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Mariage contre nature ?

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« Grâce à son partenariat avec Biolait, McDonald’s a lancé le 12 novembre dernier les P’tits Milkshakes, un dessert préparé avec du lait bio collecté au sein des fermes du Groupement. » Cette annonce dans la presse en interpelle plus d’un. Un sacré pavé dans la mare… de lait. Le clown Ronald MacDonald va fricoter avec Astérix. José Bové, bacchantes rebelles...
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« Grâce à son partenariat avec Biolait, McDonald’s a lancé le 12 novembre dernier les P’tits Milkshakes, un dessert préparé avec du lait bio collecté au sein des fermes du Groupement. » Cette annonce dans la presse en interpelle plus d’un. Un sacré pavé dans la mare… de lait. Le clown Ronald MacDonald va fricoter avec Astérix. José Bové, bacchantes rebelles et voix de stentor, verbe haut et réplique cinglante, l’œil inquisiteur, va s’étrangler de fureur. Il va se faire hara-kiri en avalant sa pipe.

Alors, est-ce le mariage de la carpe et du lapin ? D’un côté, l’emblème de la malbouffe et acteur majeur de la mondialisation cherche à redorer son blason souvent vilipendé, de l’autre le premier collecteur de lait bio français cherche des débouchés. Il est vrai que McDo achète déjà une partie de ses ingrédients en France, depuis les patates à frites jusqu’à 55 % de la viande (le reste est acheté en Irlande et aux Pays-Bas, d’après le clown). Au total, l’enseigne contractualise avec 3 000 agriculteurs en France (100 % du poulet des nuggets serait estampillé  « cocorico  »).

Alors pourquoi pas Biolait ? Quel contrat – en général pour trois ans – et à quel prix ? Au début de l’année 2018, lors de l’assemblée générale des producteurs, les adhérents votèrent une réduction de 5 % des volumes produits, afin d’assainir le marché­ en surchauffe. Finalement, la demande a suivi. De plus, la question de vendre à McDo a fait débat mais le réalisme économique l’a emporté. C’est que les grands industriels laitiers, qu’ils soient privés ou coopératifs, lorgnent ce marché juteux, et Biolait est un sacré caillou dans leur chaussure. Biolait­ fonctionne comme une vraie coopérative, avec une vraie gestion démocratique et responsable. Toutes les questions sont soumises au vote électronique instantané. Un système dont certaines grandes coop devraient s’inspirer… mais ça leur poserait trop de problèmes.

Le bio cherche à s’affranchir des canaux de la grande distribution, qui concentre déjà plus de 50 % des ventes globales, contre 34 % pour les magasins spécialisés et 12 % pour la vente directe. Et puis, du tout bio ? C’est ce que voudraient certaines organisations qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Le Danemark rêve d’être le premier pays entièrement bio. Pour l’instant, il n’en est qu’à 15 % des surfaces. Il y a encore fort à faire, d’autant plus que sur une aire grande comme une fois et demie la Bretagne, il produit 27 millions de porcs – soit plus que la France entière – et en exporte 90 %. La question se pose de ne produire que pour la consommation nationale. Ce qui veut dire que la catégorie la plus aisée achète bio et le reste se nourrit d’importation à bas prix. Ou bien, on nivelle par le bas les prix du bio pour que tout le monde y ait accès et les producteurs bio crèvent de faim. Je ne vous parle même plus des conventionnels.

« Make America Great Again »… Par Toutatis ! Manquerait plus que Biolait fricote avec les Chinois.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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