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Un amortisseur du changement climatique en élevage ?

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Les prairies conduites en agroforesterie peuvent répondre aux besoins nutritifs d’animaux à fort potentiel comme les vaches laitières, y compris en été. Photo : Sandra Nowak, Inra

Intégrer les arbres au cœur des prairies améliore indéniablement le confort des vaches au pâturage. La productivité des parcelles n’est pas forcément pénalisée.

Différents travaux de recherche s’intéressent à l’impact de l’agroforesterie sur les animaux et sur la production de fourrages. Bien qu’encore incomplets, ils apportent quelques réponses qui ont été exposées par Philippe Demaison, conseiller technique en élevage à Bio Nouvelle Aquitaine lors d’un webinaire.
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Différents travaux de recherche s’intéressent à l’impact de l’agroforesterie sur les animaux et sur la production de fourrages. Bien qu’encore incomplets, ils apportent quelques réponses qui ont été exposées par Philippe Demaison, conseiller technique en élevage à Bio Nouvelle Aquitaine lors d’un webinaire.

On sait que les arbres tamponnent la température et l’humidité. Dans les périodes chaudes, leur ombre procure un environnement plus confortable pour les animaux. Ceux qui y ont accès viennent s’y reposer et ruminer. Ils consacrent plus de temps à manger que ceux qui n’ont pas d’abri. À la ferme expérimentale de Derval (Loire-Atlantique), des génisses laitières disposant de parasols en été ont eu des croissances supérieures de 240 g/j comparé à celles qui n’en avaient pas (essai en été sur 33 jours).

Mais si la fraîcheur des arbres est bénéfique pour les animaux, ils privent les plantes de lumière, au risque de pénaliser le rendement de la prairie. Et en période sèche, les arbres se trouvent en concurrence avec l’herbe pour l’eau. En contrepartie, les feuilles contribuent à nourrir la pâture. D’où la question de l’impact global de la présence d’arbres sur la productivité d’une prairie.

Une production d’herbe plus tardive et une meilleure valeur alimentaire

Des mesures ont été réalisées pendant deux ans sur des parcelles comptant plus ou moins d’arbres. La flore et le stade végétatif des plantes ont été observés à différentes distances des arbres et plusieurs fois du printemps à l’automne. Il s’avère que la végétation démarre plus tard au printemps sous les arbres. Au premier cycle, la productivité est donc meilleure en l’absence d’arbres. Mais les écarts s’atténuent sur les cycles suivants. Et à partir du second cycle, la valeur nutritive (azote notamment) est plus élevée sous les arbres. Ce décalage de la production vers l’été et l’automne constitue plutôt un avantage dans une optique d’adaptation au réchauffement climatique. La digestibilité ne semble pas affectée.

Sur le plan botanique, on observe logiquement plus d’espèces tolérant l’ombre (RGA) sous les arbres alors que les légumineuses y prospèrent moins.

La densité des arbres n’est pas le seul facteur expliquant ces écarts. La forme du houpier compte aussi. L’émondage donne le moyen de la modifier. On peut retenir qu’avec une faible densité (jusqu’à 50 arbres par hectare) et une bonne gestion des houpiers, la production de la prairie peut être soutenue.

Les arbres peuvent aussi avoir une valeur fourragère s’ils sont consommés par les animaux. C’est le cas entre autres du mûrier, du frêne ou de certains saules. Reste à vérifier leur appétence pour des vaches laitières. Et ils produisent de la biomasse, qui peut remplacer la paille. Quand la surface plantée est importante, le bois apporte aussi de l’énergie, voire un revenu complémentaire.

Tous ces résultats demandent à être consolidés. Mais il est clair que les prairies conduites en agroforesterie peuvent répondre aux besoins nutritifs d’animaux à fort potentiel comme les vaches laitières, y compris en été, tout en améliorant leur confort thermique.

Pascale Le Cann
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