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Vers une crise laitière majeure

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Thierry Pasquet

Le déséquilibre offre et demande des produits laitiers pourrait s’aggraver au second semestre. Sans dispositif communautaire d’incitation à la réduction de la production, l’Idele prédit une crise laitière d’une ampleur inédite.

Fin avril, semaines 16 et 17, la chute des cotations des produits industriels laitiers, indicateurs des déséquilibres du marché, paraissait se stabiliser. La poudre, qui avait perdu 730 €/t en six semaines, regagnait même 40 €/t. Le beurre, qui s’était écroulé de 900 €/t, reprenait aussi des couleurs. Mécaniquement, la valorisation beurre poudre avait cessé de baisser, à 218 €/1 ...
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Fin avril, semaines 16 et 17, la chute des cotations des produits industriels laitiers, indicateurs des déséquilibres du marché, paraissait se stabiliser. La poudre, qui avait perdu 730 €/t en six semaines, regagnait même 40 €/t. Le beurre, qui s’était écroulé de 900 €/t, reprenait aussi des couleurs. Mécaniquement, la valorisation beurre poudre avait cessé de baisser, à 218 €/1 000 l. Des signaux qui pouvaient nous laisser espérer avoir atteint un plancher et éviter ainsi d’atteindre les prix déclenchant l’intervention : 1 698 €/t pour la poudre et 2 218 €/t pour le beurre. Pourrions-nous en rester à une baisse du prix du lait déjà annoncée entre -20 et -30 €/1 000 l au second trimestre ? Dans sa conférence du 30 avril, Gérard You, chef de service conjoncture laitière à l’Institut de l’élevage (Idele), a quelque peu douché cet espoir. « On peut craindre que cette accalmie soit de courte durée compte tenu des situations économiques dégradées de nombreux pays importateurs de produits laitiers dans le monde. Les niveaux de l’intervention pourraient être atteints avant l’été. »

La collecte européenne en croissance

Son analyse repose sur le constat d’un déséquilibre « fort et croissant » entre l’offre et la demande. En France, la collecte ne progresse plus d’une année sur l’autre comme c’était le cas au premier trimestre. Cet arrêt de la croissance en avril est lié au manque de précipitations et aux nuits fraîches qui ont ralenti la pousse de l’herbe. Mais la situation pourrait s’inverser en mai. Ailleurs dans l’UE la production laitière reste dynamique dans les ¾ des pays membres. Ainsi, la collecte européenne a progressé vigoureusement au 1er trimestre (+1,4 %/2019). « Nous observerons sans doute un ralentissement au second trimestre mais la croissance sera toujours là, aux alentours de +1 %. Des volumes supplémentaires qui accentueront le déséquilibre », précise Gérard You.

Les exportations très pénalisées

Car la demande européenne reste très affectée. Certes, la progression des achats des ménages a pu compenser, en volume, l’effondrement des ventes en RHD (restauration hors domicile). « Mais les circuits ont été perturbés et le commerce intra-communautaire, comme extra communautaire, est fortement ralenti. Nous attendons les données douanières de mars et d’avril pour en évaluer l’ampleur », écrit l’Idele dans sa note de conjoncture. Les fabrications de produits de report (poudre 0 % et beurre) ont donc été relancées. Dans ce contexte, la Commission européenne a débloqué 30 M€ pour l’aide au stockage privé de la poudre (90 000 t) du beurre (140 000 t) et des fromages (100 000 t). « Des budgets et des volumes relativement faibles au regard des fabrications en Europe », juge l’Idele.

« Nous allons vers les stocks d’intervention »

L’activation très prochaine de l’intervention serait donc inévitable. D’autant qu’en dehors de la France et de l’Italie, peu de transformateurs laitiers incitent leurs livreurs à la modération. Ce déséquilibre des marchés pourrait s’accentuer sur le second semestre 2020, tiré par la dépression économique mondiale qui s’annonce.

Urgence à réduire la collecte européenne

« Il faudrait que la Commission mette en place rapidement l’article 219 qui autorise un dispositif européen de réduction volontaire des livraisons par les éleveurs, financé par le budget de l’UE. » Mais aucun consensus ne semble apparaître sur ce sujet entre les pays membres. « Sans ce dispositif et avec le risque de gonflement des stocks dans l’UE nous nous acheminons vers des jours difficiles. Cette crise laitière pourrait être plus longue et plus profonde que les deux précédentes », conclut Gérard You.

Dominique Grémy
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