S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Glyphosate : la FRSEA Bretagne enfonce le clou

réservé aux abonnés

 -
Les agriculteurs de la FRSEA de Bretagne ne baissent pas les bras, estimant qu’ils utilisent le glyphosate de manière raisonnée, ce qui n’est pas le cas partout dans le monde. DOMINIQUE BARDOUX

À la veille des discussions sur le renouvellement de l’homologation du glyphosate, le syndicalisme breton s’appuie sur une analyse scientifique pour dénoncer la « vaste supercherie » des pisseurs involontaires de glyphosate.

Souvenez-vous, c’était en 2017. L’association Générations Futures révélait que 100 % des analyses d’urine de 30 cobayes volontaires contenaient du glyphosate. Dans la foulée, des agriculteurs de plusieurs régions françaises se sont prêtés au jeu. Et là, la majorité des échantillons (74 sur 78) étaient négatifs. Pourtant, certains d’entre eux avaient traité avec...
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
13%

Vous avez parcouru 13% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Souvenez-vous, c’était en 2017. L’association Générations Futures révélait que 100 % des analyses d’urine de 30 cobayes volontaires contenaient du glyphosate. Dans la foulée, des agriculteurs de plusieurs régions françaises se sont prêtés au jeu. Et là, la majorité des échantillons (74 sur 78) étaient négatifs. Pourtant, certains d’entre eux avaient traité avec du glyphosate dans les jours précédant la prise de l’échantillon.

Depuis, l’interdiction du glyphosate est devenue un totem pour certaines ONG écologistes. Elles sont parvenues à convaincre bien des politiques. La molécule est en sursis. L’UE l’a homologuée jusqu’en 2022.

Mais les agriculteurs ne baissent pas les bras, estimant qu’ils utilisent le glyphosate de manière raisonnée, ce qui n’est pas le cas partout dans le monde. Et surtout, ils mettent en avant les situations où il n’existe pas d’alternative. L’agriculture de conservation des sols en est devenu un exemple emblématique.

Des résultats contradictoires selon les méthodes d’analyse

La FRSEA Bretagne a demandé à un pharmacien toxicologue, Joël Guillemain, d’animer une conférence intitulée « glyphosate, la face cachée des tests », le 16 février. Ce scientifique, qui a beaucoup travaillé sur la sécurité sanitaire, a épluché les 52 publications qu’il a trouvées sur le sujet, afin d’analyser les différents résultats.

Il constate que deux méthodes différentes ont été utilisées pour analyser les urines : Elisa et la chromatographie en phase gazeuse. Les ONG ont eu recours exclusivement à la première. Les agriculteurs ont le plus souvent contacté leur CHU local qui les a orientés vers la seconde, la seule qu’ils jugeaient fiable. Cette technique plus sophistiquée et plus coûteuse qu’Elisa constitue donc la référence. D’ailleurs, selon les recherches de Joël Guillemain, l’entreprise qui a produit le test Elisa pour le glyphosate (Abraxis) précise qu’en cas d’utilisation sur de l’urine, tout résultat positif doit être confirmé par une autre méthodologie. Les tests Elisa ne permettent pas de quantifier le glyphosate dans les urines.

Par ailleurs, le pharmacien a découvert que le protocole choisi par le laboratoire allemand (Biocheck) ayant effectué les analyses pour les ONG, n’est pas validé. Il a retenu les valeurs seuils applicables à l’eau, très inférieures à celles de l’urine. Il est donc logique de trouver autant de cas positifs. En Bretagne, les urines de 11 agriculteurs ont été analysées selon les deux méthodes. Les conclusions sont sans appel : tous sont positifs avec Elisa et négatifs avec la chromatographie.

Au total sur les 52 études analysées, 21 ont utilisé les tests Elisa dont 17 ont obtenu 100 % de résultats positifs. Parmi les 32 études basées sur la chromatographie, une seule affiche 100 % de résultats positifs.

D’ailleurs, deux études épidémiologiques réalisées en France sur plusieurs milliers de femmes enceintes avaient montré la présence de glyphosate chez 43 % de celles qui en utilisaient et 0,3 % des autres. Les teneurs mesurées correspondaient au maximum à 7 % de la dose journalière admissible. Il semble donc difficile d’imaginer que 100 % de la population a du glyphosate dans ses urines.

Une plainte contre les « pisseurs involontaires »

La FDSEA d’Ille et Vilaine, a porté plainte contre le collectif des « Pisseurs Involontaires de Glyphosate », pour calomnie, incitation au harcèlement et diffamation. C’était il y a plus d’un an, rien n’a bougé depuis. « Les associations ont davantage de moyens que les agriculteurs mais nous irons en justice s’il le faut », affirme Jean-René Menier, agriculteur responsable de la commission phyto à la FRSEA Bretagne.

En attendant, les agriculteurs ont peut-être une autre carte dans leur jeu. Désormais en France, l’impact d’un projet de loi doit être évalué afin de s’assurer qu’il n’est pas négatif. Or, l’interdiction du glyphosate pousserait inévitablement à un accroissement du travail mécanique. Et donc des émissions de CO2.

Pascale LE CANN
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le bovin malade et sa prise en charge

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER