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Les comptages cellulaires surestimés de 25 % en France

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Pour valider leurs observations, les vétérinaires de terrain ont transmis des échantillons à cinq laboratoires européens qui confirment les écarts observés sur le terrain. © Stéphane Leitenberger

Une étude réalisée en 2017 par des vétérinaires bretons confirme une surestimation des comptages cellulaires en France, qu’ils évaluent au moins à 25 %.

Dès le mois de septembre, votre revue vous informait d’une surestimation des comptages cellulaires du lait collecté en France, liée à une différence d’étalonnage des appareils de mesure. Pour rappel, le comptage des leucocytes pour le paiement du lait repose sur des mesures en laboratoires interprofessionnels, sous la responsabilité du Cniel qui définit quel matériel est agréé. Ce matériel est é...
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Dès le mois de septembre, votre revue vous informait d’une surestimation des comptages cellulaires du lait collecté en France, liée à une différence d’étalonnage des appareils de mesure. Pour rappel, le comptage des leucocytes pour le paiement du lait repose sur des mesures en laboratoires interprofessionnels, sous la responsabilité du Cniel qui définit quel matériel est agréé. Ce matériel est étalonné à partir d’échantillon de lait à teneur garantie (ETG) fourni dans notre pays par Actalia-Cecalait. Or, dans le monde, il existe pas moins de 22 ETG différents à l’origine d’écarts de qualité du lait entre la France et ses voisins.

« Un écart de 25%, voire davantage »    

« En l’absence d’un étalon international, la différence était connue de l’interprofession depuis longtemps et évaluée à moins de 15%, rappelait Philippe Le Page, à l’occasion du congrès SNGTV 2020. Vétérinaire dans le Finistère (Lesneven), il avait en effet déjà constaté lui-même des divergences entre les comptages cellulaires réalisés chez ses clients avec son compteur DCC (compteur de cellules portatif Delaval agréé) et ceux du laboratoire interprofessionnel de Carhaix, lors d’une étude de terrain menée sur le traitement sélectif au tarissement. Dès 2017, il décide alors de mener une étude qui a consisté à envoyer des ETG français à des laboratoires européens impliqués dans le paiement du lait en Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Belgique et Allemagne. «  ll paraissait important de vérifier si le problème venait du lait standardisé et c’est pour cela que nous avons envoyé des échantillons Actalia-Cecalait à la fois à Carhaix et dans cinq pays européens. »

À l’exception de la Grande-Bretagne où les échantillons se sont perdus, tous les retours confirment une surévaluation des comptages français. Dans un second temps, un confrère d’Ille-et-Vilaine, Gaël Gounot, valide la démonstration dans l’autre sens : c’est-à-dire qu’il étalonne ses outils de mesure avec des ETG européens : « L’analyse des résultats montre que l’écart est de +25 %, voire davantage, précise Gaël Gounot. C’est-à-dire que lorsque Actalia-Cecalait annonce 300000 cellules en France, l’équivalent dans ces pays est de 225000 cellules. Partout les comptages semblent évoluer de la même façon. Il n’y a qu’en France que les ETG utilisés pour l’étalonnage des outils ont des valeurs différentes. »

« La France lave plus blanc que blanc depuis des années »

Les résultats publiés au congrès de la SNGTV démontrent que la différence est statistiquement significative. Elle est bien sûr lourde de conséquences : des producteurs français davantage pénalisés par rapport à leurs voisins européens, des suspensions de collecte abusives, des réformes infondées en élevages pour cause de comptages élevés, mais aussi une indexation des bovins français dépréciée. « Depuis des années, La France lave plus blanc que blanc, souligne Philippe Le Page. Nous avons donc décidé de prévenir le Cniel de notre découverte et une première réunion téléphonique a eu lieu dès le 12 juin 2019. Mais depuis février 2020, l’élaboration d’un nouvel étalon international encouragé par la Fédération internationale laitière (FIL) devra permettre à l’avenir d’éviter ces disparités dès sa mise en service. »

Jérôme Pezon
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