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Les menaces cumulées du Covid-19, des Verts et du Brexit

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Tout le lait a été collecté et transformé, mais pas forcément vendu. P.L.C.

Toujours en croissance, la production laitière irlandaise pourrait être affectée par la récession économique. Le Brexit et le poids accru des Verts dans le gouvernement assombrissent aussi les perspectives.

Si la crise du coronavirus a déséquilibré les filières laitières partout en Europe, l’Irlande l’a vécue d’une manière particulière en raison d’un pic de production printanier particulièrement marqué. Les livraisons de lait y sont sept fois plus importantes au printemps qu’en janvier. En outre, ce pays exporte l’essentiel de sa production. Et les marchés internationaux ont reculé...
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Si la crise du coronavirus a déséquilibré les filières laitières partout en Europe, l’Irlande l’a vécue d’une manière particulière en raison d’un pic de production printanier particulièrement marqué. Les livraisons de lait y sont sept fois plus importantes au printemps qu’en janvier. En outre, ce pays exporte l’essentiel de sa production. Et les marchés internationaux ont reculé durant la crise, notamment pour le fromage et la poudre maigre.

Peu touchée par l’épidémie, l’Irlande a néanmoins imposé un confinement strict dès le 27 mars. Il restait en vigueur début juin. Les secteurs essentiels, dont font partie les industries alimentaires, ont continué à fonctionner. « Au moment du pic des livraisons, la capacité de transformation se trouve toujours sur le fil. Les industriels ont l’habitude de collaborer pour que, quoi qu’il arrive, tout le lait soit transformé », explique Catherine Lascurettes, responsable de l’Association des éleveurs laitiers irlandais. Elle participait le 3 juin à un Webinaire organisé par Idele.

Cette collaboration prend la forme de partage du personnel. Des salariés sont formés et disponibles pour aller chez l’un ou l’autre en fonction des besoins. Cette souplesse organisée s’est révélée particulièrement utile cette année.

Avec un nombre de vaches en progression et des conditions climatiques favorables, la production a augmenté de 3,6 % sur les quatre premiers mois de l’année. Tout ce lait a été collecté et transformé, mais pas forcément vendu. Le lait traditionnellement destiné à la restauration a été transformé en beurre et poudre. Si le marché des commodités a rebondi depuis fin avril, les stocks ont tout de même pesé sur le prix du lait. Il a perdu 3c/l en avril par rapport à mars, effaçant d’un coup les gains enregistrés depuis fin 2019.

Trois scénarios pour 2020

Des simulations ont été réalisées par Teagasc (1) pour tenter de dessiner les perspectives sur les prochains mois. Le scénario optimiste table sur un prix moyen en recul de 10 % en 2020 avec une production en hausse de 2 %. Le revenu serait en baisse de 21 % à 61000 €/exploitation en moyenne (1,9UTH). Le scenario moyen est basé sur une baisse de prix de 15 % avec 1 % de collecte en plus. Le revenu chuterait alors de 36 % à 49000 €. Enfin, le scénario pessimiste, dont la probabilité est jugée faible, verrait le prix du lait perdre 20 % tandis que la production faiblirait de 3 %. Les revenus resteraient positifs à 39000 € mais seraient en recul de 49 %.

L’ampleur de la récession économique et son impact sur la consommation restent à évaluer. De plus, l’Irlande a élu de nouveaux députés en février. Aujourd’hui, le gouvernement ne fait qu’expédier les affaires courantes. Car une nouvelle équipe doit se mettre en place, avec une présence accrue des Verts. Or, des problèmes de pollution de l’eau liée à l’élevage laitier commencent à apparaître dans le sud du pays. Le projet européen Farm to Fork inquiète aussi. Mais la menace majeure vient du Royaume-Uni qui achète aujourd’hui 30 % des produits laitiers irlandais. « Le Covid-19 permet aux Britanniques de cacher bien des effets du Brexit et d’avancer vers un No Deal », avance Catherine Lascurettes. Une perspective dont l’impact serait majeur sur la filière laitière irlandaise.

Pascale Le Cann

(1) Teagasc est un établissement semi-étatique chargé de recherche et développement et de services d’enseignement et de conseil dans les secteurs agricole et agroalimentaire.

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