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L’intérêt du veau sous la mère n’est pas encore tranché

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p Race. En plus de leur mère, les veaux montbéliards ont tendance à préférer les holsteins car elles ont plus de lait. © C. Hue

Allaitement. Dans le Cantal, la ferme Inrae de Marcenat mesure l’effet des veaux sous la mère sur le lait vendu, la croissance des veaux, le stress à la séparation et au sevrage. Les résultats ouvrent le débat.

Séparer le veau de la mère à la naissance est un gage de bonne santé pour le nouveau-né. La qualité et la prise de colostrum sont maîtrisées. Extrait de la stabulation laitière, il est à l’abri du microbisme des adultes. Malgré tout, on ne peut pas ignorer l’attention de plus en plus grande que portent les consommateurs au devenir des tout jeunes animaux. Leur point de vue flirte avec l’anthropomorphisme...
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Séparer le veau de la mère à la naissance est un gage de bonne santé pour le nouveau-né. La qualité et la prise de colostrum sont maîtrisées. Extrait de la stabulation laitière, il est à l’abri du microbisme des adultes. Malgré tout, on ne peut pas ignorer l’attention de plus en plus grande que portent les consommateurs au devenir des tout jeunes animaux. Leur point de vue flirte avec l’anthropomorphisme mais désormais, il faut faire avec, ou du moins se préparer à des évolutions dans ce sens. C’est le parti qu’a pris l’Unité mixte de recherche sur les herbivores de l’Inrae. De 2017 à 2019, la station expérimentale Inrae de Marcenat (Cantal) a testé quatre conduites de veau sous la mère. Deux ont été abandonnées. Les deux autres ne permettent pas de trancher sur leur intérêt réel, en particulier sur le bien-être des veaux et des vaches. Elles ouvrent plutôt la réflexion. « En dehors de cette étude, la ferme de Marcenat sépare les veaux et mères le jour de la naissance et nourrit les veaux avec le lait du tank. Qu’il soit donné au Dal ou tété, cela ne nous gêne pas puisque dans les deux cas, c’est du lait entier », précise Dominique Pomiès, ingénieur d’études à la ferme Inrae de Marcenat. Précision : dans ce programme d’étude, le choix possible de vaches nourrices en fin de lactation n’est pas retenu.

Contact court : abandon

En 2017, première année de l’étude (14 holsteins et 14 montbéliardes), le veau et sa mère restent ensemble trois jours dans la case de vêlage. Quand il rejoint le groupe, le temps de tétée est limité, avec deux variantes : vingt minutes avant chaque traite jusqu’à 15 jours (au-delà, jusqu’au sevrage, vingt minutes avant la traite du matin) ou deux heures après chaque traite jusqu’à 15 jours (au-delà, jusqu’au sevrage, deux heures après la traite du matin). Les deux variantes ont été abandonnées. La première, faute d’équipements adaptés, nécessitait beaucoup de manipulations. La seconde a été arrêtée au bout de huit semaines, les veaux n’ayant pas assez de lait.

En 2018 et 2019, deux autres conduites sont testées. Dans la première (lot 100 % mère), le veau et sa mère restent ensemble cinq jours dans la case de vêlage puis passent dans un parc qui leur est dédié jusqu’au sevrage à 10 semaines (photos ci-dessus). Les veaux ont accès aux vaches entre les traites du matin et du soir. La seconde conduite suit le même déroulé mais jusqu’aux trois semaines des veaux. Ils sont alors séparés des vaches et nourris au Dal (lot mixte, voir infographie ).

Performances : avantage à la séparation à trois semaines mais…

« Nous estimons que les veaux sous la mère boivent plus de lait que ceux au Dal. Sur toute la lactation, il y a donc une diminution des livraisons. » Le lot 100 % mère enregistre la plus grande baisse : - 6 % des livraisons. Concrètement, jusqu’à 10 semaines, cela se traduit par une croissance des veaux supérieure aux lots « mixte » et « témoin ». Leur plus grande consommation de lait n’est peut-être pas la seule explication aux livraisons en retrait. « Comme les vaches sont séparées des veaux durant quinze heures, nous nous attendions le matin à des traites équivalentes aux vaches témoins. En fait, il y a une différence de 3 kg/vache. Sans doute retiennent-elles leur lait dans la perspective de l’allaitement suivant. » Cela expliquerait aussi leur TB plus faible (33,2 g/kg sur quatorze semaines, contre 37,2 pour les témoins).

Par comparaison, les livraisons du lot mixte diminuent moins : - 4 %. Le temps d’allaitement­ est plus court mais après la séparation, il faut six semaines aux vaches pour rejoindre le niveau laitier des témoins.

Côté croissance des veaux du lot mixte, la séparation à 3 semaines ne la pénalise pas : elle est équivalente à ceux nourris au Dal. Conclusion­ : l’allaitement sous la mère permet une croissance a minima égale à celle au Dal, voire meilleure. « Grâce au bon état sanitaire de notre troupeau et au logement aménagé, les jeunes animaux n’ont pas subi de contaminations microbiennes via les vaches », complète­ Dominique Pomiès. Quant aux comptages cellulaires, il n’y a pas de différences entre les trois conduites. « Il y a parfois des pics chez les allaitantes, sans doute dus à une mamelle plus sollicitée. »

… les veaux séparés à trois semaines subissent deux stress

Sans surprise, veaux et vaches réagissent à leur séparation. Ils l’expriment par des vocalisations qui durent une semaine (infographie). Elles constituent aussi un stress pour l’éleveur qui doit les supporter. « Les veaux séparés à trois semaines vivent une double peine : à la séparation, et au sevrage qui, en lui-même, est un stress, souligne Dominique Pomiès, qui parle même de détresse. Les veaux élevés au Dal meuglent également au sevrage. » En revanche, ni eux ni leur mère ne manifestent de réaction à leur séparation au plus tard six heures après la naissance.

Malgré la séparation, c’est positif pour la vache et le veau

Le sevrage pourrait être adouci en fixant une palette en plastique anti-tétée sur le nez du veau (5 €). Elle lui permet de rester avec sa mère tout en l’empêchant de la téter. C’est ce que teste la ferme de Marcenat depuis cette année, dans un nouvel essai-système de cinq ans. Selon le chercheur, les trois années d’essais à Marcenat ouvrent un champ d’études plutôt qu’elles ne tranchent le débat sur l’intérêt de laisser ou non le veau avec sa mère. « Laisser le veau avec sa mère compense largement le stress à la séparation. Nous assistons à des attachements forts qui s’expriment par du léchage, des caresses, des câlins. »

Sous l’impulsion de leur mère et des autres vaches, les jeunes animaux ont plus de relations entre eux que ceux élevés classiquement. Ils apprennent la vie en groupe. Pour encourager leurs interactions sociales, le système intermédiaire canadien, appelé pair housing, apporterait une autre solution : un logement deux par deux à partir de quatre jours.

Claire Hue
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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