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«Notre force : une diversité d’ateliers bien valorisés »

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Aurélie et Samuel se sont installés il y a cinq ans hors cadre familial pour avoir un outil de production répondant à leurs envies. Leur atelier lait est rentable grâce à une conduite rigoureuse et un prix du lait élevé. De plus, l‘activité de volailles de Loué et les céréales renforcent la santé économique de la ferme.

Elle est sarthoise, il vient du Calvados : ils se sont connus au centre de formation de Canappeville, dans l’Eure. « Je préparais un certificat de spécialisation en porc en complément de mon BTS Acse, sans penser à m’installer », indique Aurélie Chandavoine. « Je ne me voyais pas faire un autre métier que celui d’éleveur laitier, déclare, de son côté, Samuel Dujardin. Je me...
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Elle est sarthoise, il vient du Calvados : ils se sont connus au centre de formation de Canappeville, dans l’Eure. « Je préparais un certificat de spécialisation en porc en complément de mon BTS Acse, sans penser à m’installer », indique Aurélie Chandavoine. « Je ne me voyais pas faire un autre métier que celui d’éleveur laitier, déclare, de son côté, Samuel Dujardin. Je me suis donc spécialisé dans cette voie après un BTS en productions végétales, car les cultures m’intéressaient aussi. » Après trois années de salariat en exploitation, le couple se met en quête d’une ferme pour développer un projet commun­. « Nous voulions être indépendants dans nos choix techniques, et avoir une diversité d’ateliers pour sécuriser notre revenu. Nos parents sont éleveurs laitiers, mais nous n’avons pas souhaité prendre leur suite. En revanche, notre périmètre de recherche était de trente kilomètres autour des deux fermes familiales. » D’abord inscrits au Répertoire départ installation de la Sarthe, Aurélie et Samuel n’ont pas le temps de faire de même dans le Calvados : la première exploitation visitée, à Degré, sera le lieu de leur installation, en novembre 2014. Elle rassemble tous leurs critères : production laitière, poulailler de Loué, terres à bon potentiel pour cultiver des céréales et possibilité de s’agrandir rapidement avec les terres d’une ferme voisine.

« Gagner du temps, nous y  réfléchissons en permanence »

Avec les attributions de volume liées à l’installation, le Gaec passe dès le premier hiver de 45 à 65 laitières, et de 380 000 à 550 000 litres. « Nous avons travaillé sept mois avec les cédants sous la forme du parrainage : ce fut très important. Et nous avons immédiatement démarré la construction d’un bâtiment plus grand et fonctionnel­. » Deux ans après l’installation, la nouvelle stabulation entre en fonction. Elle compte 80 logettes équipées de matelas et une TPA de 2 x 8 postes, pour un investissement de 480 000 euros. Le choix du système lisier avec matelas et paille broyée ainsi que la salle de traite avec une sortie rapide et simultanée des vaches sur les aires d’exercice raclées visent à optimiser le travail. « Gagner du temps fait partie de notre ligne de conduite : nous y réfléchissons en permanence, y compris dans les détails pratiques. Une personne suffit à la traite et au nettoyage des logettes. Les équipements de contention sont prévus pour que le travail soit réalisable le plus souvent seul. Les veaux sont nourris au milk-bar pour limiter le temps de préparation et de nettoyage, et leur silo d’aliment­ est intégré au bâtiment. Au poulailler enfin, nous avons remplacé les abreuvoirs par des pipettes pour réduire l’entretien. »

Leur deuxième règle de conduite est de produire au maximum les aliments du troupeau. « Nous sommes très vigilants sur la qualité des fourrages pour favoriser la production : nous voulons progresser en achetant le moins d’aliments possible. Nous veillons au tassage des silos et à l’avancée rapide du front d’attaque. » La ration d’hiver est composée d’ensilage de maïs (32 kg bruts), d’ensilage de RGI-trèfle (12 kg), de maïs grain humide (2 kg), d’orge aplatie (0,8 kg) et de tourteau de colza (6 kg). Le mélange RGI-trèfle cultivé en dérobée diversifie la ration et fait économiser du concentré­. Quant au choix exclusif du tourteau de colza, il est lié à la filière non OGM de la laiterie Bel (prime de 15 €/1000 litres depuis juillet 2018).

« Nous ne recherchons pas un pic de lactation marqué »

« Pour simplifier le travail, nous faisons une ration mélangée assez riche pour tout le troupeau. Nous n’avons pas de Dac. Nous ne cherchons pas à obtenir un pic de lactation très marqué, mais plutôt une lactation homogène qui dure dans le temps. Nous ne voulons pas fragiliser les vaches par la productivité. Elles sont réformées avec un bon état d’engraissement et donc une bonne valorisation. » De mars à juin, les éleveurs utilisent le pâturage : une pratique valorisée par la laiterie à hauteur de 6 €/1000 litres. Ils y consacrent huit parcelles de deux hectares autour de l’exploitation. À l’aide d’un fil mobile, chacune est découpée en trois parties pour trois jours de pâturage. Le fil est avancé quotidiennement pour fournir un are d’herbe par vache et par jour. « L’objectif est d’intensifier l’exploitation de l’herbe et de réduire le gaspillage. Les vaches vont pâturer le matin le ventre vide, puis reçoivent un quart de la ration habituelle de maïs avec 500 g de tourteau de colza. Nous avons des vêlages toute l’année, donc nous voulons éviter une ration 100 % herbe. » Quatre hectares de luzerne ont été semés en 2018 pour réduire encore la dépendance aux concentrés et diversifier la ration. « Nous l’avons enrubannée car le rendement fut décevant. Nous allons tester un sursemis de trèfle violet et si ce n’est pas concluant, nous renouvellerons l’implantation. » Le troisième aspect auquel les éleveurs sont très attentifs est la santé, la croissance et la reproduction des animaux. « Nous voyons peu le vétérinaire », avoue le jeune couple. Les veaux reçoivent quatre litres de colostrum à la naissance. Ils sont logés les deux premières semaines dans des niches à l’intérieur du bâtiment, avant de rejoindre la nurserie.

« Les veaux sont nourris au lait acidifié des fraîches vêlées »

L’objectif est que les génisses atteignent 100 kg à l’âge de deux mois : elles consomment six litres de lait par jour (deux fois trois litres, une fois le dimanche), de l’aliment à volonté, de la paille. « Nous utilisons le lait non commercialisable des fraîches vêlées : on le verse au fur et à mesure dans un tank dédié, refroidi mais jamais vidé, dans lequel il s’acidifie. »

La deuxième étape est un poids de 200 kg à l’âge de 6 mois, à l’aide de quatre kilos de granulés (deux fois deux kilos) et de paille. À 6 mois, les génisses pâturent, si c’est la saison, et passent à un aliment fermier (3/4 orge et 1/4 colza). À 12 mois, elles rentrent à l’étable afin de bien maîtriser leur ration et de surveiller les chaleurs. L’insémination est possible dès qu’elles atteignent 400 kg. Grâce à ce suivi, l’âge moyen au premier vêlage est de 24 mois. « La réussite de l’insémination est meilleure et nos vaches font davantage de lactations. Elles vieillissent mieux. » Les taureaux sont sélectionnés dans l’objectif d’augmenter la production laitière sans dégrader les taux.

Grâce à un outil efficace et un pilotage rigoureux, Aurélie et Samuel ont bâti en cinq ans un système de production rentable.

Avec les rallonges de production, le volume est monté à 670 000 litres ces deux dernières­ années, dont 12 % sont des attributions temporaires pour la campagne en cours. Livrant à Bel, ils bénéficient d’un prix du lait élevé depuis 2018 : primes non OGM et à l’herbe, prix de base moyen garanti à 350 €/1 000 litres sur l’année.

« Nous savons que nous sommes privilégiés en livrant chez Bel »

« Nous savons que nous sommes privilégiés. C’est dommage que les autres laiteries ne suivent pas la même voie. Aujourd’hui, nous sommes sereins. Nous avons une visibilité sur un an, c’est déjà beaucoup. Mais nous restons prudents. Nous espérons consolider le volume de 670 000 litres, et au-delà, saturer notre bâtiment pour produire 200 000 litres de plus : cela nous permettrait d’embaucher un salarié à temps plein. » D’après leur conseiller de gestion, les résultats de l’exercice 2017-2018 permettent théo­riquement de dégager ce salaire.

Les éleveurs réfléchissent aussi à l’acquisition d’une mélangeuse pour intégrer à la ration les bottes d’enrubannage et de foin proposées à part pour le moment, et élaborer un mélange moins triable qu’actuellement. Ils veulent remplacer la manutention à la pelle du maïs grain humide et du tourteau de colza. Enfin, ils ont d’autres idées comme le stockage de céréales et la réalisation des inséminations. « C’est surtout par passion et pour connaître encore mieux mon troupeau, reconnaît Samuel. Et pour être indépendant et intervenir au meilleur moment. »

Nathalie Tiers
Site. Avant d’investir dans leur nouveau bâtiment, Aurélie et Samuel ont visité de nombreuses exploitations et relevé les détails pratiques pour gagner en temps et en confort de travail. Ils ont prévu la place nécessaire pour monter, à terme, à 120 logettes et 2 x 12 postes en salle de traite. © C. F.
. © C. F.
L’ensilage du mélange ray-grass d’Italie-trèfle est récolté de façon précoce afin d’optimiser sa qualité et notamment son taux de protéines. Selon la portance des sols et la météo, il est réalisé vers mi-avril. En 2019, deux coupes ont pu être réalisées, le 30 mars puis le 5 mai. © C.F.
Elle est simple et efficace. Le plancher mobile s’adapte à la taille du trayeur et les éleveurs apprécient particulièrement la sortie rapide sur l’aire d’exercice raclée. Le temps de traite est d’une heure dix pour une personne, auquel s’ajoute un temps de nettoyage limité. L’apprenti fait la traite quatre soirs par semaine et travaille un week-end par mois. © C. F.
Les éleveurs ont choisi l’auge creuse, avec ses avantages et ses inconvénients. Les vaches repoussent moins le fourrage, mais il faut régulièrement la nettoyer. La ration est distribuée deux fois par jour après la traite (deux godets par distribution). © C. F.
À l’âge de 6 mois, les génisses sont transférées dans un bâtiment distant de 1,5 km, repris en même temps que les terres d’un éleveur voisin et utilisé aussi pour le stockage des fourrages. Elles reviennent sur le site principal de la ferme à l’âge de 12 mois pour une surveillance rapprochée avant la première insémination. © C.F.
. Samuel et Aurélie ne sont pas propriétaires du poulailler de Loué équipé de panneaux photovoltaïques. © C. F.
Au printemps, le fil est déplacé chaque jour sur huit parcelles de deux hectares (trois jours par parcelle) situées autour des bâtiments. © C.F.
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