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« Plus de 8 tonnes de fourrage de qualité avant le 15 juin »

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Deuxième coupe. Elle a une valeur de 13,7 % de MAT, 0,77 UFL. © J. P.

Rotation. À la recherche d’alternatives pour consolider ses stocks, Thierry Matthis a implanté une association de seigle et de trèfles qui a déjà permis de faire deux coupes avant le coup de sec de l’été.

Dans les Vosges, chez Thierry Matthis, les sécheresses à répétition remettent en cause l’autonomie fourragère et la place du maïs dans l’assolement. Sur le plateau de Dompaire, à 400 mètres d’altitude, son exploitation repose sur des sols argilo-calcaires très hétéro­gènes. Ici, depuis trois ans, les rendements du maïs n’excèdent pas 7,5 tMS par ha. En 2019, malgré...
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Dans les Vosges, chez Thierry Matthis, les sécheresses à répétition remettent en cause l’autonomie fourragère et la place du maïs dans l’assolement. Sur le plateau de Dompaire, à 400 mètres d’altitude, son exploitation repose sur des sols argilo-calcaires très hétéro­gènes. Ici, depuis trois ans, les rendements du maïs n’excèdent pas 7,5 tMS par ha. En 2019, malgré­ une bonne levée, la récolte a même chuté à 5,5 tonnes. À l’automne dernier, après une réflexion menée avec Jean-Paul Romano, son conseiller Optival Oxygen, l’éleveur décide donc de remplacer pas moins de 20 ha de maïs par une association seigle fourrager, légumineuses. « Le manque de portance est souvent un facteur limitant à la réalisation de fauches précoces dans ces terres argileuses, souligne Jean-Paul Romano. Dans ce contexte, le seigle a l’avantage d’être un peu plus tardif qu’un RGI et plus productif en première coupe que les associations classiques ray-grass, légumineuses. »

Un semis réalisé en trois passages en septembre

Ce mélange à base de seigle a été semé derrière un maïs. L’éleveur a d’abord fait un déchaumage, suivi de la herse rotative, avant le semis, en plusieurs étapes, le 17 septembre. D’abord de la vesce commune, avec l’épandeur à engrais, à une dose de 18 kg/ha ; puis, le seigle fourrager (80 kg/ha), avec le semoir à céréales ; enfin le trèfle, semé à la volée avec le semoir anti­limaces, suivi d’un passage de rouleau : soit une association trèfle violet + trèfle squarrosum (9 + 9 kg/ha), soit trèfle violet + trèfle incarnat (9 + 9 kg/ha). Comparés aux protéagineux, ces trèfles annuels ont l’avantage de présenter un faible coût de semences : trèfle incarnat à 2,82 €/kg, trèfle squarrosum à 2,77 €. Au total, un coût de semences de 150 €/ha.

En sortie d’hiver, l’excès d’humidité a retardé le premier apport d’azote : 50 UN la première semaine d’avril, à une somme de températures de 300 °C. La première coupe est intervenue le 23 avril, pour un rendement de 4,2 tMS/ha ; une coupe directe avec groupeur d’andain, sans préfanage, pour éviter les pertes de feuilles et avec une barre de coupe réglée à 7-8 cm de hauteur pour favoriser le redémarrage en végétation. Après quarante-huit heures au sol, le fourrage a été ensilé en brins de 4 à 5 cm sans conservateur dans un silo couloir, à 0,83 UFL et 16,2 % de MAT. « J’ai fauché dès l’apparition des premiers épis de seigle. À ce stade, la vesce était bien présente dans le mélange. Les trèfles, malgré des tiges fines et un développement limité, sont néanmoins montés assez haut et contribuent à la valeur azotée de cette première coupe. Cela représente 100 jours de stocks d’un fourrage très appétant. » (voir encadré).

Une troisième coupe attendue avant l’été

Après la première coupe, 15 000 litres /ha de digestat de méthaniseur ont été épandus, soit 50 à 60 UN/ha. Après un peu moins de sept semaines de repousse, le 10 juin, l’éleveur a pu ensiler une deuxième coupe de 3,9 tMS/ha dans un silo taupe. Les conditions climatiques non poussantes ont provoqué une montée à épis très rapide du seigle. « Malgré 40 jours sans précipitations en avril-mai et quelques jours de gel aux saints de glace, ce sont déjà 8 tonnes récoltées d’un fourrage de qualité satisfaisante. » La première coupe sera dédiée aux laitières et les suivantes aux élèves. Les 30 mm de précipitations qui ont suivi cette deuxième coupe permettent en effet d’en envisager avec optimisme une troisième avant le coup de sec de l’été.

Réduire la part de maïs dans l’assolement

L’objectif est de faire encore une coupe d’automne, puis de miser sur la pérennité du trèfle violet pour conserver les parcelles jusqu’au printemps prochain et y faire une ultime coupe précoce avant un maïs. Cela dépendra de la capacité du trèfle à passer l’été. S’il périclite, les parcelles seront labourées en vue d’implanter un méteil à l’automne. « Je suis satisfait de ces premiers résultats. J’attends d’avoir au moins deux ans de recul pour valider la place de cette association dans mon système fourrager. L’idée est de réserver le maïs aux terres profondes et de réduire sa place dans la ration, en évoluant vers une alimentation avec 50 % d’herbe et de méteil de qualité, pour préserver à la fois l’autonomie et une productivité de 8 000 l/vache, sans déraper sur les coûts. » De fait, le coût alimentaire est de 125 €/1 000 l à l’étable, et 90 € pendant deux mois de pâturage avec demi-ration à l’auge. Avec son conseiller, Thierry poursuit par ailleurs une réflexion sur l’opportunité de mettre en place la double culture : un méteil d’automne monocoupe, suivi d’un sorgho.

Jérôme Pezon
Troisième coupe. Une semaine après la deuxième, le trèfle a bien redémarré.
Première coupe. Romane, la fille de Thierry, dans une parcelle de seigle juste avant la fauche réalisée au stade montaison, le 23 avril. Rendement obtenu : 4,2 tMS/ha, et une valeur de 31,5 % de MS, 16,2 % de MAT, 0,83 UFL. © j. pezon

    l 13 kg brut de première coupe de méteil 2020l 24 kg de maïs 2019l 2 kg de paillel 1,5 kg de sojal 1,5 kg de blé/orgel 1,2 kg de drèches de brasserie et l’équivalent de 1 kg MS d’herbe pâturée. l Soit une production de 23 l/vache, à 38,8 de TB et 33,6 de TP à 6,5 mois moyen de lactation.

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