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Le poids de la sécheresse sur le rendement des maïs

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Maïs ensilage. Peu de régions sont épargnées par une baisse des rendements qui coûte cher aux éleveurs. La bonne surprise vient parfois d’une digestibilité préservée de ces ensilages.

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Pour la deuxième année consécutive, les maïs fourrages ont connu des conditions climatiques difficiles. La météo de 2019 a été particulièrement éprouvante pour les plantes et, dans certaines­ situations, leur résistance comme leur capacité à récupérer, fut assez étonnante. Dès l’implantation, les températures basses, combinées à l’attaque des ravageurs, ont mis à mal les peuplements. Quand la chaleur est enfin venue, elle a été intense avec des épisodes caniculaires et des conditions très sèches qui ont bloqué le développement végétatif. La fécondation des épis a ensuite été très aléatoire. Ce sont les orages d’août qui ont pu sauver la mise, mais pas partout.

Des rendements partout en baisse

Rares sont les régions qui n’ont pas subi une baisse de rendement. Même en Normandie, on observe des pertes de l’ordre de 2 à 3 t de MS/ha. Idem en Bretagne, avec une moyenne qui peine à atteindre les 11 t de MS/ha. Dans d’autres régions, le déficit fourrager est beaucoup plus important. À l’image du Grand-Est, très touché par la sécheresse : dans cette région, la moyenne des ensilages se situe entre 7 et 8 t de MS, les meilleures parcelles plafonnent à 12 t et les zones qui n’ont bénéficié d’aucune pluie ne dépassent pas 3 ou 4 t de MS. C’est aussi le cas de certaines parcelles dans les Pays de la Loire. Car ce sont les orages d’août qui ont décidé du rendement, mais aussi de la qualité récoltée.

Des matières sèches dans la bonne fourchette

Mais les variations, donc les différentes résistances au stress thermique, sont parfois difficiles à expliquer : réserve du sol ? Densité de semis ? Exposition de la parcelle ? Effet variété ? Les semis précoces qui ont souffert des conditions froides du début de cycle n’ont pas connu le bénéfice souvent observé les années précédentes. Mais les semis tardifs réalisés au-delà du 15 mai, après récolte des dérobées, ont payé aussi l’épuisement des réserves en eau. « L’expérience nous montre qu’il ne faut pas récolter ces dérobées après le 20 avril », avertit Yann Martinot, d’Elvup. Cette année, les dérapages vers des maïs trop secs ont été plus rares. Beaucoup d’ensilages se retrouvent dans la norme entre 33 et 35 % de MS. Dans l’ensemble, les maïs ont reçu un peu d’eau en fin de cycle et nous avons le plus souvent évité un coup de sec tardif qui, en 2018, avait grillé les plantes très rapidement. « La situation est à l’inverse de la saison précédente où nous avions un grain très sec et des tiges-feuilles encore vertes. Cette année, le grain était moins avancé en maturité, avec un appareil végétatif plutôt sec. Cet amidon moins vitreux aura une dégradabilité plus rapide dont nous tiendrons compte dans les rations », explique Yann Martinot.

L’évolution plus lente des plantes a permis d’ensiler sans précipitation. Il faut ajouter que les messages répétés des entreprises de conseil, avec des mesures régulières de la matière sèche et une communication aux Cuma et ETA, portent leurs fruits. Les maïs 2019 ont connu des difficultés dès le printemps, avant d’encaisser des coups de chauds violents dès la fin juin. Dans de nombreuses régions, cela a conduit à un arrêt végétatif en juillet qui a pu retarder la floraison en fin de mois, voire jusqu’à mi-août. Ce stress a permis d’éviter une plus grande catastrophe en profitant des orages d’août au bon moment pour la plante.

Une digestibilité très variable

Cela peut conduire à des situations paradoxales, notamment dans l’Est avec des maïs plus riches en amidon que l’an dernier, où ils étaient particulièrement pauvres. En Bretagne aussi, les premières analyses montrent des taux d’amidon correct : entre 26 et 30 %. Quoi qu’il en soit, la teneur en grain est souvent plus faible que la normale. Même la Normandie a été marquée par des défauts de fécondation. En Pays de la Loire, les analyses donnent un taux d’amidon moyen (23 %). Dans l’Est encore, la digestibilité de la partie tige-feuilles est annoncée moins élevée que l’an dernier car la plante a subi des stress sur toute la longueur du cycle. Ailleurs, c’est moins le cas. « Nous avons pu préserver la digestibilité de l’appareil végétatif en ensilant assez tôt des plantes encore vertes. Nous avons beaucoup de cellulose mais de la cellulose digestible. Nous sommes agréablement surpris, avec des analyses à 0,95 UFL, mieux qu’en 2018 », explique Yvelise Mathieu, nutritionniste chez Seenovia. Même son de cloche en Bretagne, avec une DMO à 71 % pour des valeurs UFL dans la fourchette de 0,91 à 0,93 UFL, plus élevées que l’an dernier.

« Cela semble se confirmer sur le terrain où les premiers retours montrent un ensilage maïs 2019 plus lactogène que le précédent », signale Philippe Busnel, nutritionniste chez Eilyps (Ille-et-Vilaine­). Il remarque aussi une teneur en MAT un peu plus élevée que l’an passé : de 7 à 7,5 %.

Dominique Grémy
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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