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Ça n’était pas une mammite

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La portion intestinale complètement violette est le signe d’un volvulus. © C.P.

Vigilance. Les piétinements d’une vache lors de la traite ont conduit l’éleveur à suspecter une mammite. Erreur.

Suivi de reproduction programmé ce matin… Je prépare mon matériel et allume mon échographe quand l’éleveur m’annonce qu’il a une vache malade et qu’il aimerait que je commence par elle. Je me rends donc à son chevet. La veille, elle est montée sur le quai de traite et piétinait beaucoup. L’éleveur a cru qu’elle avait une mammite et a contrôlé les quartiers, en vain. É...
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Suivi de reproduction programmé ce matin… Je prépare mon matériel et allume mon échographe quand l’éleveur m’annonce qu’il a une vache malade et qu’il aimerait que je commence par elle. Je me rends donc à son chevet. La veille, elle est montée sur le quai de traite et piétinait beaucoup. L’éleveur a cru qu’elle avait une mammite et a contrôlé les quartiers, en vain. Étant donné que je venais le lendemain pour le suivi de reproduction, il s’est dit qu’elle pouvait attendre.

Ce matin, la vache est couchée sur le ventre et ne veut pas se lever. Sa température rectale est de 37,2 °C (la nuit a été fraîche) et son abdomen paraît très distendu. Aucun signe de mammite à l’horizon. À la fouille rectale, les intestins semblent distendus et je ramène peu de bouses. Vu son comportement de la veille (que j’assimile à des coliques), je suspecte fortement une occlusion digestive. Je lui administre donc des anti-inflammatoires et réalise une prise de sang. Celle-ci révèle un manque de calcium qui est concomitant aux occlusions digestives. Je la perfuse donc avec du calcium.

Je retourne la voir en fin de journée. Elle s’est réchauffée (38,2 °C), a une meilleure allure mais reste toujours couchée avec l’abdomen dilaté. Comme elle ne veut pas boire, nous décidons de la drencher. Agacée par la contention liée au drenchage, elle se lève enfin.

LAParoscopie par la droite

Je décide alors de l’ouvrir afin de confirmer ou non mon diagnostic d’occlusion digestive. La vache est opérée du côté droit (là où les intestins sont le plus facilement palpables). Lors de l’exploration abdominale, je ne note pas de dilatation de la caillette ou du cæcum (l’équivalent de notre appendice), mais les intestins sont distendus et vides, ce qui irait dans le sens d’une occlusion digestive.

En revanche, je ramène du contenu digestif (brins de paille et digestat), ce qui n’est pas franchement de bon augure… À force de chercher, je finis par trouver une zone de torsion intestinale. Je la détords en manipulant les intestins et un flot de contenu digestif sort par l’ouverture de la plaie.

C’était un volvulus intestinal

Le diagnostic est alors posé : volvulus intestinal (torsion des intestins sur eux-mêmes) avec rupture de la paroi intestinale. Le pronostic étant désespéré, la décision est prise de refermer la plaie et d’euthanasier la vache. Les occlusions digestives peuvent avoir différentes causes : corps étranger (de type cailloux…), déplacement et torsion­ de la caillette ou du cæcum, intussusception (intestin qui se replie sur lui-même), volvulus accidentels. Les coliques ne sont pas toujours exprimées de manière violente (comme un animal qui se taperait le ventre), elles peuvent aussi se manifester par des piétinements ou bien un animal qui se couche et se lève sans cesse. Dès lors qu’un animal manifeste l’un de ces symptomes (qui sont aussi valables chez les veaux), il est important de lui administrer un anti-inflammatoire et un antispasmodique. Les signes doivent alors s’arrêter dans les deux heures. Si ce n’est pas le cas, une consultation vétérinaire sera alors nécessaire.

Le contenu digestif retrouvé dans la cavité abdominale de la vache est symptomatique d’une rupture intestinale. © C.P.
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Cet article est paru dans L'Éleveur Laitier
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