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Les décès par corps étrangers restent fréquents

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La tige provenait d’un pneu usé sur le silo d’ensilage de maïs. Pour éviter ce type d’accident, le plus simple est de proscrire cette pratique. © e.M.

Ingestion. Une tige métallique de 5 centimètres, déchet issu du silo, a perforé le rumen et provoqué une réticulo-péricardite.

Je suis appelée pour une vache qui « bricole » depuis le vêlage. Un vêlage qui s’est pourtant bien passé. Elle a maigri peu à peu, a de la fièvre et semble ressentir des douleurs à l’inspiration. Les bruits pulmonaires augmentés gênent l’auscultation cardiaque. L’examen digestif révèle un arrêt de la rumination mais la palpation transrectale et les bouses sont normales. Le...
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Je suis appelée pour une vache qui « bricole » depuis le vêlage. Un vêlage qui s’est pourtant bien passé. Elle a maigri peu à peu, a de la fièvre et semble ressentir des douleurs à l’inspiration. Les bruits pulmonaires augmentés gênent l’auscultation cardiaque. L’examen digestif révèle un arrêt de la rumination mais la palpation transrectale et les bouses sont normales. Le signe du garrot, effectué en le pinçant­ pour que la vache se baisse, est négatif. Ce test permet­ de rechercher une douleur­ au niveau du réticulum (ou « réseau  »), appelé aussi deuxième­ pré-estomac (c’est-à-dire situé après le rumen et avant le feuillet). C’est là que se localisent couramment les corps étrangers.

Un aimant quelques jours avant

Par précaution, quelques jours avant mon déplacement, l’éleveur avait fait absorber à la vache un aimant afin de capter un éventuel corps métallique. J’ajoute donc un traitement de soutien de la fonction respiratoire (anti-inflammatoire et antibiotique à large spectre). L’état général s’améliore dès le lendemain, mais une dégradation est vite observée, jusqu’à la mort, quelques jours plus tard.

À l’autopsie, une inflammation tissulaire­ et du liquide inflammatoire apparaissent dès l’ouverture de la cavité abdominale. Au niveau du sac dorsal du rumen se trouvent un gros caillot de sang et une forte inflammation. En retirant le foie, ma main tombe sur un objet piquant posé entre le foie et le diaphragme. Voilà le meurtrier… Une tige métallique de plus de 5 cm provenant d’un pneu usé de silo. Elle a perforé le rumen pour se retrouver dans la cavité abdominale. Elle s’est ensuite plantée dans le diaphragme, entraînant la douleur à l’inspiration.

Le mode d’ingestion des bovins favorise celle de corps étrangers

Cause encore trop fréquente de décès chez les bovins, la réticulo-péricardite est provoquée par l’ingestion d’un objet métallique pointu. Cela est lié au mode d’ingestion des bovins, qui, contrairement aux chèvres par exemple, prennent une grosse bouchée d’aliment en enroulant leur langue. Il leur est donc très facile d’absorber des éléments impropres car ils ne trient pas. Cela peut se produire aussi bien lors de l’ingestion d’ensilage qu’au pâturage si des bouts de clôture, canettes, etc. traînent.

Ces déchets métalliques se retrouvent dans le réticulum, le plus souvent, qu’ils perforent, provoquant une péritonite localisée. Le réticulum étant très proche du cœur, le corps étranger n’a que le diaphragme à passer avant de piquer le péricarde, entraînant une grave inflammation difficile à traiter.

Souvent après le vêlage

Cela survient souvent peu après le vêlage, qui provoque le déplacement des corps étrangers, jusqu’alors localisés dans une zone où ils ne présentaient pas de danger pour la vache. Sous l’effet des contractions, ils migrent vers des organes plus sensibles.

Il est très important d’agir de manière préventive. Il s’agissait ici d’un morceau de la structure métallique d’un pneu utilisé pour maintenir la bâche de l’ensilage de maïs. Les pneus détériorés sont très dangereux, et il est très fréquent de trouver ce genre de tiges dans les ensilages.

Il faut éviter au maximum l’utilisation­ de pneus, surtout très usés, pour les ensilages. Préférez les boudins remplis de sable, par exemple.

Il est conseillé d‘équiper d’un aimant toutes les génisses avant leur première sortie au pâturage.

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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