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Reprendre des exploitations laitières de plus en plus grandes dans un contexte de volatilité des prix et d’incertitudes devient difficile. Revoir les conditions de reprise et de financement s’impose si l’on veut renouveler les générations.

Alors que 37 % des élevages laitiers ont disparu en dix ans, et que la moitié des producteurs restants ont plus de 50 ans, la filière s’interroge sur la transmission de ses exploitations. L’enjeu est de taille : il en va de l’approvisionnement des entreprises et de la dynamique des territoires. Avec seulement une exploitation reprise sur trois, le rythme actuel est très insuffisant. « Chaque année, la chambre d’agriculture...
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Alors que 37 % des élevages laitiers ont disparu en dix ans, et que la moitié des producteurs restants ont plus de 50 ans, la filière s’interroge sur la transmission de ses exploitations. L’enjeu est de taille : il en va de l’approvisionnement des entreprises et de la dynamique des territoires. Avec seulement une exploitation reprise sur trois, le rythme actuel est très insuffisant. « Chaque année, la chambre d’agriculture de la Manche organise une installation dating, témoignait un éleveur normand, le 13 novembre dernier, à Paris, lors d’un séminaire Cniel et France Agrimer. Il y a cinq ans, nous avions trois fois plus de candidats que de cédants. C’est l’inverse cette année. Dans mon Gaec, trois associés sur cinq vont partir. Pour le premier départ à la retraite, nous n’avons que deux contacts. » Une situation qui se généralise dans de nombreuses régions.

Volume de lait augmenté de + 64 % en dix ans

En France, comme dans la plupart des pays européens (avec quelques exceptions, telle l’Irlande), la filière laitière souffre d’une perte d’attracti­vité. En cause : la charge de travail insuffisamment rémunérée, l’agribashing, la concurrence des grandes cultures dans certaines régions. S’y ajoute la lourdeur des capitaux à reprendre dans un environnement de plus en plus incertain (clima­tique, politique agricole…). « Les installations, trop peu nombreuses­, se font sur des exploitations qui se sont agrandies depuis la fin des quotas, rappelle Emmanuel Beguin, d’Idele. De 270 200 litres par livreur en 2008, le volume de lait est passé à 443 400 en 2018, soit + 64 % en dix ans, ce qui renchérit le montant du capital à reprendre, les besoins en financement et en garanties. »

La valeur patrimoniale l’emporte souvent sur la valeur économique

Selon le CerFrance, qui a examiné à la loupe 372 dossiers d’installation entre 2012 et 2015, l’actif moyen à reprendre (tout statut juridique confondu) est de 1 070 €/1 000 litres, avec des écarts entre les zones : 1 400 €/1 000 l en Savoie, 980 € dans l’Ouest. Facilitatrice, la forme sociétaire contribue à diluer les actifs à reprendre sur plus d’UMO, bien qu’en Gaec, les structures soient de plus en plus importantes : 223 646 € en individuel, 174 881 € en société.

En revanche, les enjeux en matière de relations humaines sont plus importants. Les montants d’investissement pour modernisation et développement réalisés par les JA (103 000 € par an pendant trois ans) sont aussi supérieurs à ceux des exploitations en vitesse de croisière. Résultat : trois ans après l’installation, la valeur moyenne des actifs est de 1270 € par 1000 litres.

La surévaluation des valeurs d’actif constitue l’un des freins majeurs à l’installation des jeunes en élevage. La valeur patrimoniale, plus élevée de 30 % en moyenne, l’emporte le plus souvent sur la valeur économique, souvent calculée, rarement utilisée. « La vision culturelle, c’est-à-dire la notion de propriété et de valeur du travail des cédants, reste dominante pour évaluer les actifs », constate Nathalie Velay, du CerFrance. Le niveau des pensions de retraite insuffisant ainsi que la concurrence d’autres activités, telles que les cultures, alimentent cette situation. Sans parler des pas-de-porte encore existants dans le nord de la France. Aujourd’hui, faute de valoriser leur patrimoine à la hauteur souhaitée, des cédants préfèrent ne pas transmettre l’atelier lait et donner leurs terres à travailler à façon. Demain, avec une pyramide des âges de plus en plus défavorable aux anciens, l’acceptation de la dépréciation des actifs sera-t-elle une condition de la réussite d’une installation ? « Pour l’instant, la plupart des interlocuteurs essaient de trouver un compromis entre l’équité familiale, la pérennité de l’entreprise, la garantie d’un capital retraite », note Nathalie Velay.

Dans un contexte d’intensité capitalistique croissante, de volatilité des prix et des revenus, la question de la reprise des exploitations et du financement de l’installation doit être reposée. D’autant plus que les jeunes ne bénéficient plus des conditions favorables qui ont prévalu dans les années 1970-1980. « La génération qui va partir à la retraite a profité de l’inflation et des prêts bonifiés dont les taux étaient très en dessous de ceux du marché, soit 4 % au lieu de 12 %, observe le président d’Alsace Lait, Michel Debes. Aujourd’hui, peut-être devrions-nous envisager d’accorder des prêts négatifs aux JA. »

Des leviers existent : il faut les adapter

Après enquête, Idele a identifié une vingtaine de leviers susceptibles de faciliter les reprises, en limitant l’actif à racheter, en rendant le parcours d’installation plus progressif, en améliorant le financement des investissements, en sécurisant le revenu. « La location des bâtiments, la mise en commun du matériel, le crédit-bail ou leasing, la délégation de l’élevage des génisses peuvent contribuer à réduire le montant de l’actif à racheter, énumère ainsi Emmanuel Beguin, d’Idele. Des outils de portage du foncier et du capital, déjà mis en œuvre dans l’artisanat, ou utilisés dans des pays anglo-saxons, existent : dotation unique d’épargne et de transmission, sharefarming, société de fait avec copropriété, formes sociétaires coopératives, fonds d’investissement, etc. Mais pour être repris chez nous, ils réclament une adaptation réglementaire ainsi qu’une acceptabilité sociale. Certains modes de financement, qui dissocient nettement le travail du portage du capital, portent une nouvelle conception de l’exploitation, plus entrepreneuriale. Elle diverge d’une vision patrimoniale très ancrée en France. » Certains outils existants, tels que les fonds de cautions ou les prêts vendeurs, mériteraient également d’être mieux connus.

Depuis 2017, 205 dossiers représentant 138 millions de litres de lait et 57 millions d’euros de crédits ont fait l’objet d’une participation de garantie de la part de Sogal-Socamuel, une société de cautionnement spécifique à la filière laitière. Agréée par la Banque de France, elle intervient en lien avec le Crédit agricole, le Crédit mutuel et la Banque populaire. Ses garanties apportent une sécurité équivalente à celle d’une hypothèque mais un fonctionnement plus souple et pour un coût inférieur (entre 1,6 et 2,7 % selon le montant des emprunts contre­ 3 à 4 % pour une hypothèque, sans compter les frais de levée de celle-ci). Sogal-Socamuel propose également des cautions sur des prêts BFR (besoin en fonds de roulement) et des garanties crédits vendeurs.

Alors que les laiteries accompagnent, avec plus ou moins d’efficacité, les jeunes installés, les JA militent pour un dispositif de maintien de marges pendant les cinq premières années d’installation.

« L’objectif est d’assurer un revenu de deux Smic par an, ce qui est cohérent avec l’ambition du plan filière lait, explique Éric Fleury, producteur de lait AOP camembert dans l’Orne et responsable du groupe lait chez les JA. Le dispositif est basé sur l’indicateur Milc de l’Institut de l’élevage [NDLR : marge Ipampa lait de vache sur coût total indicé]. Il serait financé par tous les acteurs de la filière par un prélèvement de quelques euros aux 1000 litres. » Validé par la FNPL (Fédération nationale des producteurs laitiers), le projet doit être présenté au conseil d’administration du Cniel début 2020.

Anne Bréhier
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Commenter cet article 1 commentaires
earl-chambon@orange.fr

Qu'il commence déjà a s'occuper de ceux qui sont en place en payant un prix du lait correctement,j'ai 35 ans tout mes collègue fils d'agriculteur laitier travaille dans le TP ou bâtiment il font des bons salaires et travaille pas le week end il sont près a revenir dans le métier mais pour gagner de l'argent comme toute entreprise, aux industriel de se remettre en cause car se sera les suivants a disparaître bonne soirée

Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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