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Foin regain Une qualité au top mais vigilance sur la fibrosité

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Excellentes conditions. La majorité des foins s’est récoltée en mai sur le massif du Jura, dans d’excellentes conditions. Ce qui se traduit dans les valeurs alimentaires. © Claudius THIRIET

Lactogène.Il faudra cet hiver gérer avec doigté le duo foin-regain 2020, d’un profil assez prometteur. Gare aussi, pour tenir dans la durée, aux stocks en partie rognés cet été.

Après deux sécheresses, les éleveurs du massif du Jura ont compris la musique. Alors quand, comme cette saison, en mai, une fenêtre de beau temps est là, les faucheuses sont de sortie. Et peu se risquent à attendre pour assurer le rendement. Sortir très tôt, c’est aussi espérer une seconde coupe avant le 1er juillet et l’absence de pluies qui suit. Ce fut le cas cette année.
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Après deux sécheresses, les éleveurs du massif du Jura ont compris la musique. Alors quand, comme cette saison, en mai, une fenêtre de beau temps est là, les faucheuses sont de sortie. Et peu se risquent à attendre pour assurer le rendement. Sortir très tôt, c’est aussi espérer une seconde coupe avant le 1er juillet et l’absence de pluies qui suit. Ce fut le cas cette année.

Les 80 analyses 2020 d’Eva Jura en témoignent : on a rarement fauché mas­sivement si tôt sur le Jura. En moyenne, les foins se sont faits au 25 mai, avec un quart inférieur au 18 mai et un quart supérieur au 26 mai. En 2019, la date moyenne, au 6 juin, cachait des écarts plus grands (quart inférieur au 25 mai, quart supérieur au 20 juin). Le gros des foins analysés dans le Doubs et le Territoire­ de Belfort s’est aussi récolté sur mai en plaine et sur les premiers plateaux (200-320 mètres). En altitude, certains ont plutôt été récoltés sur juin, voire juillet.

Énergie et azote combinés sur les foins de mai

Cette fauche précoce combinée à des conditions excellentes, on obtient un foin très bien équilibré, alliant énergie et matière azotée… Du jamais vu depuis vingt ans sur le Jura : on est à 0,75 UFL, avec des écarts de 0,72 UFL en plaine à 0,77 UFL sur les plateaux. En 2019, un bon millésime, les foins titraient 0,73 UFL (0,62 UFL en 2016, et 0,65 UFL en 2013).

Les foins réalisés mi-juin sur le Haut-Jura sont du même acabit. Logiquement, le foin ventilé, récolté plus tôt (en moyenne le 19 mai), fait encore mieux, à 0,78 UFL, que celui fané au sol, 10 jours plus tard, à 0,73 UFL.

Le niveau de protéines n’est pas en reste. « Alors que l’on observait, depuis 2013, une tendance à la baisse, 2020 détonne, à 10,3 % de MAT. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis 2011 », souligne Vincent Mamet, d’Eva Jura.

Cet équilibre énergie-azote transpire à travers les PDI, avec un rapport PDIN/PDIE moins gênant que d’habitude. Les foins titrent 66 de PDIN et 78 de PDIE. En 2019, le rapport était de 56/74. La contrepartie de cette première coupe précoce est le rendement pénalisé par un printemps plutôt sec. Ce foin jeune manque aussi de structure, à 28 % de cellulose, mais est a assez appétent avec 12 % de sucres solubles.

On retrouve le même profil de foin de bonne facture dans le Doubs et le Territoire de Belfort pour ceux récoltés sur mai, toutes altitudes confondues : 0,77 à 0,78 UFL, 9,8 à 10,8 % de MAT, 65 à 71 g/kg de MS de PDIN, 80 à 81,6 g/kg de MS de PDIE, 26 à 27 % de cel­lulose et 14,6 à 15 % de sucres. Le niveau est un peu en deçà pour les foins de fin juin début juillet (0,73-0,77 UFL, 8,2 à 8,4 % de MAT). Et cela apparaît dans le rapport­ PDIN/PDIE : 54,3 à 55,3 / 74,5 à 76,7.

Des regains un peu décevants

Du côté des regains, dont beaucoup ont été récoltés sur juin et début juillet dans le Jura (hors Haut-Jura), la qualité s’annonce correcte. On les retrouve à 0,8 UFL, mais à 13,2 % de MAT… Décevant. C’est moins que l’an dernier, où il y avait eu une troisième coupe excellente. Cette année, elle a été pâturée, quand il y en avait encore après la sécheresse. Même valeur alimentaire dans le Doubs et le Territoire de Belfort sur les regains de juillet, à 0,81 UFL, 13,2 % de MAT. « On était un cran au-dessus l’an dernier, à 14,7 %. Ils ont été pénalisés par la sécheresse », note Louise Crépeau, de Conseil Élevage Doubs-Territoire de Belfort.

Trois conseils prioritaires

Un bilan des stocks fourragers indispensable. Ce conseil commun à Louise Crépeau et Vincent Mamet, qui relève du b.a.-ba, s’impose plus que jamais. Les volumes de foin récoltés n’ont pas été extraordinaires. De surcroît, beaucoup ont dû affourager en fin d’été et cet automne, comme durant l’hiver, pour pallier la sécheresse. Reste à voir quelle aura été la durée effective du pâturage d’automne après le retour des pluies fin septembre. « En fonction des stocks, il s’agira d’adapter le troupeau ou, le cas échéant, d’acheter du fourrage pour ceux qui en trouveront sur la zone comté. Quant à l’achat de foin et paille hors zone autorisée pour les génisses, son impact financier risque d’être douloureux », note Vincent Mamet.

Gérer le risque de gros repas. Comme en 2019, il s’agira de travailler avec du foin pauvre en cellulose et appétent, mais sans le levier de parcelles récoltées plus tard avec du fourrage plus grossier. C’est sans ce filet qu’il faudra « gérer le risque de gros repas avec des animaux qui peuvent ingérer trop vite, aux dépens de la digestion des fibres et de l’efficacité de la ration », rappelle Louise Crépeau­. « Surveiller l’ingestion, c’est peser ses bottes ou utiliser un peson sur griffe pour savoir ce que l’on distribue », ajoute-t-elle. Dans ce contexte de fibrosité à risque – que les regains associés n’amélioreront pas –, mieux vaudra fractionner les apports de céréales. Les valeurs UFL des foins même tardifs étant bonnes, nul besoin, cette année, de céréales très fermentescibles comme le blé ou le triticale.

S’autoriser une source d’azote moins fermentescible. Une fois n’est pas coutume, inutile, cet hiver, de miser sur des sources d’azote plus fermentescible. Dans la plupart des cas, le fourrage en est assez pourvu pour que la panse fonctionne bien.

On peut donc s’autoriser des concentrés azotés moins riches en la matière… Et donc aller sur des mélanges de tourteaux plus riches en soja qu’en colza. A contrario, ceux qui, dans le Doubs, ont fané sur juin, voire juillet, devront peut-être privilégier le colza pour ramener de l’azote soluble… Surtout si le regain leur manque.

Jean-Michel Vocoret
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