S'abonner
Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

« La force du groupe Maîtres Laitiers face à la rupture de Synutra »

réservé aux abonnés

C’est une tempête qui secoue le nord de la Manche. Le 10 août, le chinois Synutra rompt avec Maîtres Laitiers du Cotentin son contrat de 90 Ml pour des briquettes de lait infantile. La coopérative subit aussi des impayés. Un plan de bataille est déjà en route.

Pourquoi avez-vous décidé en 2016 d’investir 116 M€ à Méautis pour le contrat avec Synutra ?
Contenu réservé aux abonnés de L'éleveur laitier
pour vous connecter et poursuivre la lecture
13%

Vous avez parcouru 13% de l'article

Poursuivez la lecture de cet article
en profitant de 2 mois de découverte à L’éleveur laitier
(Offre sans engagement, réservée aux personnes non abonnées)
  • > Accédez à tous les articles
  • > Recevez la newsletter
  • > Recevez 2 numéros chez vous
J'en profite !

Pourquoi avez-vous décidé en 2016 d’investir 116 M€ à Méautis pour le contrat avec Synutra ?

Christophe Levavasseur : Les adhérents souhaitaient produire plus après 2015. Leurs prévisions donnaient 50 Ml sur trois à cinq ans qui s’ajoutaient aux 45 Ml d’excédents. Parallèlement, nous avions un atelier de beurre et crème AOP Isigny obsolète. Il fallait un projet qui apporte des volumes et valorise les matières grasse et protéique. Vu l’effritement du marché européen, nous nous sommes tournés vers le grand export. Le contrat tripartite Maîtres Laitiers, Synutra France et International, qui a conduit à Méautis, remplissait cet objectif. L’usine peut transformer 90 Ml en 690 millions de briquettes de lait blanc et, demain, infantile. Cette partie, destinée il y a encore peu à Synutra, est à l’arrêt depuis août. Une autre est dédiée à l’AOP Isigny. Le reste répondra à des opportunités.

Qu’est-ce qui vous a incité à choisir Synutra il y a trois ans ?

C. L. : Nous étions confiants. Les banques, qui financent les 116 M€, nous suivaient. L’une n’est pas des moindres : la Banque européenne­ d’investissement. Un autre grand acteur était aussi à nos côtés : le leader de l’assurance-crédit Euler Hermes.

Quelles raisons invoque Synutra dans sa rupture de contrat avec MLC le 10 août ?

C. L. : Alors que depuis avril, Synutra justifiait des commandes inférieures à ses engagements par un dépôt protéique au fond des briquettes, ce n’est pas cette raison qu’il invoque mais notre absence d’agrément chinois pour le lait infantile. Or, Synutra le sait pertinemment : à la suite de l’affaire Lactalis, la France a gelé l’envoi de tous les dossiers de demande vers la Chine. La situation s’est débloquée. Notre dossier est en Chine. Nous espérons la venue des autorités chinoises pour l’accréditation de l’usine courant 2019. Avancer l’absence de contrat pour l’infantile relève du prétexte, tout comme l’étaient les dépôts protéiques. C’est Synutra qui a choisi la stérilisation du lait par upérisation, bien connue pour générer ce dépôt.

Quel est le préjudice financier pour Maîtres Laitiers ?

C. L. : Synutra a arrêté de payer nos livraisons en avril. Les encours – dont nous ne communiquons pas le montant – sont couverts par Euler Hermes qui gère le dossier, avec une instruction en cours au tribunal de commerce de Brest. De notre côté, nous constituons un dossier pour saisir le tribunal de commerce de Paris. Synutra n’a pas respecté non plus ses engagements de volumes. Le préjudice est de 9,588 M€ sur l’exercice 2017-2018. Heureusement, la coopérative peut s’appuyer sur 190 M€ de fonds propres et sa filiale de distribution France Frais. Avant effet Synutra, le groupe dégage 10,89 M€ de résultat net, soit 8 M€ de plus qu’en 2016-2017. Après la provision des 9,588 M€, il reste positif à 1,3 M€ pour un chiffre d’affaires de 1,97 milliard d’euros.

Quelles sont les perspectives ?

C.L. : Le contrat chinois de 70 à 90 Ml représentait un chiffre d’affaires de 80 à 100 M€. Nous espérons retrouver une partie de ce volume dès le deuxième trimestre 2019. Des distributeurs chinois et des industriels laitiers qui voudraient compléter leurs gammes avec nos briquettes nous ont contactés. Nous sommes aussi en contact avec le Moyen-Orient et l’Afrique. France Frais joue la solidarité à plein en absorbant 30 Ml de lait UHT supplémentaires. Et nous développons les fromages frais au lait de pâturage, notre marque Campagne de France en GMS, etc.

Cette crise aura-t-elle des conséquences sur le prix du lait et les volumes ?

C.L. : Je veux rassurer les adhérents. Nous visons 320 €/1000 l de prix de base en 2018-2019 (qualité A), soit 6 € de plus qu’en 2017-2018. De même, nous ne remettons pas en cause notre politique sur les volumes. Cette crise est perturbante pour l’équipe de direction et moi-même. La solidarité des producteurs exprimée à l’assemblée générale du 18 septembre est un véritable soutien.

Propos recueillis par Claire Hue
Imprimer Envoyer par mail Commenter
Commenter cet article 0 commentaires
Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
En direct
Afficher toutes les actualités

Dans la même rubrique

Sélectionné pour vous

Sélection bovine des taureaux et des hommes

45€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Le vêlage : Complications du vêlage, maladies des nouveaux-nés et colostrum

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER

Maladies parasitaires du mouton 4ème edition

29€

Disponible

AJOUTER AU PANIER