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Les coronavirus n’épargnent pas les cheptels bovins

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Colostrum. Vacciner est le meilleur moyen pour lutter contre une épidémie de diarrhée à coronavirus. À condition que cela soit effectué au moins trois semaines avant vêlage, et accompagné d’une bonne prise colostrale. © Claudius THIRIET

Constat. Les coronaviroses sont depuis fort longtemps diagnostiquées en maladies digestives du jeune veau et de l’adulte. Plus récemment, elles ont été identifiées comme la cause de pathologies respiratoires.

Les élevages bovins composent depuis longtemps avec les coronaviroses. Selon le type de coronavirus en cause, cela provoque des problèmes de santé différents sur les animaux, jeunes veaux comme bovins adultes. Parmi les trois coronaviroses identifiées, certaines se traitent assez facilement, d’autres non. De la même façon, toutes ne peuvent pas se prévenir par la vaccination.
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Les élevages bovins composent depuis longtemps avec les coronaviroses. Selon le type de coronavirus en cause, cela provoque des problèmes de santé différents sur les animaux, jeunes veaux comme bovins adultes. Parmi les trois coronaviroses identifiées, certaines se traitent assez facilement, d’autres non. De la même façon, toutes ne peuvent pas se prévenir par la vaccination.

Diarrhées à coronavirus sur les jeunes veaux : vaccination possible

Nous identifions régulièrement des coronavirus sur des diarrhées chez le jeune veau de moins de un mois. Et plus particulièrement autour de une semaine.

Quels signes cliniques ?

Ce virus est moins souvent identifié que le rotavirus dans les cheptels non vaccinés mais il présente souvent des symptômes sévères, avec une forte déshydratation pouvant conduire à la mort. Les veaux atteints souffrent en général d’une forte diarrhée, avec la possibilité de traces de sang, d’une déshydratation intense révélée par un œil qui se creuse rapidement.

Le diagnostic se fait par le prélèvement et l’analyse des fèces, au cabinet vétérinaire ou dans un laboratoire. L’apparition des premiers signes de veaux malades fait souvent suite au vêlage d’une vache excrétrice sans symptôme. Le premier veau tombe malade, recycle le virus et contamine ses congénères. La transmission est généralement oro-fécale.

Le virus survit quelques jours à quelques semaines, il est donc intéressant de curer en même temps que de vacciner les vaches à vêler, afin de baisser la pression d’infection dans le bâtiment.

Quels traitements et prévention ?

Le traitement repose principalement sur la réhydratation orale et intraveineuse et la cicatrisation de l’intestin (pansement, probiotiques, vitamines et oligoéléments).

Bien sûr, la vaccination est le meilleur outil pour lutter contre une épidémie de diarrhée à coronavirus, à condition qu’elle soit effectuée au moins trois semaines avant vêlage et accompagnée d’une bonne prise colostrale (en moyenne 4 litres sur un veau laitier et 2 l sur un allaitant, en fonction de la qualité du colostrum).

Les conditions d’élevage (hygiène et confort des jeunes veaux, prise colostrale, fréquence de la réhydra­tation orale, nursing des veaux) et la présence de maladies concomi­tantes (BVD, FCO) conditionnent en général la gravité de la maladie et le taux de survie.

La dysenterie d’hiver ou « grippe intestinale » : très contagieuse

Quels signes cliniques ?

La dysenterie d’hiver, communément appelée « grippe intestinale » est caractérisée par des diarrhées qui peuvent être hémorragiques sur des bovins adultes. Cette entérite est due à un coronavirus. Il s’agit d’une maladie très contagieuse, à incubation brève (3 à 5 jours), avec une forte proportion des animaux de l’élevage atteints (de 30 à 100 %). De plus, les élevages voisins sont fréquemment contaminés. Les vaches et jeunes bovins présentent de la fièvre, une perte d’appétit, de la diarrhée et une diminution importante de la production de lait. De façon rare, on peut observer de la mortalité, comme cela a été le cas dans un élevage de ma clientèle, le 24 décembre dernier, où une primipare présentait une diarrhée très hémorragique en début d’après-midi tandis qu’une épidémie sévissait dans le troupeau. Malgré les soins, la vache est morte en quelques heures d’hémorragie intestinale, alors qu’elle ne présentait aucun problème de santé la veille et était en bon état.

Quels traitements et prévention ?

Ce coronavirus est différent de celui des diarrhées néonatales et se développe par temps froid et humide. La contamination se fait par voie aérienne et orale, et les bouses ainsi que le jetage sont très chargés en virus. Son évolution au sein d’un élevage est rapide et, généralement, les symptômes cessent en une à deux semaines. Bien souvent, aucun traitement n’est mis en place, ou bien de l’argile et de l’aspirine (mais pas chez la vache laitière, car interdit faute de LMR). Il n’existe pas de vaccin, et la prévention est difficile en cas de circulation.

Coronavirus respiratoire : symptômes bénins, mais pas toujours

Le coronavirus respiratoire est de plus en plus isolé sur le jeune veau et lors de broncho-pneumonies infectieuses enzootiques (BPIE).

Ces dernières années, plusieurs laboratoires départementaux ont ajouté la recherche du coronavirus à l’examen des prélèvements faits sur des veaux en pneumonie. Ces prélèvements peuvent être effectués soit sur le poumon­ en cas d’autopsie, soit par du liquide collecté dans la trachée en cas d’aspiration transtrachéale (ATT), soit des sérosités nasales en cas d’écouvillon nasal profond (ENP). L’analyse consiste à rechercher la trace génétique du virus (PCR). Environ 20 % des prélèvements sont positifs au coronavirus dans notre clientèle, ce qui, en matière de prévalence, place ce virus au niveau du virus respiratoire syncytial (RSV). Le même taux est rapporté par les laboratoires départementaux sur de plus larges échantillons. Les études réalisées à l’étranger dans des feed lots montrent un portage de l’ordre de 84 % et une excrétion fécale sur 96 % des animaux. Il existe du portage sain, c’est-à-dire des animaux ne présentant pas de signes cliniques mais qui excrètent le virus.

Par ailleurs, il est à noter qu’une transmission interespèce a été montrée (entre les autres ruminants, les chiens, les oiseaux).

Quels signes cliniques ?

La plupart du temps, les symptômes sont bénins (toux, écoulements nasaux, fièvre…), mais associé au stress, le virus peut jouer un rôle d’initiateur dans les BPIE. Peuvent alors apparaître des signes cliniques plus graves, avec une forte fièvre, une détresse respiratoire aiguë pouvant aller, dans les cas extrêmes, à une pneumonie sévère et à la mort… Rien de très différent, finalement, de ce qu’on voit dans l’épidémie humaine avec ce nouveau coronavirus !

Quel traitement ?

Pour le moment, pas de vaccin commercialisé pour les bovins, mais c’est une voie qui est envisagée.

Incubation brève. La dysenterie d’hiver est due à un coronavirus. Il s’agit d’une maladie très contagieuse, à incubation brève (3 à 5 jours), avec une forte proportion d’animaux de l’élevage atteints (de 30 à 100 %). © Cédric FAIMALI
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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