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La filière tend le dos

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Coup dur. Les restaurants restent fermés jusqu’au 20 janvier, selon les annonces d’Emmanuel Macron, le 24 novembre. Les consommateurs les solliciteront-ils tout de même via le © C. Faimali

Les industriels font le dos rond. Leur logistique de crise est beaucoup mieux rodée qu’au premier confinement. Ils espèrent redresser en partie leurs comptes en restauration hors foyer grâce aux fêtes de fin d’année. Les négociations tarifaires avec les GMS seront encore plus sensibles.

Réactions mitigées des industriels laitiers après les annonces d’Emmanuel Macron, le 24 novembre. Ils espéraient la réouverture des restaurants pour les fêtes de fin d’année. Ce sera – pour l’instant – le 20 janvier. « Cela ne nous empêche pas de fonder des espoirs sur un regain de plaisir gastronomique des consommateurs, avec des achats en GMS, chez les traiteurs et même chez...
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Réactions mitigées des industriels laitiers après les annonces d’Emmanuel Macron, le 24 novembre. Ils espéraient la réouverture des restaurants pour les fêtes de fin d’année. Ce sera  pour l’instant  le 20 janvier. « Cela ne nous empêche pas de fonder des espoirs sur un regain de plaisir gastronomique des consommateurs, avec des achats en GMS, chez les traiteurs et même chez les restaurateurs via le click and collect, espère Jacques Klimczak, des Maîtres Laitiers du Cotentin (MLC). Peut-être même les restaurations sociales auront-elles à cœur de proposer un repas plus festif que les années précédentes. » La coopérative manchoise est spécialisée en produits frais, mais vend aussi du lait UHT, du beurre et des fromages. Comme ses concurrents, elle a vécu ce deuxième­ confinement en deux temps : une explosion des achats en GMS de fin octobre à mi-novembre (+ 35 % à 50 % selon les produits) puis un retour vers une situation plus « normale ». On peut même parler d’euphorie au tout début du confinement pour le lait UHT et le beurre, qui sont des produits stockables. « Les ventes de lait liquide C’est qui le patron ?! ont bondi de 65 % la première semaine du confinement, ce qui représente près de 0,7 Ml supplémentaire par rapport à la semaine précédente, indique-t-on à la Laiterie Saint-Denis-de-l’Hôtel. Elles ont ensuite baissé, tout en restant à + 30 %. »

Restauration hors foyer : un plongeon de 30 %

Une progression dont profite MLC puisqu’elle a démarré un contrat avec LSDH il y a un an, annoncé à l’époque pour 30Ml.

« Nous avons eu un boom de commandes identique à celui du premier confinement mais sur une période plus courte. Ensuite, elles se sont ré-équilibrées », résume Thierry Martin, directeur de Milleret, fabricant de pâtes molles principalement pour les GMS françaises. Illustration de cette moindre demande : contrairement au premier confinement, il n’a pas rencontré de difficulté à satisfaire les drive sur ses deux fromages phares, Ortolan et Roucoulons. « Les établissements scolaires restés ouverts ne chamboulent pas, ou bien moins, l’organisation alimentaire des familles, décrypte Jacques Klimczak. Parallèlement, l’interdiction de la vente des produits non essentiels en GMS, en novembre, a ralenti la fréquentation des magasins, en particulier des hypermarchés. »

Si les industriels laitiers évoquent, au bout du compte, un temps plutôt calme pour leurs ventes dans les rayons, ils parlent de tempête pour celles en restauration hors foyer. Le maintien de l’enseignement scolaire atténue l’incidence du confinement n°2 mais n’empêche pas le plongeon, qui serait de l’ordre de 50 % selon leurs premières estimations. Alsace Lait, spécialisée en ultra-frais, dont 20 % de son chiffre d’affaires en RHF, avance même plus.

Le maintien des mesures barrières pénalise la productivité

La coopérative alsacienne déplore la grande rapidité avec laquelle s’est mis en place le confinement après l’annonce d’Emmanuel Macron, le 28 octobre. Elle chiffre à 80 000 € le total des produits de RHF détruits. MLC élargit les pertes de la crise sanitaire aux coûts directs et indirects : « Nous les évaluons à quelques millions d’euros sur toute l’année 2020, estime Jacques Klimczak. Il y a, bien sûr, l’achat des masques et du gel hydro­alcoolique pour nos salariés, mais aussi les mesures barrières qui pénalisent la productivité. Par exemple, la réorganisation des flux de transport pour limiter les contacts. » Ces mesures barrières prises durant le confinement n°1 sont maintenues depuis. « Nous avons rencontré beaucoup moins de problèmes logistiques qu’au premier confinement. Les stations-services fermées en étaient un très pesant. Elles sont ouvertes cette fois-ci », commente Michel Nalet, de Lactalis.

Le responsable de communication du groupe lavallois choisit l’optimisme : « Bien sûr, nous sommes impactés par le recul de la RHF mais nous pensons que cette activité va reprendre en 2021. Après une fin 2020 compliquée, si c’est possible, espérons que les consommateurs auront envie de sortir. » Il espère également que la vaccination d’une partie de la population permettra de retrouver de façon durable le chemin de la consommation.

Danone va supprimer 2 000 postes

Lactalis n’annonce pas de suppressions d’emplois, à la différence du groupe Danone, qui engage un plan concernant 2 000 postes dans le monde, dont 400 en France, principalement dans les directions managériales. c’est la perte d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires de son pôle « eaux » (plus 1,5 Md€ de dividendes versés) qui a engendré cette décision. Le groupe néerlandais FrieslandCampina, lui, a divulgué mi-novembre la suppression de 1000 postes.

Dans ce contexte, pour Michel Nalet, les négociations tarifaires qui débutent avec les GMS seront déterminantes pour le prix du lait 2021. « En 2020, la valorisation beurre-poudre descend autour des 290 €/1 000 l, soit 10 € à 12 € de moins qu’en 2019. De plus, nous sommes confrontés à nos concurrents européens qui font face à des difficultés identiques. Nous attendons donc des enseignes de distribution une attitude responsable en 2021. Le socle des PGC France doit continuer de tenir. »

Eurial appelle à la modération des volumes

De son côté, pour ne pas dégrader son mix-produit (24 % d’ingrédients), Eurial appelle ses adhérents à produire leur référence contractuelle, pas plus, en 2020-2021. Il n’y a pas d’allocation provisoire de volume cette année. En cas de dépassement, la grille de minoration du prix de base sera appliquée. « À la suite de l’incendie du site de mozarella de Luçon, en Vendée, nous n’avons pas les outils industriels pour absorber des livraisons supplémentaires », indique Pascal Le Brun, président de la branche lait d’Agrial.

claire hue avec Jean-Michel vocoret
GMS: hausses de consommation

Dernière semaine d’octobre :

beurre + 4,4 %, crème + 5,7 %, fromage + 4,9 %, lait UHT + 1,3 %, ultrafrais + 0,3%.

1re semaine de novembre : + 2,5 % en PGC frais libre-service, dont + 0,8 % en rayon crèmerie

2e semaine de novembre : + 7,6 % en PGC FLS, dont + 6,4 % en crèmerie (Source IRI).

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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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