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Choisir ses variétés de maïs d’après l’évaluation d’Arvalis

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Essais. Le réseau post-inscription d’Arvalis Institut du végétal évalue la précocité, le comportement agronomique et la valeur énergétique des hybrides. Des renseignements fiables pour optimiser son choix de semis pour 2020.

Le moins que l’on puisse dire est que la campagne maïs fourrage 2019 a été compliquée, et cela dès le début. Ainsi, le démarrage en végétation a connu des températures fraîches au mois de mai et jusqu’à mi-juin (déficit de 50 à 100 °C en base 6). De nombreux dégâts de ravageurs ont été observés : corvidés, sangliers, taupins, mouches...
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Le moins que l’on puisse dire est que la campagne maïs fourrage 2019 a été compliquée, et cela dès le début. Ainsi, le démarrage en végétation a connu des températures fraîches au mois de mai et jusqu’à mi-juin (déficit de 50 à 100 °C en base 6). De nombreux dégâts de ravageurs ont été observés : corvidés, sangliers, taupins, mouches des semis, qui ont affecté le peuplement, donc le potentiel de rendement. Arvalis estime que plusieurs dizaines de milliers d’hectares ont été ressemés. Dans ces conditions, on a pu observer l’effet positif de la vigueur variétale et de l’apport de la fumure starter en localisé. Le désherbage de post-levée a été délicat, avec peu de jours disponibles, idem pour le désherbage mécanique qui a eu parfois une efficacité médiocre. Ensuite, le déficit hydrique est arrivé très tôt avec deux périodes caniculaires : fin juin et fin juillet. Les cultures, avec un enracinement parfois insuffisant, ont été stressées dans des phases d’élaboration du rendement : la montaison puis la floraison. Cela a conduit à des plantes de petit gabarit et à une réduction du nombre de grains par épi, surtout dans les sols super­ficiels. Les pluies ne sont revenues que pour le remplissage des grains. Puis la fin de cycle s’est déroulée sous un climat plus frais, avec une évolution des plantes plutôt lente. Les chantiers ont été très étalés, de début août à début novembre.

Les rendements sont partout en baisse et extrêmement variables, de 5 à 18 tMS/ha. La moyenne nationale est de 11,3 tMS/ha, en baisse de 1,1 t sur la moyenne des cinq ans.

La teneur en matière sèche (MS) médiane à la récolte est de 33,3 %, donc conforme aux recommandations. Mais 38 % des chantiers se sont encore réalisés trop tard, au-dessus de 35 % de MS, surtout dans les régions Centre-Val de Loire, Bourgogne et Poitou-Charentes. Des maïs sans épis ont pu être ensilés à moins de 30 % de MS. Là où le rendement est faible, les ensilages affichent une MAT plus élevée (supérieure à 8 %), comme dans le Centre-Est. Particularité de 2019 : la teneur en amidon est très hétérogène ; la médiane est de 30 %, mieux qu’en 2018, mais dans le Centre-Est, la moitié des maïs ensilés sont inférieurs à 23 % d’amidon. Alors qu’en bord de Manche ou dans le Sud-Ouest, on atteint 34 %.

La digestibilité des fibres (dNDF) est bonne cette année (médiane à 52 %). Cette qualité est liée à une récolte précoce de plantes à gabarits plus petits. Là aussi, en bordure de Manche, où la récolte a été tardive, la digestibilité est inférieure à la moyenne. Finalement, la valeur UFL médiane est à 0,92 UFL, meilleure que l’an dernier (0,90 UFL) mais un quart des ensilages reste en dessous de 0,90 UFL. L’origine de cette énergie est variable selon les régions, avec des maïs typés « amidon » sur les zones de bord de Manche et Sud-Ouest, et des maïs typés « fibres », notamment dans le Centre-Est.

Variétés très précoces

(Tableau page précédente) Des hybrides qui intéressent les régions les plus froides ou les semis tardifs. Nous sommes dans l’indice FAO 150 à 250, avec un besoin en degrés-jours inférieur à 1 425 °C pour atteindre 32 % de MS. C’est le groupe de précocité qui a connu le plus fort progrès génétique en productivité depuis vingt ans : + 0,18 tMS/ha/an. En 2019, 17 variétés ont été testées dans le réseau, avec des sites d’essais moins touchés par le stress hydrique que le reste du territoire. Le rendement moyen est de 17,2 t MS/ha (de 14,1 t à 19,5 t).

Les valeurs sûres

Havelio (KWS), d’une précocité de milieu de groupe, affiche une productivité régulière sur trois ans, avec une très bonne vigueur au départ. Sa valeur alimentaire est intéressante avec un profil équilibré entre la digestibilité tige/feuilles (dNDF : 52,2 %) et l’amidon dégradable (28,8 %). LG31237 (Limagrain) présente un rendement assez régulier (moins bon en 2019) avec une bonne tenue de tige et surtout une bonne valeur énergétique, équilibrée entre amidon et fibres. Variété de milieu de groupe. Fausteen (Advanta/Limagrain) montre un très bon potentiel de production, avec de la vigueur au départ mais une valeur UFL en retrait. Un peu sur le même profil, mais plus tardif : Benedictio (KWS) affiche des rendements élevés et réguliers sur trois ans avec une valeur alimentaire (97,2) en retrait, surtout sur l’amidon digestible (25,2 %).

Celles qui confirment

LG31324 associe rendement et valeur alimentaire (la plus élevée du groupe). C’est un hybride très orienté fibre, avec une dNDF à 54,6 %. On note une petite sensibilité à la verse. Caroleen (Advanta/Limagrain) possède aussi une valeur alimentaire orientée sur les fibres, avec une bonne tenue de tige.

Celles que vous pouvez essayer en 2020

Damario (Semences de France) possède une bonne vigueur au départ et une valeur énergétique dans la moyenne (100,2) avec un profil équilibré. Plus tardif, en fin de groupe, Obbelisc (Semences de France) est plus limité sur l’UFL (98,7) à cause de la digestibilité des fibres (dNDF : 49,1 %).

Le choix de la rédaction : Havelio, LG 31234, Damario

Variétés précoces

C’est la série phare, avec les hybrides les plus utilisés en ensilage (indice FAO 240-290). Là aussi, le progrès génétique est important : + 0,15 tMS et + 0,04 UFL en vingt ans. 23 variétés ont été évaluées, avec des rendements très proches d’un site à l’autre, entre 16,3 et 19,7 tMS/ha. Ici, ce sont plutôt les valeurs sûres qui se font toujours remarquer.

Les valeurs sûres

Kalideas (KWS) se démarque par la meilleure valeur alimentaire de la série (103,2), avec un profil équilibré entre amidon dégradable et digestibilité de la partie tige/feuilles. Son rendement est régulier, et un peu meilleur dans l’Est. Il possède aussi une bonne vigueur au départ et une bonne tenue de tige. ES Amulet (Euralis) montre une belle régularité dans l’Ouest, mais une valeur alimentaire juste dans la moyenne et plutôt orientée sur l’amidon. Avec une précocité de début de groupe, LG31259 (Limagrain) possède aussi une productivité régulière entre régions et une bonne vigueur au départ. Sa valeur UFL est d’un bon niveau, avec un profil équilibré. KWS Condé est aussi très intéressant pour sa régularité de rendement, sa tenue de tige et un profil alimentaire également équilibré.

Celles qui confirment

Sur cette série, un seul hybride est à retenir cette année : la variété Miriano (Semences de France). Il possède une bonne tenue de tige et un potentiel de rendement un peu au-dessus de la moyenne. La valeur énergétique est en retrait, surtout sur la digestibilité des fibres (dNDF : 49,5 %).

Celles que vous pouvez essayer en 2020

On en retiendra trois qui se démarquent sur le rendement. En précocité de début de groupe, Fabiano (KWS) affiche un bon potentiel. Sa digestibilité tige/feuilles est un ton en dessous (dNDF : 50,7 %), avec une petite tendance à sécher en fin de cycle. Plus tardifs, les deux hybrides de Limagrain, LG31277 et LG31280, affichent les meilleurs rendements de la série, mais avec une valeur alimentaire moyenne pour LG31280, et faible sur l’amidon pour LG31277.

Le choix de la rédaction :

LG31259, KWS Conde et LG31280

Variétés demi-précoces

Moins de variétés dans ce groupe qui prend pourtant de l’importance, mais cinq nouveautés ont été évaluées cette année. Nous sommes dans le créneau d’indices FAO 280-330, avec des hybrides souvent un peu plus faibles sur la valeur UFL que les précoces mais qui, logiquement, ont un potentiel de rendement plus élevé. La moyenne, cette année, est de 17,7 tMS/ha avec des valeurs très fluctuantes selon les sites d’expérimentation et la pratique, ou pas, de l’irrigation. Il n’y a pas cette année de variétés en deuxième année d’expérimentation. Les nouveaux hybrides de l’an dernier n’ont pas été retenus.

Les valeurs sûres

ES Peppone (Euralis) est toujours apprécié pour sa régularité de rendement sur plusieurs années. Sa qualité alimentaire n’atteint pas la moyenne (0,93 UFL) du fait d’une digestibilité des fibres plus faible (dNDF : 50,7 %).

Kilomeris (KWS) fait aussi partie des variétés que nous retenons : un peu plus précoce, elle est aussi très régulière et s’est bien comportée dans l’Est. Sa tenue de tige est très bonne mais la vigueur au départ pèche un peu. La valeur alimentaire est en dessous de la moyenne, mais avec un profil plus équilibré.

Floreen (Advanta/Limagrain) présente une bonne vigueur au départ et une bonne productivité sur trois ans. Il est pénalisé par sa valeur alimentaire, mais présente une digestibilité des fibres correcte (dNDF : 52,1 %), plus faible en amidon dégradable (24,6 %). Enfin, LG31295 (Limagrain) est un hybride à grand gabarit avec une bonne vigueur au départ et un rendement régulier. Son excellente valeur alimentaire (0,96 UFL) correspond bien au profil de la génétique Limagrain avec une très bonne digestibilité de la partie tige/feuilles (dNDF : 53 %) et pas mal aussi en amidon dégradable (26,3 %).

Celles que vous pouvez essayer en 2020

LG31293 (Limagrain) est une des plus précoces du groupe (36 % de MS), mais avec un beau potentiel de production et de la vigueur au départ. La valeur énergétique est à peine à la moyenne, avec un profil plutôt « amidon ».

Plus tardif, Motivi CS (Caussade Semences) affiche le meilleur rendement de la série (103,7) associé à une bonne valeur énergétique (0,95 UFL), au profil bien équilibré (26,5 % d’amidon et 51,2 % de dNDF). Un beau potentiel malgré une vigueur au départ moyenne.

On peut citer aussi Farmirage (Farmsaat), non pas pour son potentiel de rendement mais pour le profil atypique­ de sa valeur alimentaire (0,96 UFL) très orientée sur l’amidon dégradable (30,5 %). La vigueur au départ est bonne et la date de floraison très précoce, mais il a tendance à sécher rapidement en fin de cycle.

Le choix de la rédaction :

LG 31295 et Motivi CS

Variétés demi-précoces à demi-tardives

Ces variétés concernent les zones les plus chaudes, notamment au sud de la Loire (indice FAO 310-400). Elles présentent un potentiel de rendement un peu plus élevé que les séries précédentes mais, pour la plupart, ces variétés n’ont pas été sélectionnées pour leur qualité fourragère mais sur celle du grain. Cette année, le rendement moyen approche les 18 tMS/ha. A contrario, la qualité est légèrement inférieure de -0,2/-0,3 UFL, ici à 0,91 UFL, du fait d’une digestibilité tige/feuilles plus faible. Une dizaine d’hybrides seulement ont été testés en 2019.

Les valeurs sûres

RGT Luxxida (RAGT) présente une productivité correcte et régulière avec une bonne tenue de tige et une valeur alimentaire dans la moyenne. Un peu plus tardif, on remarque aussi P0319 (Pioneer), régulier en rendement, avec un profil qualité un peu plus orienté sur l’amidon (27,8 %). RGT Emerixx (RAGT) est le plus précoce de la série et confirme son bon potentiel de rendement sur trois ans. La valeur UFL est un cran en dessous mais avec une digestibilité tige/feuilles (dNDF : 49,6 %) supérieure aux deux précédents.

Celles qui confirment

LG30389 ne brille pas par son rendement, mais affiche une des meilleures valeurs alimentaires à 0,92 UFL et la meilleure digestibilité de fibres (dNDF 51,5 %, pour 26 % d’amidon dégradable). C’est une variété assez tardive.

Celles que vous pouvez essayer en 2020

ES Hornet (Euralis) a obtenu le meilleur rendement de la série, c’est aussi le plus tardif (32 % de MS), cela peut être un atout certaines années en apportant un peu de souplesse à la récolte. Sa valeur UFL est dans la moyenne (0,91).

Le choix de la rédaction : RGT Emerixx et ES Hornet

Dominique Grémy
Mode d’emploi. Comment lire les tableaux

Les rendements sont exprimés en pourcentage de la moyenne des rendements de la série (la valeur moyenne est indiquée en bas de chaque tableau en tMS/ha). Ces rendements s’évaluent en fonction de la précocité de l’hybride : plus il est précoce, plus il a de potentiel. La régularité est importante. Elle se contrôle avec les rendements des deux années précédentes et sur l’indicateur de variabilité (ET) entre les essais de 2019 : plus l’ET est faible, plus la variété présente des résultats stables.

La précocité s’évalue avec le pourcentage de matière sèche (MS) : plus il est élevé, plus la variété est précoce dans la série.

La valeur UFL est aussi exprimée en pourcentage de la série (valeur moyenne en bas du tableau en UFL/kg de MS).

La sensibilité à la verse n’est pas notée dans toutes les séries. Si c’est le cas (coups de vents dans la saison), elle s’exprime en pourcentage de plantes versées à la récolte.

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