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« Le parrainage a sécurisé notre association »

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Matthieu Merceur était salarié d’une ETA et ne trouvait pas de ferme pour s’installer, quand il a rencontré Lionel Berder qui, lui, souhaitait alléger sa charge de travail. © P. Le Cann

Expérience. L’un voulait s’installer, l’autre cherchait un associé. Grâce au parrainage, ils ont tranquillement appris à se connaître et à travailler ensemble.

Nous sommes en 2015. Lionel Berder gère seul son exploitation à la suite du départ de son père pour raison de santé. Il livre 750 000 l de lait, avec 80 vaches sur 90 ha, à Coat-Méal (Finistère). La charge de travail est trop lourde et ne laisse guère de place à sa vie de famille. Il aimerait trouver un associé. « Je pensais qu’un salarié ne conviendrait pas car le coû...
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Nous sommes en 2015. Lionel Berder gère seul son exploitation à la suite du départ de son père pour raison de santé. Il livre 750 000 l de lait, avec 80 vaches sur 90 ha, à Coat-Méal (Finistère). La charge de travail est trop lourde et ne laisse guère de place à sa vie de famille. Il aimerait trouver un associé. « Je pensais qu’un salarié ne conviendrait pas car le coût est élevé pour un nombre d’heures limitées », raconte-t-il.

À la même époque, Matthieu Merceur est salarié dans une ETA depuis sept ans. Il possède un BTS Acse et connaît bien l’élevage laitier. « Mon père avait une ferme laitière, mais elle n’était pas viable. » Son emploi commence à lui peser, il fait beaucoup d’heures à des périodes où tant d’autres sont en vacances. Il voudrait s’installer mais n’a aucune ferme en vue.

Les deux hommes se rencontrent un peu par hasard, quand Matthieu vient épandre du lisier chez Lionel. Ils comprennent que leurs attentes se complètent bien. Matthieu décide alors de contacter Anthony Froger, conseiller transmission à la chambre d’agriculture, à qui la formule du parrainage paraît bien adaptée à la situation. Un point de vue partagé par Lionel. Ils décident donc de se lancer. Matthieu­ négocie une rupture conventionnelle avec son employeur. Cela lui permet d’être indemnisé par Pôle Emploi pendant la durée du stage, qu’il démarre en octobre 2015. Il perçoit alors 70 % de son ancien salaire. Ainsi, même s’il travaille sur la ferme, il n’est pas question d’argent avec Lionel­. « Nous ne nous connaissions quasiment pas mais nous nous sommes lancés sereinement car il n’y avait pas d’engagement », indique Lionel. Ils étaient en effet libres d’interrompre l’expérience à tout moment.

L’exploitation a continué de fonctionner suivant le système mis en place par Lionel. Un rituel s’est instauré le matin, autour du café. Il s’agissait d’abord de répartir le travail­. Ils ont tout mis à plat pour caler l’organisation. Chacun a pu exposer ses souhaits et ils ont trouvé un partage des tâches qui leur convenait à tous les deux.

« La même vision sur des sujets essentiels »

Petit à petit, un projet d’association a pris corps. Ils ont discuté ensemble de la taille du troupeau, de la façon de monter en puissance, des investissements qui leur semblaient nécessaires. Puis sont arrivées les discussions sur le niveau de revenu qu’ils recherchaient mais aussi sur leurs parts respectives dans l’éventuelle future association. « Sur tous ces sujets essentiels, nous nous sommes aperçus que nous avions la même vision », précise Lionel. Parallèlement, Matthieu a fait connaissance avec la ferme. Qu’il s’agisse des animaux, des terres, des équipements, mais aussi des partenaires de l’élevage, Lionel lui a progressivement tout décrit. « Mon stage a duré près d’un an, et c’est très important de découvrir l’activité à toutes les saisons, affirme Matthieu. Je pense aussi que sur cette durée, on peut repérer les incompatibilités si elles existent. »

Un bilan positif, quatre ans après l’installation

Pendant cette période, Matthieu a commencé une formation à l’installation. Le projet a ainsi été discuté et chiffré, en accord avec son parrain. Dix mois plus tard, tout était prêt pour l’installation de Matthieu avec Lionel. Elle s’est donc concrétisée le 4 octobre 2016 : ils ont créé un Gaec à 50/50. « Nous voulions tous les deux être à égalité dans la structure comme en matière de revenu. J’ai utilisé mon prêt JA pour financer mes parts », précise Matthieu.

Il a apporté les 12 hectares de la ferme de son père et obtenu un volume de référence de 232 000 l de lait avec la laiterie (Even), dont 32 000 l en volume B. Les éleveurs ont investi dans un deuxième silo pour le maïs et dans une mélangeuse. Ils ont aménagé un espace pour les taries dans un hangar, afin de libérer des places dans le bâtiment principal pour les vaches en production.

L’organisation du travail mise en place pendant le stage a perduré. Ils alternent des cycles d’une semaine. L’un s’occupe de la traite et démarre à 6 h le matin, pour terminer à 19 h. L’autre se charge alors de l’alimentation et des soins aux animaux. Sa journée s’étale de 8 h à 17 h 30. La bascule s’opère le vendredi, avec passage des consignes le matin. La ration du week-end est fabriquée le vendredi et les éleveurs utilisent des conservateurs. Celui qui termine la semaine de traite est en week-end du vendredi midi au lundi matin. Le planning des week-ends et des congés est établi plusieurs mois à l’avance, afin que chacun puisse organiser son temps libre.

La charge de travail est assez lourde pour celui qui se retrouve seul quand l’autre est en congés mais elle reste supportable. Le troupeau est monté à 120 vaches holsteins grâce à des achats. Les éleveurs avaient prévu de produire leur volume supplémentaire en trois ans. Cette stratégie, décidée en commun, ne s’est finalement pas avérée la meilleure. « Les quinze premières vaches que nous avons achetées n’ont pas fait carrière. En 2018, il nous manquait 120 000 l de lait pour atteindre nos objectifs de livraison. » Les éleveurs ont assumé ensemble cette mauvaise année. La situation s’améliore depuis.

Les associés se partagent aussi les relations avec l’extérieur. Matthieu est administrateur à la Cuma et participe à un groupe lait avec la laiterie. Lionel suit une formation avec le centre de gestion en vue de maîtriser la comptabilité. « Cela me paraît essentiel mais avant, je ne pouvais pas quitter la ferme. » Matthieu suivra lui aussi cette formation.

Quatre ans plus tard, les deux associés sont pleinement satisfaits. Matthieu a trouvé un moyen de s’installer dans de bonnes conditions. Quant à Lionel, il « revit » grâce au temps dont il dispose désormais. Il le consacre à sa famille d’abord, mais aussi à la formation. C’est ainsi qu’il a découvert le croisement Procross au cours d’une réunion organisée par le CERFrance. Séduits et soucieux d’améliorer la robustesse de leurs vaches, Matthieu et Lionel croisent tous leurs animaux depuis un an et demi.

Pascale Le Cann
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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