières années, un système « d’amortisseur » a permis de réduire l’impact des récentes crises laitières sur les producteurs.

Ce fleuron régional de la transformation fromagère (le Pavé d’Affinois) est passé en 2016, lors du départ à la retraite de son dirigeant, sous contrôle du géant coopératif de l’agroalimentaire, Agrial. Alors même que les producteurs tentaient de s’organiser pour prendre en main cet outil industriel.

Changement de stratégie ! La perspective de paiement du lait sur la base Agrial Ouest-France n’a pas reçu l’adhésion des producteurs qui ont, à l’unanimité, rejeté l’adhésion à Agrial, alors que prendre 7 % de capital social dans la coop Agrial n’ouvrait pas l’accès aux fournitures ou aliments (tourteaux…) de la branche appro d’Agrial aux tarifs pratiqués en Normandie ou en Bretagne. Ce refus d’adhésion a eu comme conséquence la dénonciation par Guilloteau des contrats existant avec les producteurs et la proposition de signature d’un nouveau contrat avec Eurial Lait avec une simple référence au prix du lait Eurial Ouest-France.

Une façon de se soustraire aux obligations validées lors des EGA (Etats généraux de l’alimentation) et bien affirmées par le président de la République lors de son discours de Rungis en octobre dernier, puis réaffirmé lors de l’émission de France 2 par le ministre de l’Agriculture. Bien surprenant pour une coopérative… Que sont ces obligations ? Elles sont fondées sur les attentes du consommateur, relayées par les acteurs de la distribution. Elles sont de deux ordres : inclure dans les contrats des références précises aux coûts de production et des références à la valorisation obtenue, ce que l’on appelle le mix-produit de l’entreprise.

Il est indéniable que les coûts de production (sources : Idele 2016) en zone de montagne Est France hors AOC sont bien supérieurs à ceux des élevages de plaine spécialisés : 516 €/1000 l contre 437 €/1000 l soit un surcoût de 79 € dans notre zone sachant que les aides viennent compenser en partie cet écart : 99 € /1000 l contre 59 €/ 1000 l en plaine, donc une différence de 40 € qui peut (qui doit) largement être compensée par la valorisation d’un fromage à forte valeur ajoutée. Le mix-produit de la Fromagerie Guilloteau SA est bien supérieur à celui d’Eurial ! C’est ce que les producteurs demandent à l’actionnaire Agrial qui le refuse au nom de l’uniformité… uniformité source d’iniquité, contraire même à l’esprit de la coopération !

Face à cette détermination des producteurs à faire entendre leurs arguments, Agrial par la voix de son président, a réaffirmé que faute de contrat signé aux conditions Agrial, il n’y aurait plus de collecte le 1er février prochain ! Cet arrêt de la collecte de la part d’un groupe coopératif serait interprété par la centaine de producteurs, très soudés, comme une provocation incompréhensible. Notre demande est étayée de chiffres réels, d’arguments solides et acceptables de nos collègues adhérents d’Eurial, des acteurs de la grande distribution, et surtout des consommateurs en attente d’équité et non d’uniformité entre tous les maillons de nos filières. Messieurs, ne condamnez pas les producteurs de nos zones difficiles. Merci de vos soutiens. »

Les producteurs de l’OP Guilloteau et de la Coopérative laitière de la vallée de l’Ange.
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