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« Le sorgho multicoupe : une vra ie sécurité pour nos 150 vaches »

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Le sorgho entier est donné le matin en bâtiment avant que les laitières ne sortent au pâturage. C’est un aliment appétent. Même les tiges sont consommées. © anne brehier

Ration. Chez Damien Martel, dans le Haut-Bugey, le sorgho multicoupe a remplacé, l’été, pour ses simmentals, le maïs distribué en vert et une partie de l’herbe.

Au Gaec de la Léchère, en système pâturant sur des sols argilocalcaires superficiels avec des orages l’été (aléatoires malgré tout), le passage en AOP comté ainsi que la sécheresse sévère de l’an dernier ont amené des modifications dans le système fourrager. Outre l’implantation de dérobées à base de moha après des céréales pour ensilage, les...
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Au Gaec de la Léchère, en système pâturant sur des sols argilocalcaires superficiels avec des orages l’été (aléatoires malgré tout), le passage en AOP comté ainsi que la sécheresse sévère de l’an dernier ont amené des modifications dans le système fourrager. Outre l’implantation de dérobées à base de moha après des céréales pour ensilage, les cinq associés ont choisi de tester le sorgho multicoupe. Avec bonheur. « Nous cherchions quelque chose qui pousse l’été, quand il n’y a plus d’herbe au pâturage à cause du manque d’eau et des grosses chaleurs, explique Damien Martel. Le sorgho arrive juste quand il faut, début juillet, alors que le maïs en vert n’était pas disponible avant le 15 août. » Le sorgho est implanté dans des petites parcelles bien propres. « La plante ne supporte pas la concurrence avec les mauvaises herbes », souligne le jeune éleveur.

Cette année, 12 tMS/ha avec peu d’intrants

Cette année, cinq hectares, soit l’équivalent de ce qui était autrefois consacré au maïs en vert, ont été implantés en décalé après un labour et à l’aide d’un semoir à céréales en combiné. « Nous semons plutôt dense, entre 28 et 32 kg/ha. »

En 2018, année au printemps froid et à l’été très sec, le BMR Honey Graze semé fin avril avait végété jusqu’au 20 mai : il n’avait rendu que 7,5 à 8 tonnes de MS/ha.

Ce printemps 2019, la plante a été semée plus tardivement, entre le 10 mai et le 15 juin. « Avec des orages plus nombreux, nous avons récolté trois coupes, soit 12 tMS/ha, précise Damien. Nous avions opté pour un mélange de deux espèces différentes : un BMR Honey Graze et un Sudan Piper. Cette association permet d’allier la valeur alimentaire du premier à la vigueur du second. » La plante a bien poussé jusqu’en juillet où elle a accusé le coup à cause de la sécheresse et des canicules. Sous l’effet des pluies d’orage de mi-août, elle est repartie. Finalement, 2019 a été une année poussante. La première coupe, réalisée entre le 2 juillet et le 11 août, a permis de compenser le manque d’herbe qui a duré jusqu’au 20 août. Les derniers affouragements se sont terminés le 10 octobre, avant le retournement des parcelles et les semis de blé.

Pour équilibrer les rations, les éleveurs se sont basés sur les valeurs officielles du sorgho, très inférieures à celles d’un maïs : 0,8 à 0,85 UFL pour un BMR récolté au bon stade, 0,7 à 0,74 pour un Sudan. « Entre l’herbe du pâturage et le sorgho en vert, on équilibre en fonction du taux d’urée avec un peu de tourteaux », pointe l’éleveur. L’été, le sorgho distribué à l’auge à raison de 25 kg brut (soit 4-5 kg MS) constitue 20 à 25 % de l’alimentation des laitières. Il est complété par du foin (jusqu’à 1 kg par vache et par jour) et des concentrés. Le 10 septembre dernier, pour un troupeau à 22,5 kg de lait à 5,8 mois en moyenne de lactation, la complémentation au Dac s’élevait à 2,5 kg de céréales (70 % de maïs grain et 30 % d’orge) et 1,25 kg de tourteau de soja. Un demi-kilo de VL24 était distribué aux plus hautes productrices. « On complémente moins avec du sorgho qu’avec du foin », note Damien.

La conduite de la culture est économe. La fumure se compose de 30 m3 de lisier/ha et de 65-70 unités d’urée épandues après la première coupe. Le poste le plus important est celui des semences : 45 €/ha pour la variété Sudan Piper (1,76 €/kg à raison de 25 kg ha) et 60 €/ha pour le BMR Honey Graze (3,60 €/kg à raison de 30 kg/ha). Moitié moins cher toutefois que pour un maïs.

Anne Bréhier
Damien Martel, le 11 septembre dernier. La plante a été récoltée en vert jusqu’au 10 octobre. © anne brehier
t Le Gaec s’est doté d’une autochargeuse d’occasion d’une capacité de 3 à 3,5 tonnes par jour, une machine qui fauche et qui ramasse, conçue pour l’affouragement en vert. © a.b.
Cet été, grâce aux orages de mi-août,u © a.b.
Associer un BMR et un Sudan

À cause du temps très réduit entre l’implantation et la récolte (dès soixante­ jours plus tard), et en l’absence de désherbant spécifique à faible délai de rémanence, la culture doit être réservée à des parcelles propres­. Comme pour la luzerne, les fauches successives contribuent à entretenir les terrains. Pour couvrir le sol au plus vite, le mélange de deux types de sorgho au semis est une bonne solution. En associant 10 kg/ha de type Sudan et 20 kg/ha de type BMR, on conjugue une forte vigueur de départ à une bonne valeur alimentaire. Plus appétent, le BMR est en effet moins ligneux, plus riche en MAT et en sucres que le Sudan. Il est aussi plus digestible.

L’avis de...
« L’équivalent en valeur fourragère d’une prairie naturelle » L’avis de... Richard Saintenoy, coopérative Jura Mont-Blanc

« L’été, en conditions climatiques difficiles, le sorgho permet de produire du fourrage en quantité.

Il réclame toutefois un minimum d’eau et n’est plus poussant si les températures dépassent 35 °C pendant deux semaines. C’est pour cela qu’il faut le semer et le rouler avant le 10 juillet. En semant juste après une récolte de céréales (après un simple passage de déchaumeur à disques ou à dents à 5-10 cm de profondeur maximum), on maximise les chances d’avoir une bonne levée. La plante, qui peut être cultivée en altitude jusqu’à 600 m sans problème, convient aussi bien à des sols argileux très humides qu’à des argilocalcaires superficiels, avec, bien sûr, des potentiels de rendement différents (de 8 tMS à 12 tMS au total).

Pour couvrir les besoins de cette culture gourmande en azote, la plupart des agriculteurs fertilisent avec le lisier. Il est possible, sinon, d’épandre un 13.10.20 à raison de 400 kg/ha. Un agriculteur, soucieux d’intensifier, pourrait mettre­ après chaque coupe 30 kg/ha d’azote minéral (l’été, sous forme uréïque de préférence).

En dérobé derrière des céréales­, le sorgho valorise bien le troisième apport d’azote qui n’est pas toujours entièrement utilisé par la céréale.

La conduite doit rester économe

Affouragé en vert, le sorgho peut être enrubanné ou ensilé quand les cahiers des charges du lait l’autorisent. Une hauteur de coupe de 60 cm doit être respectée pour éviter les risques de toxicité liée à la présence de l’acide cyanhydrique. Si le fourrage est récolté plus bas, alors il faut attendre vingt-quatre heures pour ramasser.

D’une valeur inférieure en UF à un maïs, la plante équivaut plutôt à un fourrage de prairie naturelle (0,9 UF). C’est un fourrage grossier en quantité, bon pour la rumination. Sa conduite doit donc rester économe. Pour compenser le prix des semences (2 à 4 € le kg selon le type, BMR ou Sudan), il faut réduire au maximum les coûts de fertilisation et de désherbage. Dans leurs intercultures destinées aux animaux, des agriculteurs associent le sorgho fourrager à du trèfle d’Alexandrie. Cette année, la coopérative a testé le sorgho­ multicoupe en mélange avec le cowpea (légumineuse exotique) mais aussi le maïs avec le lablab (une légumineuse tropicale). Les résultats sont mitigés avec les pousses de cowpea, moins rapides que le sorgho. En revanche, le maïs avec le lablab est prometteur car cette légumineuse s’enroule autour de celui-ci et vient augmenter la MAT du maïs. »

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