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Les producteurs refusent l’AOP aux industriels

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© Christian Watier

Les producteurs laitiers et fromagers de Normandie ont finalement refusé d’accorder une précieuse appellation d’origine aux camemberts trop standardisés, donnant un coup d’arrêt au fragile accord de paix établi en 2018 pour tenter d’unir sous une dénomination commune les fromages au lait cru, et ceux, plus industriels, au lait pasteurisé.

Le 29 janvier 2020, l’assemblée générale des professionnels du camembert de Normandie « a rejeté à 53 % le nouveau cahier des charges » proposé visant à créer « une grande AOP normande », a indiqué Patrick Mercier, président de l’association de défense et de gestion de l’AOP (appellation d’origine protégée) Camembert de Normandie...
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Le 29 janvier 2020, l’assemblée générale des professionnels du camembert de Normandie « a rejeté à 53 % le nouveau cahier des charges » proposé visant à créer « une grande AOP normande », a indiqué Patrick Mercier, président de l’association de défense et de gestion de l’AOP (appellation d’origine protégée) Camembert de Normandie.

Pas de dénomination unique

Le projet d’accord, bouclé en février 2018 sous l’égide de l’Institut national des appellations et origines (Inao), aurait accordé à partir de 2021 la dénomination unique « Camembert AOP de Normandie » à tout fromage, y compris ceux au lait pasteurisé, à condition qu’ils soient fabriqués dans une zone géographique délimitée.

En échange, les producteurs et industriels laitiers, comme Lactalis, auraient dû accepter un renforcement des contraintes sur la qualité du lait, notamment l’obligation pour les producteurs d’avoir davantage de vaches normandes dans les troupeaux (au moins 30 %). L’accord prévoyait par ailleurs la création d’une sous-catégorie plus exigeante, « véritable camembert de Normandie », pour mettre en valeur les produits au lait cru, pour la plupart moulés à la louche.

À quelque 5 000 tonnes produites par an, ces derniers sont pour l’instant les seuls à bénéficier de l’AOP. En face, les 60 000 tonnes fabriquées par les industriels de la Région sont estampillées « camemberts fabriqués en Normandie »

> À lire aussi : « Non au camembert pasteurisé ! »

« Une homogénéisation inacceptable »

En tête de l’opposition à cette réforme, le Cnaol (Conseil national des AOP) dénonce une « homogénéisation inacceptable » d’un produit lié au terroir et aux saisons. « 75 % des fromages AOP français sont au lait cru, mais ce n’est pas la pasteurisation du lait en tant que telle que nous contestons, car elle s’explique par l’histoire française (Pasteur) et nous l’acceptons », a expliqué à l’AFP Michel Lacoste, président du syndicat.

Ce qu’il conteste est « une dérive » sur le plan des technologies fromagères qui vise à standardiser le lait. Or, le principe même d’un fromage AOP est qu’il est issu d’un lait qui est un produit vivant, issu d’un terroir, auquel on doit s’adapter pour fabriquer le fromage », avait-il ajouté, craignant une contagion aux autres AOP.

L’association « Fromages de terroirs » s’est également félicitée du résultat. « Le principe de qualité a tenu bon face aux desiderata toujours plus nombreux des géants laitiers, c’est la victoire du goût et une très bonne nouvelle pour toutes les AOP européennes », indique sa responsable Véronique Richez-Lerouge. D’après Marie Guittard, directrice de l’Inao, certains industriels se seraient également opposés à la réforme en raison des contraintes supplémentaires que cela représentait.

L’original et la copie

« Utiliser le nom d’une indication géographique liée à une appellation d’origine n’est pas légal, soulève Marie Guittard dans un entretien accordé à La France Agricole. La confusion qui en résulte auprès du consommateur perdure depuis presque 40 ans dans le cas de Camembert de Normandie et entrave la durabilité de la filière AOP. »

Co-construire un accord visant à supprimer cette homonymie constitue donc la dernière porte de sortie avant d’entrer en procédure judiciaire. « L’avis de l’assemblée générale des professionnels du camembert de Normandie sera étudié lors du comité national de l’Inao le 20 mars prochain, poursuit Marie Guittard. Nous verrons à ce moment-là s’il est possible de rebondir ou bien si l’abandon de la grande AOP est bel et bien définitif. »

A. Courty, avec l’AFP
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