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« La Cuma gère le risque de contaminations d’OGM »

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Cuma L’Aubignaise. Elle compte six élevages manchois. Ceux de Jérôme Champvallon, du Gaec des Marettes, et de Jean-François Tapin © c.hue

Cuma-désilage. Dans les Cuma de désilage se côtoient des élevages sans aliments OGM et des élevages avec. Pour éviter les contaminations croisées, le réseau des Cuma a défini un protocole validé par le Cniel. La Cuma L’Aubignaise l’applique.

Les Cuma de désilage n’ont plus à démontrer leur intérêt. Elles ont pourtant failli trébucher sur la filière sans OGM. C’est que dans la tournée d’une désileuse automotrice peuvent cohabiter des élevages en alimentation sans OGM et d’autres en filière conventionnelle, avec le risque de contaminations croisées. « Nous avions peur que les cahiers des charges écartent les adhé...
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Les Cuma de désilage n’ont plus à démontrer leur intérêt. Elles ont pourtant failli trébucher sur la filière sans OGM. C’est que dans la tournée d’une désileuse automotrice peuvent cohabiter des élevages en alimentation sans OGM et d’autres en filière conventionnelle, avec le risque de contaminations croisées. « Nous avions peur que les cahiers des charges écartent les adhérents des Cuma de désilage », raconte Jean-François Tapin, administrateur de la FRCuma Ouest. Il est aussi adhérent d’une Cuma de désilage, la Cuma L’Aubignaise, dans la Manche, qui compte six élevages sur un circuit de 21 km. Les deux derniers sont sans OGM, dont le sien depuis le 1er avril 2020. Le coup de semonce est donné par Lactalis et son application du cahier des charges allemand Vlog. « En juillet 2018, nous avons interrogé Vlog sur les Cuma de désilage. Le référentiel allemand les accepte à condition de nettoyer la cuve de la mélangeuse à l’eau entre les éleveurs sans et avec OGM, explique Thierry Raimbault, de Lactalis. Nous avons jugé cette mesure dangereuse et ne l’avons pas retenue. » Malgré les travaux du Cniel qui ont abouti à un référentiel en janvier 2020, le groupe maintient cette position « pour sécuriser [sa] démarche sans OGM » (1).

Dans la logique de son plan de filière, le Cniel souhaitait en effet un référentiel français « pour les produits laitiers issus d’animaux nourris sans OGM ».

À la Cuma de choisir les mesures qui lui sont les plus adaptées

Au titre des Cuma, Jean-Francois Tapin participe aux discussions « interpros ». « Afin d’alimenter la réflexion, en lien avec le Cniel, le réseau des Cuma a testé en septembre 2019 trois rations sur ma ferme (encadré). Des échantillons ont été analysés, ce qui a permis d’élaborer des préconisations et de proposer un protocole au Cniel qu’il a accepté. »

Les mesures concernent l’organisation de la tournée de distribution, l’équipement de la machine et le chauffeur. Toutes ne sont pas obligatoires. Il revient à chaque Cuma de décider celles les plus adaptées à sa situation. « L’idéal est de commencer ou terminer le circuit par les élevages sans OGM », dit Jean-François Tapin. C’est son cas. L’exploitation, conduite avec son épouse Stéphanie, est la dernière du circuit. Avant lui, celle de Jérôme Champvallon est également sans OGM.

La Cuma L’Aubignaise gère par les génisses le passage d’un élevage avec OGM à un élevage sans. Les jeunes animaux ne reçoivent pas d’aliments achetés, ce qui protège les laitières du risque de contamination. « Leur ration fourragère est un ensilage d’herbe avec un peu de foin. Les fibres nettoient bien le fond de la cuve », ajoute Jérôme Champvallon, du Gaec des Marettes. Par précaution, chez Stéphanie et Jean-François Tapin, les génisses sont également les premières à recevoir la distribution. À 30 kilomètres de là, la Cuma de Moyon applique une autre préconisation : de la paille pour nettoyer le fond de cuve. Le cahier des charges indique 20 à 50 kg. « C’est plutôt une petite demi-balle ronde », estime Philippe Lesaulnier, un des cinq adhérents. Les quatre premiers de la tournée sont en filière sans OGM. Celui qui la débute introduit la paille et fait tourner à plein régime la machine durant plusieurs minutes. Elle sert ensuite de litière. Son coût est partagé entre les 4 éleveurs.

Un cône en haut de chaque vis

« Lorsque les génisses seront au pâturage, elles ne pourront plus faire tampon entre les deux types d’élevage, reprend Jérôme Champvallon, mais nous avons la chance que l’adhérent qui me précède soit100 % en tourteau de colza. L’autre solution serait un nettoyage par la paille. » En plus de toutes ces mesures, la Cuma L’Aubignaise va installer un cône sur le haut de la vis pour éviter qu’un peu de ration reste dessus. C’est dans les options d’achat de la désileuse automotrice qui vient d’être livrée.

Le réseau des Cuma n’a pas retenu le nettoyage de la cuve à l’eau dans le protocole élaboré pour le Cniel. « Comme les précautions prises sécurisent les élevages, nous ne l’avons pas jugé indispensable d’autant plus qu’il y a un risque d’accident. En outre, il nécessite un équipement à haute pression et une plateforme bétonnée pour récupérer les eaux », explique Jean-François Tapin. Les mesures décidées par la Cuma doivent être écrites dans son règlement intérieur.

Un contrôle avec analyse d’échantillons de rations est prévu l’année de l’entrée de l’exploitation dans la démarche, puis dans le cadre d’audits de suivi. Enfin, le chauffeur de l’automotrice doit suivre une formation.

La Cuma L’Aubignaise gère parallèlement la dimension sanitaire. La machine ne doit pas passer dans des endroits souillés et elle finit la distribution par les vaches qui bénéficient d’une alimentation de meilleure qualité. C’est cohérent avec le protocole sans OGM.

Claire Hue

(1) Savencia, en filière sans OGM plus récemment que Lactalis, utilise également le référentiel Vlog. Ses livreurs sans OGM en Cuma de désilage appliquent les mesures Cniel.

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