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La nécrose de la pince gagne du terrain

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La nécrose de la pince atteint plus souvent les membres postérieurs. Un trou est observé en pince, avec une corne noirâtre, voire avec un aspect irrégulier en nid d’abeilles. © Marc Delacroix

Prévention. Lésion douloureuse pouvant s’insinuer jusqu’à l’os du pied, la nécrose de la pince se révèle très difficile à soigner. Là encore, une détection précoce des boiteuses et un traitement rapide renforcent les chances de succès.

La nécrose de la pince est une lésion du pied douloureuse, à l’origine de boiteries modérées à sévères. Selon une étude de BCEL Ouest, réalisée à partir des données de parage de plus de 25 000 vaches, sa prévalence est passée de 1,9 % en 2014 à 3,5 % d’animaux atteints trois ans plus tard. Pas de quoi s’alarmer a priori, mais la nécrose de la pince...
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La nécrose de la pince est une lésion du pied douloureuse, à l’origine de boiteries modérées à sévères. Selon une étude de BCEL Ouest, réalisée à partir des données de parage de plus de 25 000 vaches, sa prévalence est passée de 1,9 % en 2014 à 3,5 % d’animaux atteints trois ans plus tard. Pas de quoi s’alarmer a priori, mais la nécrose de la pince (NP) n’en est pas moins un vrai problème en raison de la douleur engendrée, des pertes de production et de la difficulté à la soigner.

De plus, l’origine de cette lésion suscite encore de nombreuses questions. « Tout semble aller dans le sens d’une ouverture de la boîte cornée en pince par laquelle s’immiscent des matières fécales, des germes pathogènes d’environnement (dont possiblement ceux de la dermatite digitée), provoquant une infection qui se propage rapidement du pododerme jusqu’à l’os de la troisième phalange, explique Aurore Waché, chef de projet à l’Institut de l’élevage. C’est parfois une lésion sournoise d’apparence bénigne alors qu’elle envahit le pied en profondeur. »

Des traumatismes de la corne où pénètrent les pathogènes

Dans la majorité des cas, la porte d’entrée de la nécrose est une ouverture de la ligne blanche au niveau de la pince (d’où son nom), mais pas toujours. Trois théories sont retenues quant aux conditions de son apparition. Tout traumatisme de l’onglon semble être une porte d’entrée potentielle pour les pathogènes. Il s’agit d’identifier les facteurs de risque pour agir sur les bons leviers : par exemple, des sols trop abrasifs ou trop humides qui fragilisent la corne, les longues distances sur des sols durs et irréguliers (accès aux pâtures), la surdensité favorable aux bousculades, ou un parage excessif ou mal fait.

La rupture de vascularisation des tissus du pied (pododerme) induit la production de corne de moindre qualité. Elle est alors plus sensible aux chocs et aux ouvertures de lignes blanches. Ce phénomène peut avoir plusieurs origines :

des stations debout immobiles prolongées sur sols durs ;

la BVD, « le virus entraînerait une vascularité impliquant le pied. Mais cette hypothèse reste à confirmer », indique Aurore Waché ;

une lésion de fourbure ayant entraîné la dégénérescence du système de lamelles reliant l’os à la corne et un basculement de la troisième phalange.

Là où la Mortellaro est la plus présente

La dermatite digitée (Mortellaro) est aussi rapportée comme pouvant être associée à la nécrose de la pince. Pourtant, dans les études de BCEL Ouest, aucune lésion de dermatite n’a été relevée sur les pieds atteints de nécrose. « Cela interpelle car, par ailleurs, les cas de nécrose sont observés là où la maladie est la plus présente », souligne Yannick Saillard, vétérinaire de l’organisme de conseil. Selon une étude canadienne, des lésions de Mortellaro en face dorsale du pied entraîneraient une croissance anormale de la corne, d’où un décollement de celle-ci, dégénérant en NP. Une hypothèse qui doit inciter à mieux détecter les lésions de Mortellaro à l’avant du pied. Enfin, des liens avec des lésions telles que la rotation de l’onglon ou la seime longitudinale pourraient exister.

Un curetage de tout le tissu nécrosé

En matière de prévention (1), le respect des apports recommandés en minéraux, vitamines et oligo-éléments joue un rôle important sur la qualité de la corne, de l’épiderme et sur l’immunité. « Cet aspect n’est pas à évacuer, notamment pour les génisses. Mais dans les faits, tous les éleveurs laitiers apportent des minéraux à leurs vaches, souligne Yannick Saillard. En élevage, le facteur de risque prépondérant se situe au niveau du logement, en particulier en stabulation à logettes. » Les facteurs de risque liés au bâtiment sont donc à étudier dans le détail.

Avec les lésions peu étendues, un parage curatif large suffit, à condition d’être renouvelé régulièrement. Mais si la lésion est profonde, le traitement passe par un curetage chirurgical, voire par un retrait de tout ou partie de la troisième phalange. Un geste qui requiert l’intervention du vétérinaire, seul habilité à faire une anesthésie locale. « Le problème de la nécrose de la pince est qu’elle atteint très vite le pododerme, rappelle Marc Delacroix, vétérinaire formateur des pareurs à Rennes. Plus encore que pour toutes les lésions du pied, une prise en charge rapide est déterminante et commence par la détection précoce des boiteuses. »

Jérôme Pezon

(1) S’informer sur la reconnaissance et la gestion des boiteries sur boiterie-des-bovins.fr.

Trois niveaux de gravité ©
La ligne blanche est la corne translucide assurant la jonction entre la corne de la sole et celle de la muraille. On observe ici une ongestion de la ligne blanche sur le bord latéral de l’onglon externe. © N.Gaudout
Ligne blanche. Des lésions mécaniques sur sols durs

Tous les mouvements brusques sur des sols durs, abrasifs ou irréguliers peuvent provoquer une ouverture de la ligne blanche : par exemple, en aire d’attente, derrière le Dac, à la table d’alimentation, où les bousculades peuvent provoquer une pression exagérée sur le sabot. Le dérèglement de la pousse de la corne et le défaut de parage fonctionnel sont des facteurs de risques aggravants. La prévention vise à supprimer les passages trop étroits, les irrégularités du sol, les dénivellations ou les marches abruptes. L’usage de tapis peut être envisagé. Mais cela a un coût. On les mettra donc de préférence dans les zones de contraintes, celles de bousculades où les mouvements de rotation brusques peuvent provoquer une déchirure de la ligne blanche.

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