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Sodiaal rabote son prix B

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© J.-M. Nossant

La coopérative a réduit son prix B du lait de 11,40 €/1 000 l à la mi-décembre. Comment Sodiaal justifie cette décision ? Par une rectification des indicateurs de la valorisation beurre poudre publiés par le Cniel, l’interprofession laitière.

« Merci de votre compréhension », c’est ainsi que se termine la lettre adressée aux éleveurs livrant à Sodiaal en date du 17 décembre 2018. Inutile de préciser qu’elle a reçu un accueil plutôt glacial à la veille des fêtes de fin d’année.
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« Merci de votre compréhension », c’est ainsi que se termine la lettre adressée aux éleveurs livrant à Sodiaal en date du 17 décembre 2018. Inutile de préciser qu’elle a reçu un accueil plutôt glacial à la veille des fêtes de fin d’année.

Tous les mois, le Cniel procède à une analyse des tendances des marchés des produits laitiers à partir des données du ministère de l’Agriculture et publie des indicateurs dont celui de la valorisation beurre poudre, utilisé dans la construction du prix B pour le mois suivant chez Sodiaal.

Alors qu’il était annoncé à 301,9 €/1 000 litres en novembre, Sodiaal a réajusté son prix B à hauteur de 290,5 €/1 000 litres en cours du mois de décembre faisnt suite à « une modification des indicateurs par FranceAgriMer ».

La révision des résultats de l’enquête de prix sur les produits laitiers menée par FranceAgriMer a été confirmée par le Cniel qui indique néanmoins ne pas avoir mis à jour son indicateur de valorisation beurre poudre pour le mois de novembre.

Alexandra Courty
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analystes@oda-agri.fr

La coopérative a corrigé son prix B du lait de 11,40 €/1000 l à 293,20 €/1 000 l. La filière semble s’en étonner pour ne pas dire émouvoir. C’est une mauvaise nouvelle pour les éleveurs. C’était cependant largement prévisible.

Tout d’abord, que l’on veuille ou non, dans un marché ouvert, ce sont les prix mondiaux qui impactent le prix local et non l’inverse. Les prix mondiaux des produits laitiers, qu’est-ce que ? Ce sont des poudres de lait, du beurre, autrement dit, de la valorisation beurre-poudre au niveau international. Cet indicateur, après avoir flambé au début de l’automne 2017 est sur une tendance baissière depuis le mois de juin. Il définit la valeur du lait stocké sous forme de commodités.

En effet, tout le lait ne peut être transformé en fromage AOP. C’est même, au niveau mondial une infime quantité qui est ainsi valorisée. Aussi, il faut d’abord avoir un client pour ces produits périssables. Donc tout volume poussé (ou excédentaire par rapport aux débouchés immédiats) doit être stocké … sous forme de poudre ou de beurre (Comté, Mimolette d’Isigny ou Parmesan mis à part). Cela détermine son socle du prix du lait partout dans le monde. Les autres produits laitiers, avec des délais spécifiques à chacun, y sont corrélés moyennant une prime.

La valorisation beurre-poudre a chuté depuis l'automne dernier. Le prix du lait a immédiatement corrigé en Nouvelle Zélande et on sait que ce prix finit par être suivi par les autres bassins de production, Union européenne incluse. Selon les pays, cela prend environ deux à six mois. Nous y sommes pour la part transformée en beurre-poudre. Pour les autres produits laitiers, le manque de lait permet de retarder cet ajustement des prix. Le Cniel et FranceAgriMer n’y sont pour rien. Ces deux institutions ne font que constater la réalité et fournissent les indices officiels.

Ensuite, en France, il y a deux types d’acteurs. Les coopératives et les privés pour faire simple. Ces derniers cherchent et chercheront à diminuer leur collecte française, plus onéreuse au regard de leurs stratégies internationales. A contrario, les coopératives assument la valorisation de la production de leur associés-coopérateurs. Or, un entrepreneur qui souhaite développer son talent et développer ses affaires a besoin de partenaires solides, capable d’absorber des volumes additionnels.

Et ce volume variable trouve parfois son client, parfois il doit être stocké. D’où le prix B. Sans cela, la production laitière française risquerait de se rétracter encore plus vite au fil des années et l’esprit d’entreprendre prendrait un sacré coup dans l’aile.

Le marché français n’affiche plus tellement de taux de croissance en termes de consommation. Aussi, les ventes additionnelles doivent être cherchées à l’exportation. Les privés « délocalisent » déjà une grande partie et poursuivront dans cette voie. Aux coopératives laitières de relever davantage encore le défi d’une dynamique aval qui permet de valoriser au mieux le lait amont. Elles ne manquent ni d’atouts, ni de talents.

Sodiaal ne rabote donc pas son prix B. Cette coopérative emblématique opère au diapason du marché qui signale actuellement une offre mondiale légèrement au-dessus de la demande. Le fort pic de la production néo-zélandaise est passé. Il pèse toujours sur les cours mondiaux. La collecte dans l’hémisphère Nord est davantage au ralenti en attendant la montée en puissance au printemps, d’une part. D’autre part, du côté de la demande, la guerre commerciale sino-américaine et le Brexit rendent les prévisions aléatoires.

Connecté à la valorisation beurre-poudre, le prix B est annoncé ces jours-ci pour le mois de janvier 2019. Il est difficile de sécuriser ses marges par anticipation dans ces conditions. D’une certaine manière, c’est conduire les entreprises agricoles par le rétroviseur alors que les outils pour anticiper loin existent. La coopérative néo-zélandaise Fonterra lance l’outil basé sur les cotations sur le marché à terme en 2019. L’irlandais Kerry expérimente ce même outil avec succès depuis l’été. Leurs éleveurs ont pu vendre jusqu’à 30% de leur volumes de lait 2019 entre 326 et 330 €/1 000 l. D'autres initiatives autour des EGA sont en cours.

En attendant que le prix B rime avec plan B, B comme bourse ou comme « bétonner ses marges » : Bonne année à toutes & à tous !

Stefan Nether
Directeur du développement
Offre & Demande Agricole

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