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Pneumonie : intervenir dès les premiers signes

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Les poumons, durcis par la maladie, baignent dans du liquide inflammatoire. Difficile de respirer dans ces conditions. Ici, les diarrhées à coccidies (traces de bouses au niveau des fesses) constituaient un terrain propice à l’apparition de la pneumonie. © S.R.

Immunité. Ce cas mortel rappelle l’importance d’une prise en charge rapide.

C’est l’histoire d’une génisse normande qui a succombé à une pneumonie à l’âge d’un mois et demi. Il faut dire qu’elle n’avait pas bien commencé dans la vie. Née le soir après la traite, elle est restée avec sa mère toute la nuit. Mais le lendemain matin, la vache ne se levait plus en raison d’une fièvre de lait. La petite génisse a donc reçu son colostrum...
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C’est l’histoire d’une génisse normande qui a succombé à une pneumonie à l’âge d’un mois et demi. Il faut dire qu’elle n’avait pas bien commencé dans la vie. Née le soir après la traite, elle est restée avec sa mère toute la nuit. Mais le lendemain matin, la vache ne se levait plus en raison d’une fièvre de lait. La petite génisse a donc reçu son colostrum vingt-quatre heures après sa naissance. Au cours d’une période avec peu de vêlages, elle a traversé ses 15 premiers jours de vie sans diarrhée, dans une grande case improvisée entre des balles de paille.

À 3 semaines, elle a été mise en lot avec des congénères de plus grande taille, dans une case collective en contact avec les adultes, avec peu de paille à disposition. Les concentrés étaient rafraîchis une fois par jour, mais sans minéraux ni oligoéléments.

Une coccidiose subclinique que l’éleveur n’a pas vue est certainement survenue puisque la génisse était bien maigre, avec les fesses sales, le jour de la visite. Tout comme 3 des 5 autres veaux de ce lot. Elle est morte quelques minutes après mon arrivée. Il faut dire qu’elle était couchée de tout son long, bleuissant et cherchant son air.

Avoir le réflexe de prendre la température

La prise de température des autres veaux a montré qu’ils étaient aussi malades : plus de 39,5 °C pour quatre d’entre eux. Ils ont tous reçu un traitement antibiotique et anti-inflammatoire. Dès les premiers signes, il faut avoir le réflexe de sortir le thermomètre. Si les veaux ont de la fièvre, le traitement antibiotique est alors un passage quasi obligé. On en  profitera aussi pour curer la litière et la renouveler. Si les veaux transpirent, ne pas hésiter à leur tondre le dos afin qu’ils sèchent plus vite.

L’autopsie de la génisse a révélé des lésions très sévères (voir photo). Cela a montré à l’éleveur l’importance d’une intervention rapide : à ce stade, l’air ne pouvait plus circuler dans les poumons.

Une analyse PCR à la clinique a mis en évidence le pathogène responsable : Mannheimia haemolytica, sans surprise. C’est une Pasteurella responsable de pneumonies graves. Il existe des vaccins injectables contre cette bactérie, mais il est difficile d’obtenir une protection fiable à cet âge. D’où l’importance de prévenir les facteurs de risque et de maximiser l’immunité ! Profitons donc de ce cas malheureux pour revenir sur certaines pratiques d’élevage essentielles mais­ trop souvent négligées.

Tout d’abord, retenez qu’aucune poudre ne remplacera un bon colostrum pris à temps, en quantité suffisante.

La vaccination ne fait pas tout

Lorsqu’une vache vêle le soir, comment faire, sans trop se compliquer la vie, pour aider le veau à démarrer du bon pied ? Cela passe par un box de vêlage propre et une mamelle bien nettoyée : si la première buvée se fait au pis, il est essentiel que les premiers éléments ingérés par le nouveau-né ne soient pas des bactéries fécales. Idéalement, on tirera le lait de la mère. À défaut, prévoir un stock de colostrum congelé pour sonder le veau. Cela ne coûte rien et peut rapporter beaucoup. Car les séquelles d’une pneumonie se feront ressentir tout au long de la carrière de la vache. Mais retenez qu’a valeur égale (teneur en IgG), le colostrum frais est toujours de meilleure qualité que congelé.

Les autres points de vigilance concernent le logement. Dans ce cas, la génisse a d’abord eu la chance de bénéficier d’une case individuelle propre. En revanche, à la mise en lot, elle s’est retrouvée avec des veaux plus âgés, en contact avec les laitières, dans un grand volume d’air. Sans paille en libre-service, elle a consommé celle de la litière, source de contamination par les coccidies. Or, la coccidiose pénalise l’immunité et entretient un environnement humide propice à l’apparition de pneumonies ! Sans parler de l’absence d’oligoéléments et de minéraux.

La vaccination aurait pu aider, elle constitue un rempart solide. Mais si les facteurs de risque s’accumulent, la maladie pourra quand même s’insinuer au sein du troupeau.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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