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« Je sème du maïs ensilage en juillet comme interculture »

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Depuis cinq ans Julien Legendre sème environ 8 ha de maïs d’indice 180 après la moisson pour le récolter en ensilage trois mois plus tard. © D.L.

Sécurité fourragère. L’implantation de variétés de maïs très précoces après la moisson de l’orge est une solution pour augmenter le stock de fourrage. Exemple dans la Sarthe où l’irrigation sécurise le démarrage et la croissance des plantes.

«Comme tous mes collègues, depuis plusieurs années, j’ai constaté que la date des premières moissons était de plus en plus précoce, souligne Julien Legendre, éleveur à Torcé-en-Vallée. Même dans la Sarthe, nous récoltons souvent les orges à la fin du mois de juin. C’est ce qui m’a incité, il y a six ans, à semer du maïs dès la moisson de l’orge, pour le...
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«Comme tous mes collègues, depuis plusieurs années, j’ai constaté que la date des premières moissons était de plus en plus précoce, souligne Julien Legendre, éleveur à Torcé-en-Vallée. Même dans la Sarthe, nous récoltons souvent les orges à la fin du mois de juin. C’est ce qui m’a incité, il y a six ans, à semer du maïs dès la moisson de l’orge, pour le récolter en ensilage à l’automne. J’utilise des variétés très précoces, d’indice 180 en général. L’objectif est d’arriver à maturité au plus tard début octobre. Au-delà, il peut geler, entraînant un risque de pertes ensuite lors de la conservation. » En 2018, Julien a moissonné le 30 juin. Le Gaec est équipé de sa propre moissonneuse-batteuse, ce qui permet de récolter à la date voulue. Deux jours plus tard, la paille était pressée et sortie de la parcelle.

La préparation du sol est réalisée avec un décompacteur à dents de fissuration Actisol. Le semoir est un outil à six rangs de marque Kuhn. Les disques ouvreurs assurent la mise en terre de la graine et une roue rappuie ensuite le sol. Le semoir est équipé de chasse-débris à l’avant pour écarter les résidus de la culture précédente. Afin d’éviter les bourrages, le semis est effectué en biais avec un angle d’environ vingt degrés par rapport au passage du décompacteur.

« L’irrigation est indispensable »

« Sur l’exploitation, une centaine d’hectares sont irrigables, ajoute Julien. Une sécurité pour choisir le maïs comme espèce d’interculture. J’arrose une première fois avant la levée pour améliorer l’efficacité du désherbage chimique. Ensuite, selon les années, je réalise trois ou quatre tours d’eau supplémentaires. Jusqu’à présent, l’irrigation est indispensable chaque année dans nos terres pour réussir le maïs semé aussi tardivement. Sans irrigation, le choix d’une autre espèce impliquerait certainement un rendement inférieur. »

L’itinéraire technique inclut régulièrement deux passages de désherbage : 1,5 litre par hectare d’Isard en post-semis, suivi d’une application, au stade 8 feuilles, de Nisshin à 0,5 l/ha associé à 0,2 l/ha de Callisto.

Julien Legendre épand aussi 100 kg d’urée au semis complétés par 100 kg d’ammonitrate au stade 10 feuilles. Pour cette année, Julien Legendre enfouira directement l’urée au moment du passage de décompacteur afin de limiter les pertes par volatilisation. Une trémie à l’avant du tracteur a été installée pour cela. L’engrais est propulsé par une soufflerie jusqu’aux descentes placées derrière chaque dent de l’outil de travail du sol : une technique déjà utilisée pour le maïs semé au printemps.

« Un bonus selon le rendement »

En 2018, ce maïs semé en interculture a été récolté le 28 septembre avec un rendement de 11 tonnes de MS par hectare. Un très bon résultat, d’autant que l’analyse fourragère a révélé une valeur UFL de 0,92. Le maïs est généralement stocké dans un silo de 20 mètres de large, rempli sur 10 mètres avec de l’herbe ensilée au printemps. Le tas est découvert et complété par le maïs, ce qui permet de n’avoir ensuite qu’un seul front d’attaque durant l’hiver. Il est généralement destiné aux génisses et aux taurillons à l’engraissement de novembre à février.

« Je ne compte pas sur cette production pour alimenter le troupeau, souligne Julien. Le maïs estival est plutôt un bonus qui s’ajoute au stock selon le rendement de l’année. En effet, il serait risqué de miser dessus pour boucler la ration, car certaines saisons, il se peut que la météo ne me permette pas d’en semer. Si fin août, la parcelle est prometteuse, je choisis soit de vendre une partie de mon maïs de printemps à d’autres éleveurs, soit d’en conserver sur pieds pour le récolter en grains. »

Denis Lehé

    À Torcé-en-Vallée, dans la Sarthe

    3 associés : Julien Legendre, son épousePascaline et Édwige Épineau

    320 ha de SAU, dont 100 ha de prairies, 30 ha de maïs ensilage et 8 ha de maïs après orge

    100 ha irrigables

    80 laitières pour une production de 620 000 l de lait

    60 allaitantes Salers

    Tous les veaux nés sur l’exploitation sont élevés, y compris les mâles

le maïs affichait un rendement de11 t de MS /ha avec une valeur de 0,92 UFL. © D.L.
La trémie d’engrais est placée à l’avant du tracteur. © D.L.
L’avis de…
« Il ne faut pas dépenser d’argent dans un travail du sol profond » L’avis de… Gilles Crocq, expert culture et fourrage chez Seenovia

« Semer des fourrages estivaux est une pratique intéressante pour compléter son stock avant l’hiver. Parmi les nombreuses espèces disponibles sur le marché, le maïs est la plante qui présente le meilleur compromis entre coût d’implantation et valeur du fourrage à récolter, à condition d’employer des variétés ultra-précoces à très précoces d‘indice 180 à 220 au maximum. En semant fin juin ou tout début juillet, il est possible d’atteindre 8 à 10 t de MS par hectare, si les conditions sont au rendez-vous. La fourniture en eau est primordiale pour assurer la levée et la croissance. Une fois la moisson passée, il n’y a pas de temps à perdre car plus l’implantation est tardive, plus le potentiel baisse. L’éleveur doit sortir la paille le plus rapidement possible de la parcelle en s’assurant tout de même qu’elle est suffisamment sèche pour se conserver. Si les interventions dans la culture précédente se sont faites dans de bonnes conditions de portance, il ne faut pas dépenser d’argent dans un travail du sol profond qui serait coûteux. Un sol léger, de type sable, et la possibilité d’irriguer par la suite facilitent aussi un semis très simplifié, comme c’est le cas chez Julien. Travailler le sol et semer en un seul passage est l’idéal pour conserver l’humidité. Un travail superficiel laisse souvent des résidus végétaux en surface. Les semoirs à grands débattements ou les modèles à disques sont donc les plus adaptés car moins sensibles aux risques de bourrage. Dans le cas d’un chantier décomposé, l’idéal est de commencer en toute fin de journée et de poursuivre dans la nuit pour conserver l’humidité. La contrainte est forte, mais la réussite est au rendez-vous en semis estival. »

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