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Les derniers litres de lait coûtent cher à produire

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Agrandissement. haut niveau de production, l’augmentatDans un bâtiment saturé avec un troupeau à © Cédric FAIMALI

Étude Idele. Un essai, conduit à la ferme expérimentale des Trinottières, tend à montrer que la recherche d’une productivité laitière maximale, en vue d’augmenter les volumes de lait, génère un surcoût alimentaire difficile à rentabiliser.

La fin des quotas, associée à la hausse de la demande mondiale en produits laitiers, a offert l’opportunité aux éleveurs d’augmenter leur volume de production, en particulier dans l’ouest de la France. Avec un troupeau à bon niveau de production dans un bâtiment saturé, deux options existent pour répondre à cet objectif : miser sur une hausse de la productivité individuelle dans le troupeau, ou investir dans...
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La fin des quotas, associée à la hausse de la demande mondiale en produits laitiers, a offert l’opportunité aux éleveurs d’augmenter leur volume de production, en particulier dans l’ouest de la France. Avec un troupeau à bon niveau de production dans un bâtiment saturé, deux options existent pour répondre à cet objectif : miser sur une hausse de la productivité individuelle dans le troupeau, ou investir dans l’agrandissement des bâtiments afin d’augmenter la taille du troupeau. Pour faire simple, plus de lait par vache, ou plus de vaches. En région Pays de la Loire, entre 2014 et 2017, la chambre d’agriculture et l’Institut de l’élevage ont mis en place, à la ferme expérimentale des Trinottières (Maine-et-Loire), un essai visant à comparer l’efficacité économique de ces deux stratégies.

Une réponse en lait supérieure aux attentes

Pour cet essai, pendant trois ans, deux lots homogènes de vaches ont été constitués chaque année, et alimentés chacun avec une ration différente­ (voir ci-contre). D’une part, la ration initiale (95 G), ou ration témoin, déjà utilisée aux Trinottières, dose 96 g de PDIE/UFL et 0,90 UFL/kg MS. D’autre part, la ration expérimentale (110 G) dose 113 g de PDIE/UFL et 0,98 UFL/kg. « La ration initiale est déjà équilibrée à un bon niveau, 9 800 kg de lait/VL, précise Julien Jurquet, chef de projet à Idele. La ration expérimentale consistait à augmenter de plus de 10 % les densités à la fois énergétique et protéique. Un palier important, devant permettre aux animaux d’exprimer pleinement leur potentiel de production. » Dans les deux cas, il s’agit d’une ration complète, distribuée à un troupeau holstein conduit en vêlages groupés sur une période d’environ trois mois, de septembre à décembre.

Dans un premier temps, il s’agissait de comparer les performances de ces deux modes de rationnement pendant trente-quatre semaines de lactation. Au préalable, tous les animaux avaient reçu la même phase de préparation au vêlage, trois semaines avant la mise-bas. Ainsi, les données issues de 184 lactations ont été collectées et analysées. Elles ont révèlé que la réponse en lait du lot expérimental (ration 110 G) est de 4,3 kg de lait/VL/jour, donc supérieure au lot témoin (ration 95G). Dans le détail, cette différence varie selon le stade de lactation : pendant les trois premières semaines, le gain de production permis par la ration 110 G est de 3,2 kg de lait/VL/jour ; il passe à 5,1 kg, de 4 à 16 semaines ; au cours de la seconde partie de lactation, la différence entre les deux lots diminue, avec une production de lait supérieure de 3,8 kg pour la ration 110 G.

De même, l’écart de poids entre les deux lots d’animaux s’accroît avec l’avancée en lactation. Cela se concrétise par une reprise de poids plus rapide pour le lot 110 G (+39 kg de poids vif, en moyenne, en fin de lactation), sans que cela ne génère une différence significative de note d’état corporel.

Une ration trop généreuse en fin de lactation

Avec la ration 95 G, la consommation totale de concentré s’élève à 215 g par litre de lait vendu. Elle passe à 325 g avec la ration 110 G. « En début de lactation, la réponse des animaux à l’augmentation de la densité de la ration est supérieure aux attentes, ce qui est le signe de la faisabilité technique de cette stratégie, souligne Julien Jurquet. Mais au regard de l’augmentation du coût alimentaire induit (voir infographie), elle est sûrement trop généreuse en seconde partie de lactation. Cela pose la question de revenir à la ration 95 G à ce stade, à une période où les besoins du troupeau sont en baisse et couverts par les quantités ingérées. Cela suppose deux lots d’animaux, ou le recours à un Dac. »

Un EBE supérieur avec l’augmentation des effectifs

Pour une exploitation de 80 vaches laitières, la ration 110 G entraîne une hausse de 90 000 litres de lait livré. Pour produire autant avec la ration 95 G, il faut 10 vaches supplémentaires et autant de génisses, d’où un besoin d’investissement en places de bâtiment.

C’est pourquoi, dans un second temps, une simulation économique a permis de mettre en balance l’augmentation du coût alimentaire associé à la ration 110 G et le besoin d’investissement pour le lot 95 G. Ce dernier a été évalué à 83 830 €, soit une annuité de 7 900 € (douze ans à 2 %) : 47 580 € pour 10 places vaches laitières supplémentaires + 6 000 € pour deux postes de traite + 18 000 € pour 10 places génisses + 12 250 € pour 245 m3 de silo.

Dans tous les cas, le gain de 1 100 kg de lait/VL/an permis par l’augmentation de la densité de la ration ne couvre­ pas les frais alimentaires supplémentaires­ induits (+ 36 €/ 1 000 litres). Pour que la ration 110 G soit économiquement intéressante, il aurait fallu une réponse en lait des animaux supérieure de 500 kg aux résultats de l’essai, ou un prix du lait supérieur de 20 % à l’hypothèse retenue de 340 €/1 000 litres. « Le rendement d’utilisation de l’azote est plus faible­ pour le lot 110 G. Cette moindre efficacité s’explique par le fait que la ration initiale est déjà d’un niveau élevé et distribuée dans des conditions optimales : accès à l’alimentation à volonté, à l’abreuvement, au logement… La réponse aux concentrés aurait été bien supérieure en partant d’une situation non optimisée ou d’un système économe­ à bas intrants. Ici, la réponse est de + 0,8 kg de lait/kg de concentré. » Dès lors, dans le contexte de l’étude (bâtiment saturé, haut niveau de production), l’accroissement du nombre de vaches semble être une stratégie économiquement plus pertinente. Selon les différentes hypothèses retenues de prix du lait et des concentrés, elle entraîne dans presque tous les cas une augmentation de l’EBE et du revenu disponible. À condition de maîtriser les investissements et l’efficacité du travail, qui peuvent consommer tout ou partie du gain d’EBE.

Jérôme Pezon
Coût alimentaire. Le surcoût lié à l’augmentation de la densité énergétique et protéique de la ration laisse envisager de revenir, en seconde partie de lactation, à une ration moins concentrée. © Cédric FAIMALI
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