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Ensilage d’herbeDes premières coupes toujours plus précoces

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Enrubannage. Dans une logique de multiplication des coupes, l’enrubannage et la remorque autochargeuse offrent une grande souplesse d’intervention pour réaliser de petits chantiers de récolte et assurer une qualité optimale, au moins sur les parcelles les plus portantes et les plus accessibles. © THIERRY PASQUET

Rendement. Les analyses confirment, s’il le fallait, la réalité de l’évolution du climat : les premières coupes, de plus en plus précoces, affichent des valeurs élevées et laissent la place à des repousses, en vue de constituer des stocks avant l’été.

Après un départ en végétation retardé par le froid en sortie d’hiver, tout s’est accéléré. Les conditions météo, favorables à la pousse de l’herbe et à la mise en œuvre des chantiers de récolte, ont offert aux éleveurs ayant réalisé des premières coupes très précoces un bon niveau de rendements. « Cette stratégie est désormais bien...
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Après un départ en végétation retardé par le froid en sortie d’hiver, tout s’est accéléré. Les conditions météo, favorables à la pousse de l’herbe et à la mise en œuvre des chantiers de récolte, ont offert aux éleveurs ayant réalisé des premières coupes très précoces un bon niveau de rendements. « Cette stratégie est désormais bien intégrée sur le terrain, observe Jean Zapata, conseiller fourrages à l’EDE du Puy-de-Dôme. À l’inverse, lorsque les éleveurs ont trop attendu pour faire la première coupe, le déficit de pluviométrie a localement pénalisé les repousses et donc les bilans fourragers. » Dans le Puy-de-Dôme, les premières coupes, très précoces cette année – début mai en dessous de 700 mètres d’altitude et dès le 20 mai à plus de 1000 mètres – ont donné des récoltes de 2,5 à 3 tMS par hectare, suivie de secondes coupes équivalentes.

En Lorraine, jusqu’à trois coupes avant le coup de sec

Les conditions météo dans le Nord-Est ont permis de sortir dès mi-avril. « Les éleveurs qui ont saisi cette opportunité ont pu bénéficier de conditions pous­santes pour faire une deuxième coupe après quatre à cinq semaines de repousses, voire une troisième à partir de mi-juin, observe Jérôme Larcelet, nutritionniste Seenorest. Sur des RGI, plus précoces, des temps de repousse de quatre semaines ont parfois permis de réaliser quatre coupes avant l’été, pour des rendements s’approchant de 10 tMS/ha. » Le constat est le même en Normandie, où les premières coupes d’ensilage ont été particulièrement précoces : avant le 15 avril, voire fin mars, pour des dérobés de type RGI.

Les analyses menées par Seenorest en Lorraine mettent en exergue les pertes de qualité associées à des fauches plus tardives.

 Les premières coupes réalisées avant le 1er mai ont une valeur moyenne de 0,92 UFL.

« Certaines se rapprochent de 1 UFL grâce à une herbe récoltée riche en sucre », précise Jérôme Larcelet. La valeur MAT de 14,4 % est un peu pénalisée par des conditions froides qui n’ont pas permis de bien valoriser la fertilisation azotée. « Exceptionnellement, on observe des MAT proches de 16 ou 17 % chez les éleveurs qui ont pu faire le premier apport d’azote dans des parcelles suffisamment ressuyées, dès le mois de février, à une somme de températures de 200 °C. »

 Les coupes réalisées lors de la première quinzaine de mai ont des valeurs moyennes de 0,85 UFL, 12,2 % de MAT et une dMO de 71,3 % ; après le 15 mai, de 0,79 UFL, pour 11,1 % de MAT et une dMO de 67,8 %. Derrière ces coupes tardives, les éleveurs ont pu faire une petite coupe de regain fin uin.

« Il y a encore cinq ans, sortir tôt, cela voulait dire faucher durant la première quinzaine de mai. Ces observations soulignent les effets du changement climatique et incitent à sortir de bonne heure. Même si le bon stade n’est pas tout à fait atteint, il vaut mieux faucher un peu trop tôt lorsqu’une fenêtre météo se présente, quitte à ramasser 1,5 tMS. C’est la multiplication des coupes qui permet d’allier qualité et volume. »

Une grande disparité de valeurs de MAT

Dans le Puy-de-Dôme, les analyses de ces premières coupes, réali­sées par l’EDE dès l’ouverture des silos, révèlent un bon niveau de concentration énergétique de 0,88 UFL et une teneur de seulement 13,5 % de MAT, qui masque de fortes disparités : de 10 à 16 % en prairies­ naturelles­, et de 9 à 17,5 % en prairies temporaires. Des écarts significatifs, dont l’origine peut être associée à une fertilisation encore trop tardive : « S’adapter signifie aussi fertiliser de bonne heure, au moins les parcelles facilement accessibles et les plus portantes, afin d’assurer un fourrage de qualité sur une part des surfaces en herbe », souligne Jean Zapata. À ce titre, il privilégie les ammonitrates, qui ont l’intérêt de minéraliser rapidement dès le départ en végétation, aux engrais ammoniacaux et uréiques qui ont besoin de températures douces et d’eau pour évoluer vers une forme nitrite assimilable par les plantes.

Vigilance sur la fibrosité de la ration

Ces ensilages d’herbe jeune se caractérisent par une digestibilité élevée (dMO de 73,5 % dans le Puy-de-Dôme, de 75,7 % en Lorraine) et une faible teneur en fibre (NDF 48 % et 45 %).

« Heureusement, le taux de matière sèche élevé, de 36,3 % en moyenne, est de nature à favoriser une bonne conservation, à condition d’un tassage efficace du silo », indique Jean Zapata. En plat unique­ ou en complément du pâturage, ce fourrage pourrait présenter un défaut de fibrosité, mais pas dans le cadre de rations hivernales ensilage d’herbe + foin.

Offre-t-il, en revanche, une fibrosité suffisante pour faire l’impasse sur un apport de foin ou de paille dans une ration de base maïs ? « Tout va dépendre des valeurs de l’ensilage de maïs, de la proportion d’herbe et de la quantité de concentré dans la ration, répond Jérôme Larcelet. Avec un bon maïs et un très bon ensilage d’herbe, il y a un besoin moindre de concentré. Dans ce cas, si l’on apporte un quart à un tiers d’herbe dans la ration, cela peut suffire pour ne pas à avoir à y ajouter de la paille ou du foin. » Pour rappel, la teneur minimale recommandée pour la ration complète est de 35 à 38 % de NDF, et 17 % de cellulose brute.

Jérôme Pezon
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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