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« Les producteurs doivent accepter une profonde mutation »

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Patrick Ramet, associé en Gaec dans l’avant-pays savoyard. Il a quitté le bureau de la FNPL en 2015 où il a été notamment en charge du dossier « organisation collective et économique des producteurs  ». © JEAN-CLAUDE GRELIER/GFA

Ancien vice-président de la FNPL, Patrick Ramet entame, en partenariat avec Triesse(1), un tour de France pour débattre de ce qu’il considère comme des évolutions indispensables pour que le pays reste une « terre de lait ».

Patrick Ramet : L’analyse de la comparaison avec l’Allemagne en 2016 n’est pas la bonne. C’est sur un cycle complet de hausse et de baisse qu’il faut raisonner. Ainsi, début 2017, lorsque le prix allemand recroisera à la hausse le prix français, nous verrons certainement que sur la période 2013-2016, les prix moyens dans les deux pays sont comparables. L’Allemagne n’est plus le bon repère en matière de prix....
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En ayant fait de la défense du prix du lait son leitmotiv, la FNPL n’a-t-elle pas plutôt bien réussi, comparé à la chute encaissée par les Allemands ?

Patrick Ramet : L’analyse de la comparaison avec l’Allemagne en 2016 n’est pas la bonne. C’est sur un cycle complet de hausse et de baisse qu’il faut raisonner. Ainsi, début 2017, lorsque le prix allemand recroisera à la hausse le prix français, nous verrons certainement que sur la période 2013-2016, les prix moyens dans les deux pays sont comparables. L’Allemagne n’est plus le bon repère en matière de prix. Car sa filière laitière n’a pas encore relevé le défi de la création de valeur ajoutée. Nous devrions plutôt regarder vers le modèle coopératif d’Europe du Nord, qui démontre sa capacité à apporter des réponses à ses producteurs en matière de prix et de volume.

La France est une terre de lait, mais vous dites que les producteurs doivent accepter une profonde mutation pour en tirer profit. Que leur manque-t-il donc ?

P.R. : Ce que les Français ont du mal à accepter, c’est que la réforme de la Pac de 2015 n’est pas seulement l’abandon d’un outil technique, les quotas. Elle sous-entend que dorénavant, les solutions de fond aux problèmes, aux crises, sont à construire au niveau des structures économiques, et non plus des politiques. Notre histoire, notre culture, ne nous préparaient pas à cette situation et c’est sans doute pourquoi nous réagissons beaucoup plus vivement que nos concurrents d’Europe du Nord à la crise actuelle. Dans l’environnement concurrentiel tel qu’il se dessine pour la décennie à venir, la notion de performance technico-économique est essentielle. En France, malheureusement, cette notion est trop souvent rejetée par les producteurs parce qu’interprétée comme un procès en incompétence… Exactement le contraire de l’Europe du Nord où les producteurs sont naturellement demandeurs et les propositions d’améliorations comprises comme une chance pour mieux résister. Mais les producteurs ne sont pas les seuls à devoir gérer ces évolutions. Au niveau national, on prend beaucoup trop de temps à restructurer en un seul pôle l’ensemble des compétences en recherche et développement. Au niveau local, le trop grand nombre de structures de service aux producteurs (héritage des années 1960) reste souvent dans un schéma de concurrence plutôt que d’addition de leurs compétences spécifiques. Enfin, au niveau des coopératives laitières, force est de reconnaître que les leaders n’ont pas démontré leurs capacités à créer de la valeur ajoutée pour ensuite la redistribuer à leurs sociétaires. Ce sont là encore des différences qui nous pénalisent face à nos concurrents.

Vous appelez à une réorientation fine des crédits nationaux et européens, mais pour quelles priorités très concrètes ?

P.R. : La traduction en France de la réforme de la Pac de 2015 est un échec qui a réussi à ne faire que des mécontents, sans préparer l’avenir. La convergence devrait déjà être terminée (comme dans les autres pays) et les aides directes à l’hectare seront certainement en très forte diminution parce que perçues comme de moins en moins légitimes. Les crédits disponibles doivent être orientés selon trois priorités : recouplage important sur des filières (ruminants, protéines…) ou des axes stratégiques (installation, montagne…), renforcement massif des crédits à l’investissement pour sortir du saupoudrage actuel et donner un signal fort à ceux qui préparent l’avenir, développement de produits assurantiels, d’abord pour accompagner les producteurs face au renforcement des aléas climatiques ou sanitaires, qui sont les premières causes de mise en difficulté des exploitations. Les systèmes « assurance marge » ou « assurance revenu », mis en place ailleurs dans le monde, n’ont pas démontré leur intérêt. C’est plutôt au niveau fiscal et social qu’il faudrait apporter des solutions à la volatilité des prix agricoles.

Propos recueillis par Jean-Michel Vocoret

(1) Le cœur de métier de Triesse est l’accompagnement à la transformation et la mobilisation des entreprises et des organisations économiques des filières agroalimentaires. Cette structure connaît très bien la filière laitière, ayant par exemple accompagné les OP Savencia face à leur entreprise.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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