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Les laiteries et leurs livreurs pas tous logés à la même enseigne

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LSDH.Pour répondre à une augmentation de ses ventes de lait UHT de 40 % en mars, la laiterie Saint-Denis-de-l’Hôtel (Centre) a dû puiser dans ses stocks. © Cédric FAIMALI

Disparités. Selon leur mix-produit et leurs capacités industrielles, les entreprises sont apparues plus ou moins exposées à la crise.

Le chamboulement des circuits de distribution lié au Covid-19 n’est pas vécu avec la même gravité par toutes les laiteries. Voyez-y l’effet de leur mix-produit plus ou moins exposé à l’exportation, plus ou moins dépendant de la RHF et des rayons à la coupe… Des débouchés qui se sont écroulés. La capacité industrielle à digérer ce lait devenu excédentaire joue aussi...
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Le chamboulement des circuits de distribution lié au Covid-19 n’est pas vécu avec la même gravité par toutes les laiteries. Voyez-y l’effet de leur mix-produit plus ou moins exposé à l’exportation, plus ou moins dépendant de la RHF et des rayons à la coupe… Des débouchés qui se sont écroulés. La capacité industrielle à digérer ce lait devenu excédentaire joue aussi. Dans le meilleur des cas, il a pu être redirigé pour satisfaire le boum de la demande des GMS en produits basiques (lait UHT, beurre, crème, fromages en libre-service). Au pire des cas, les entreprises en ont fait du beurre-poudre, et en dernier recours ont vendu sur le marché Spot. Mais à vils prix.

Pas de saisonnalité chez Lactalis en avril-mai

On a senti dès le début de la crise, via la fixation du prix du lait, la relative sérénité des uns, la fébrilité des autres. Les éleveurs « Lactalis » évitent la saisonnalité en avril et mai. Le 328 € (38/32) dans l’Ouest, négocié avec l’OPLB, l’Unell et FMBGO ou imposé à l’OPLGO, n’est pas très éloigné de ce qu’aurait donné la formule de prix : - 1 à 2 % seulement.

A contrario, les « Sodiaal », du Grand-Ouest et de l’Est, pas familiers d’une saisonnalité au printemps, feront sur avril et mai une avance de trésorerie de 20 € à leur coopérative. Et ils se sont satisfaits en avril d’un lait A payé à 315,30 € (38/32)… un niveau bas décidé par Sodiaal pour les inciter à réduire leur production. Savencia a eu la même argumentation pour justifier son - 20 € de saisonnalité en avril et mai, - 10 € en juin. Ce qui, dans l’Ouest, fait un prix de 316,21 € sur avril et mai, 326,21 € sur juin. Pour être sûr que les producteurs modèrent leur livraison, Savencia a fait appeler individuellement tous les livreurs Sunlait par ses ARC. Cela pour baisser de 5 % en avril par rapport à mars 2020. Ce zèle n’est sans doute pas étranger au mix-produit du fromager : 43 % sont des PGC export, débouché très malmené. Savencia ne peut pas non plus, comme un Lactalis ou un Sodiaal, se « rattraper » sur la fabrication de lait UHT ou de beurre… aujourd’hui plébiscités en GMS.

Eurial sur la corde raide

Autre fromager très impacté par l’écroulement de ses ventes en RHF (- 70 %), aux rayons à la coupe et à l’export (- 50 %), le groupe Ermitage (390 Ml de lait conventionnel). Pour s’adapter, il a cessé certains produits (brie, tartes, etc.), a réduit fortement son activité pâtes molles, pour fabriquer d’autres fromages (emmental, raclette, etc.) et de la poudre. Sa tour de séchage, un investissement de 2015 initialement dédié au lactosérum, tombe ainsi à pic.

Eurial (2,4 Mds l), dont 900 Ml sont transformés en mozzarella, caséine et poudre de lait, est aussi sur la corde raide. D’autant plus qu’un de ses deux sites de mozzarella a brûlé en mars. « Face à l’export réduit à peau de chagrin, nous congelons 50 % de notre fabrication de mozzarella, indique Pascal Lebrun, le président d’Eurial. Nous avons augmenté nos ventes de produits frais de 10 %, de beurre et crème de 20 % et celles de lait UHT de 25 %, mais c’est loin de compenser la chute de la RHF. Notre excédent de collecte s’élève à 5 % en avril, écoulé sur le marché Spot. »

À l’ULM, coopérative de collecte (400 Ml), les choix ont été drastiques pour limiter les ventes en Spot : - 5 % sur les livraisons d’avril et mai (- 7,5 et - 12 % pour ceux dépassant leurs prévisions de mars de 10 et 20 %), et 50 €/1 000 l pour le lait de trop. Signe des difficultés­ rencontrées, ses sociétaires se contenteront en avril de 290 €/1 000 l.

Saint-Père et LSDH moins tourmentés que beaucoup

Ces situations contrastent avec celle de Saint-Père. La filiale d’Intermarché a réorienté ses 15 % de lait perdus avec la RHF vers du lait UHT et de l’ultra-frais. La laiterie, qui n’éprouve pas le besoin de réduire sa collecte, a reconduit ses prix de 2019 : 335 € en avril et mai, 345 € en juin.

De même, LSDH n’est pas des plus à plaindre, avec 90 % des 250 Ml collectés dédiés au lait liquide. En mars, il lui a fallu puiser dans ses stocks pour accompagner des ventes en hausse de 40 %. Le chiffre d’avril est moindre, mais les ventes toujours soutenues, et l’usine est à la limite pour suivre les commandes. Cette relative sérénité se traduit aussi dans le prix du lait annoncé pour avril en lait standard : 333,80 €… après déduction de 15 € de saisonnalité.

Une enquête de La rédaction
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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