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Ce que veulent les repreneurs

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Johan (à dr.) et Charlène Grimault, frère et sœur, deviennent tous deux éleveurs laitiers cette année, sur deux fermes distantes de 80 km. Johan aux côtés de ses parents, Charlène auprès de son compagnon, Vincent. © Nathalie Tiers

Un tiers des installations aidées se font hors cadre familial. Ce sera peut-être plus demain, la moitié des producteurs ayant plus de 50 ans. Comment répondre aux attentes de ces repreneurs ? Enquête dans les répertoires départ-installation régionaux.

«Je suis en Gaec avec mon frère. Nous projetons tous les deux de partir à la retraite dans quatre ou cinq ans. Sans enfant, neveu ou nièce pour reprendre, nous nous acheminons vers une vente de notre outil. Trouverons-nous un acquéreur ? Car nous ne sommes pas les seuls éleveurs sur le marché désireux de vendre. De plus, notre ferme, très intensive, correspond-elle aux attentes des jeunes d’aujourd’hui ? ...
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«Je suis en Gaec avec mon frère. Nous projetons tous les deux de partir à la retraite dans quatre ou cinq ans. Sans enfant, neveu ou nièce pour reprendre, nous nous acheminons vers une vente de notre outil. Trouverons-nous un acquéreur ? Car nous ne sommes pas les seuls éleveurs sur le marché désireux de vendre. De plus, notre ferme, très intensive, correspond-elle aux attentes des jeunes d’aujourd’hui ? » s’inquiète Benoît, 56 ans, éleveur dans la Manche. Bon nombre d’éleveurs sans successeur familial se posent ces questions. Et cette tranche d’âge est majoritaire dans le secteur agricole. « En Normandie, 56 % des chefs d’entreprises agricoles ont plus de 50 ans », confirme Céline Collet, en charge de l’installation-transmission à la chambre régionale d’agriculture. Cette démographie se télescope avec une baisse du nombre de candidats.

Trois candidats pour une exploitation, voire moins

C’est ce qu’exprime le répertoire départ-installation normand (RDI), même s’il n’est que la partie émergée des cessions d’exploitations. Toutes productions confondues, il enregistre seulement trois candidats pour une ferme à reprendre. « En lait, depuis la fin des quotas, le cédant sans successeur n’est plus en position de force », observe Christian Body, conseiller au Point accueil installation de la Manche. « Les jeunes en structure sociétaire [NDLR : 70 % des installations aidées] ou les collègues éleveurs ont moins besoin des terres voisines pour produire plus. » Sauf, bien sûr, dans les secteurs à forte pression foncière, par exemple pour répondre à des besoins d’épandage.

Même constat au RDI breton. « En Bretagne, depuis deux ou trois ans, nous sommes en moyenne en dessous­ des trois candidats pour une ferme », note Françoise Filet, responsable de l’équipe Installation entreprise des chambres d’agriculture de Bretagne. Certes, ce recul s’explique en partie par les exploitations porcines qui souffrent d’un manque de candidats. « Cela peut se produire aussi en lait. Le nombre de candidats sérieux varie entre zéro et dix, en fonction des caractéristiques de l’exploitation et de la proximité d’un bassin d’emplois pour le conjoint. »

Quelles sont ces caractéristiques ? Pour Christian Body et Françoise Filet, les candidats ne sont pas attirés – ou moins – par les structures à un million de litres de lait et plus. Seuls ou en couple, ils préfèrent les élevages de 500 000 à 700 000 litres, jugés plus à leur mesure. De même, ils sont soucieux de l’autonomie fourragère de leur future exploitation. « Cela veut dire 80 à 100 ha de SAU pour 500 000 à 700 000 litres, et un accès important du troupeau à des parcelles pâturées », indique Christian Body. Ils respecteront ainsi facilement les exigences de pâturage que les transformateurs inscrivent de plus en plus dans leur cahier des charges. Un parcellaire groupé autour du siège d’exploitation ouvre aussi des perspectives de conversion vers un signe de qualité, en particulier vers la bio qui n’est plus un segment de marché marginal. « La Normandie commence à attirer pour ses conditions climatiques favorables », complète-t-il.

Sans surprise, dans les trois régions de l’Ouest, le lait conventionnel reste la première production qui incite à l’installation, mais la nouvelle génération de hors cadre familial montre qu’elle est en phase avec les attentes sociétales et les préoccupations climatiques. « Les choses bougent, estime Françoise Filet. Même si cela concerne peu le lait de vaches, en Bretagne, 20 % des installations aidées sont aujourd’hui des petits projets : élevage d’ovins, de caprins, d’escargots, maraîchage, plantes médicinales, etc., en filière courte ou longue. Nous ne sommes plus dans l’anecdotique. »

Manque de prétendants pour les Gaec

Ces jeunes motivés par le lait veulent s’orienter en grande majorité vers une installation en individuel, pas en structures sociétaires. Celles-ci­ sont confrontées à un manque de candidats pour remplacer un départ. « Ils veulent être leur propre patron, craignent les mésententes entre associés et un partage inéquitable des décisions », décrypte Émilie Gambart, du PAI du Doubs-Territoire de Belfort. Pourtant, ces structures ont deux atouts dans leur manche : une organisation qui donne du temps libre, et un montant de reprise deux fois moins élevé qu’en individuel. « Il faut travailler la dimension humaine de la société pour faire en sorte que le nouvel associé s’y sente bien », conseille Christian Body. Le renouvellement des générations pourra être assuré si, dès le lycée agricole, tout est fait pour encourager les jeunes à travailler dans la production agricole. L’époque où les enfants d’agriculteurs en étaient majoritairement les élèves est bel et bien finie. En Normandie, par exemple, ils ne sont plus qu’un élève sur dix. « Actuellement, une bonne partie des lycéens en bac pro conduite et gestion des exploitations agricoles le choisissent faute de places dans la filière d’enseignement soigneurs animaliers [NDLR : soins en zoo] », témoigne Marie-Pascale Pinatel, directrice du lycée agricole de Briacé, près de Nantes (réseau Cneap). « À nous, lycées, mais aussi professionnels, de leur montrer combien il est motivant de travailler dans le secteur agricole. »

Claire Hue
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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