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Quelques signaux positifs et beaucoup d’incertitudes

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© Stéphane LEITENBERGER

De façon globale, le secteur laitier a été moins impacté qu’on pouvait le craindre par la crise sanitaire. Si le prix du lait a baissé, il ne s’est pas effondré. Mais quelle sera la situation cet automne ?

La conjoncture laitière actuelle est d’abord marquée par un net recul de la collecte française au printemps : -0,8 % en avril/2019, -1,6 % en mai, soit 50 000 t de lait en moins sur ces deux mois. Le plan Cniel, la sécheresse et un cheptel jamais aussi diminué se sont conjugués. Dans l’UE aussi la collecte s’est ralentie, mais elle reste positive en avril (+0,8 %) après une hausse marquée au 1er...
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La conjoncture laitière actuelle est d’abord marquée par un net recul de la collecte française au printemps : -0,8 % en avril/2019, -1,6 % en mai, soit 50 000 t de lait en moins sur ces deux mois. Le plan Cniel, la sécheresse et un cheptel jamais aussi diminué se sont conjugués. Dans l’UE aussi la collecte s’est ralentie, mais elle reste positive en avril (+0,8 %) après une hausse marquée au 1er trimestre (+1,5 %). Notons que seulement 1/3 des pays membres sont en décroissance et c’est la France qui tire ce mouvement.

Suite au confinement, ce printemps a connu aussi un bond spectaculaire de la consommation des ménages : +23 % sur le beurre, +20 % sur les fromages, +27 % sur la crème entre mars et mai. D’après l’Institut de l’Élevage (Idele) ces achats supplémentaires ont été supérieurs à la perte enregistrée sur la restauration hors domicile (RHD). Relativisons cet effet volume car la consommation s’est orientée sur des produits plus basiques à moindre valeur.

L’excédent commercial en hausse

Du côté des exportations françaises, le mois d’avril montre un tassement, sauf pour le lait liquide et les crèmes qui progressent. Il faut noter que les exportations des ingrédients ne se sont pas écroulées en avril : seulement -3 % pour la poudre maigre et le lactosérum, -4 % pour le beurre. Globalement sur les quatre premiers mois de 2020, les exportations françaises ont progressé de +2 % à 2,4 Md€. Dans le même temps nos importations ont été en net recul (-9 %). L’excédent commercial s’est donc accru de 19 % à +1,2 Md €. On connaît des secteurs plus impactés par la crise. Bonne surprise aussi pour les exportations européennes au mois d’avril. Elles se sont maintenues pour le beurre et la poudre grasse et ont même progressé pour la poudre maigre. Seules les exportations de fromages se sont nettement affaiblies.

Les cotations des ingrédients remontent

Après s’être effondrées, les cotations des produits industriels ont regagné une partie du terrain perdu. On a retrouvé le niveau de 2019 pour la poudre, le beurre est encore en dessous. En mai, cela donne un prix du lait standard valorisé en beurre/poudre stabilisé entre 250 et 260 € / 1 000 1 (-50 €/2 019).

Le prix du lait standard payé aux producteurs (toutes qualités) a reculé en mars et avril, respectivement à 345 € et 339 € / 1 000 1 soit -2 et -3 €/2 019. « Il pourrait se stabiliser en mai et juin. À ce jour, nous sommes loin des scénarios inquiétants que l’on pouvait imaginer en début de crise », note l’Idele. En Europe la baisse du prix du lait en mai a été plus marquée qu’en France, moins exposée aux ingrédients : en moyenne -10 € à 331 € / 1 000 l, mais cela reste modéré.

Peu de stocks en Europe

Quelle sera la suite de cette conjoncture pour imaginer le prix du lait cet automne ? Personne ne s’avancera sur un scénario précis. Commençons par regarder les signaux positifs. Les stocks européens de produits laitiers ne débordent pas. Ils sont même très faibles pour la poudre 0 % comparés aux années précédentes. L’aide au stockage privé, réactivée par la Commission, n’a eu qu’un faible succès. Dans ce contexte la valorisation beurre-poudre pourrait continuer à progresser, mais rien n’est écrit à l’avance. L’autre élément de l’équation est la valorisation du lait sur le marché français. Nous avons vu que la consommation intérieure avait bien tenu dans un contexte EGA qui, en début d’année, avait apaisé les relations commerciales avec la grande distribution. Mais quelle sera la situation cet automne si une possible baisse du pouvoir d’achat réenclenche la guerre des prix entre distributeurs ?

La crise économique mondiale annoncée pourrait aussi dégrader les échanges internationaux, déjà en recul sur le premier quadrimestre 2 020. D’ailleurs l’Idele s’inquiète de l’augmentation brutale des stocks de produits laitiers aux USA. L’autre inconnu est la collecte à venir dans les cinq grands bassins exportateurs. Il faudrait vraiment qu’elle soit très contenue cet automne, notamment en Nouvelle-Zélande en Europe et aux USA, pour éviter un nouveau dérapage des marchés.

Dominique Grémy, d’après le Webinaire d’Idele du 18 juin
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